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La PMA rend con

27 Avr

Je ne suis ni la première, ni la dernière à le dire : la PMA rend con.

Loosequeen en avait parlé en d’autres termes, et aujourd’hui, je re re confirme : la PMA rend con.

Non mais oh Bounty, tu déCONnes grave, tu sais bien que les hormones ne jouent pas sur la connerie ? Quand bien même cela serait possible, pourquoi donc alors ?

Ah ben c’est très très simple : tu vis bas-ventre, tu dors bas-ventre, tu décides bas-ventre, tu respires bas-ventre, tu vois bas-ventre, tu entends bas-ventre.

Tu commences un protocole, et zou, en moins de deux secondes toute ta vie est focalisée sur ton bas-ventre. Et le bas-ventre, qu’il soit sous la ceinture ou juste au dessus, je te le garantie, c’est pas compatible avec tout autre réflexion intelligente.

Bref, la focalisation sur le bas-ventre, ça rend con. Alors, quand t’as enchainé deux années assistées médicalement avec tes conneries, et que tu te retrouves au point de départ, eh bien t’as l’air con. Et cela même s’il y a encore pleins d’espoirs.

En détaillé, ça donne :

  1. Toi qui pensais que la nature était bien faite, que la vie était finalement juste, et donc que forcément ça allait marcher. Oublie. Tu seras assaillis de doutes, de ah quoi bon ? de quel sens à la vie lorsqu’elle ne transmet pas ?. Bref, la PMA rend con.
  2. Toi qui avais de grandes ambitions tafesques. Oublie. Tu ne sauras plus réfléchir. Tu seras bloqué sur ce bas-ventre. Les jours passeront et tes neurones partiront. Les années passent et au fur et à mesure, je perds mes compétences et connaissances professionnelles (j’ai changé de job pour qu’on vive ensemble et qu’on fonde une famille, donc j’ai pas le job qui correspond pile poil à ma formation-passion depuis 3 longues années, et en plus on ne vit plus ensemble, jackpot, bref, je sature), pour le plus beau des sacrifices certes, mais sans aucune certitude de notre future réalité. Alors… je sacrifie mes savoirs pour cette famille qui ne vient pas. Je deviens plus con chaque jour qui passe et m’englue dans ce boulot qui de temps à autre m’émerveille, et de temps à autre (trop souvent) me dépasse. Et puis, à quoi bon si le soir en rentrant il n’y a ni satisfaction, ni conjoint, ni enfant ? Je te l’avais dit, la PMA rend con.
  3. Toi qui avais pour ambition de pondre d’abord un bébé et d’ensuite reprendre ton job de base pour aller faire le tour du monde ensuite. Oublie. PMA et job-distances ne riment pas ensemble. Patiente 1 an, patiente 2 ans, patiente 3 ans… et bim là c’est la surchauffe cérébrale, la prise de conscience du risque de foutre réellement en l’air ta possible carrière professionnelle dont tu as toujours rêvé. Il va y avoir un, voire des, choix à faire. Saisir, ne pas saisir les opportunités. Peser et sous-peser les risques et chances. Se faire des SWOT Pma/Boulot. Réfléchir (encore). Tourner les problèmes dans tous les sens. Avoir une opportunité. La saisir, y croire, puis re focaliser sur le bas-ventre et songer à abandonner, re dire f*ck au bas-ventre et retenter. Certes j’ai proposé ma candidature pour un poste en interne qui peut révolutionner (ouai, rien que ça) ma vie de demain si ça passe, encore faut-il que ça passe. Mon boss est illisible et insondable, nul ne sait ce qu’il pense (c’est pas faute d’essayer). Je n’ai aucune idée de mes réelles chances. Je sais que c’est un gros challenge, mais pour survivre à la PMA et à l’attente ne faut-il pas d’immenses challenges? Bref, la PMA rend con.
  4. Toi qui avais des ami(e)s joyeux. Oublie. A leur avoir trop expliqué « ton cas », et eux à avoir trop facilement procréés, ils ne se sentent plus que triste pour toi, et en plus ils ne sont plus à l’aise. Et ne plus pouvoir être joyeux, discuter de tout et de rien, et pas que de PMA, ni de maternité avec tes ami(e)s, ben c’est la plaie. Tes ami(e)s s’éloignent, certains te promettent de te soutenir mais ne donneront plus jamais signe de vie, d’autres (si peu) resteront. Tu supprimeras Face de bouc, comme ça c’est fait, il ne reste que le vrais. Et puis, faut bien te l’avouer, tu sais que tu es en partie fautive. Et oui, tu le sais, la PMA rend con.
  5. Toi qui mettais de côté pour voyager et aller rendre visite à la (belle)famille pour montrer le nouveau né. Oublie. Tu vas certainement repartir (parce que t’en peux plus d’attendre depuis 2010), mais sans le bébé. Stupide tu me diras de penser que repartir « à vide » est un échec. Ben si quand même, c’est un crève cœur, c’est encore un projet auquel il faut renoncer. La PMA rend con.
  6. Toi qui étais fière de résister au chocolat et de maintenir ton poids. Oublie. Ce sera yo-yo assuré. Ton meilleur ami sera la chocolat car tu ne peux plus fumer. Et quand ce sera émotionnellement ou physiquement trop dur, ce sera soit t’as oublié de manger, soit t’as trop mangé, effet yo-yo in fine. Bref, la PMA rend con.
  7. Toi qui aimais voir briller les yeux de ton homme lorsqu’il voyait des pères jouer avec leurs petits. Oublie. Désormais tu y vois de la tristesse et de la douleur chez celui qui avant de te connaitre avait déjà toujours voulu être père. Tu ne sais plus si c’est légitime de lui infliger cette douleur, même s’il dit qu' »on est ensemble » et que cet enfant c’est de nous deux qu’il le veut, même s’il te dit que l’infertilité c’est une affaire de couple, toi tu sais que c’est ta part qui en est responsable. La PMA rend con.
  8. Toi qui avait pris de grandes décisions « oh jamais plus, ô grand jamais plus jamais de TG ». Oublie. La tension de toute l’attention portée sur le bas-ventre rend con. A dpo 13, afin de calmer les surtensions qui valent de magistrales montées de tons, (et sauver la fin du week-end avec ta moitié), tu fileras à la pharmacie du coin, illico presto. Tu donneras ta science à la pharmacienne médusée et attristée (ben oui, fallait pas demander, ben oui 3 ans Mdam’, ben oui). A dpo 13, et après avoir enchainé sur un cycle négatif le mois passé, tu ne sauras finalement plus gérer et auras besoin de savoir pour soulager la pression qui monte, qui monte, qui monte. Et puis tu auras besoin de savoir pour lundi, car lundi tu revois ta gygy. Et puis, Lulu t’avait prévenue, et elle avait raison. Tu pisseras sur le bâton. La dernière fois, il y a 1 an pile poil à 10 jours près, il y était marqué +2-3, cette fois-ci c’est nada. 15 minutes avant le départ de ta moitié pour la semaine, bim le premier saignement de j1 se pointera. 27 avril 2013, deux bébés poussaient. 27 avril 2014, c’est le bas-ventre vide que je constate que la PMA rend con. Ben voila maintenant tu sais, t’as pissé sur un TG. Tu pleures et colères, puis tu re re vas de l’avant. Pathétique attitude de stress démesuré. La PMA rend con.

Et puis, non seulement la PMA rend con, mais en plus, elle te fait poser des questions cons :

  • Comment ne pas douter des protocoles (et de gygy) (on a pas essayé le drilling, on a pas essayé autre chose que le puregon, on n’a pas refait de spermo depuis un bail…) ?
  • Comment croire aux IAC et y retourner sereinement alors que ça avait marché « juste » sous stim’ ?
  • Comment, si ça fonctionne pour le boulot (pas avant la fin d’année), conjuguer distance Chérid’A et moi + new job (impliquant entre 3-4 mois à l’étranger et par découpage de 7 à 20 jours) + PMA ?
  • Et puis, si ça ne marche pas d’ici la fin de l’année, comment et dans quelle ville choisir la prochaine PMA ?
  • Et enfin, comment accepter cette dernière année écoulée où à ce jour c’est retour à la case départ ? Ah ben si, là y’a une réponse : pas le choix, et des possibilités redoutées mais avec on l’espère de réels espoirs.

Bref. La PMA rend con.

Et toi, en quoi elle te rend con ?

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Etat des lieux

23 Avr

Les signes dpo qui ne trompent plus…

Neurones : connectés, déconnectés, biaisés par d’autres occupations (du genre plan C), triturés, out, incontrôlables, fatiguant toute cette ébullition en dents de scies.

Visage : en éruption (ô joies utrogestonesques !)

Vertiges : quotidiens environ 1 heure après à la prise d’utro. Maitrise totale.

Seins : pas aussi douloureux qu’il y a un an. Pas douloureux ni gonflés du tout même.

Ventre : gonflé, ballonné, effet bis de l’utro.

Bas-ventre : aie aie aie… douleurs de règles. Croisage de jambes et pliage en deux sur la chaise tafesque (comment veux tu te concentrer sérieux?!…). Je ne m’y trompe pas, elles arrivent. Ce ne sont pas les tiraillement d’il y a un an, c’est l’attaque sanglante qui se prépare.

Test de grossesse : y’a plus, y’a pas, y’aura pas.

Et pourtant il y avait de jolies signes en plus des jolies choses et du doux long week-end agrémentés de si belles (re)rencontres…

Poubelle à pikouzes : pleine. Faudra en redemander une (la troisième…).

Tampax&co : y’en a plus (ben oui, jme disais que c’était un signe).

Ordonnances : y’a plus. Rendez-vous lundi à dpo 15 (soit jour de j1 potentiel) avec gygy pma. Je pense qu’elle va nous repasser en iac… et donc en iac 2,3 et 4 j’imagine. (La 1 ayant été faite l’an passé).

Et puis il y a ces « il y a » qui arrivent…

Il y a presque 3 ans, à l’été 2011, la pilule était jetée.

Il y a 2 ans, au mois de mai 2012, la porte d’entrée de la PMA était passée.

Il y a 1 an, le 6 mai 2013, deux brins de vies étaient avec nous pour 3 si beaux mois.

(J’ai la vague sensation de rabâcher, mais tant qu’on ne sera pas au bout, la digestion restera houleuse).

 Et donc, dans tout ça, l’état d’esprit, il en est où ?

Espoir : au top la première semaine de dpo, en train de flancher face aux douleurs de règles. Bref, plus vraiment d’espoir pour cette fois-ci.

Moral : bizarre. Paradoxalement çà gaze pas si mal du tout. Entre dépitée, acceptation, once d’espoir et « pfffff vivement qu’elles arrivent, au moins ce sera fini ». (Parce que les j1 c’est déjà la marde, mais alors les douleurs qui s’ajoutent jsuis pas d’accord).

Vision d’avenir : le gros immense point d’interrogation. Entre PMA, distance Chérid’A et plan C, point d’autre choix que de vivre au jour le jour, car tout ce qui a été anticipé s’est rétamé dans la farine.

Attente : dpo 10 today. J-5 et on saura. On saura si malgré les paramètres au top de ce cycle, le foirage ou la réussite est.

PS : des pensées énormes pour 28jebd !!!! et titpouce, j’espère fort pour demain !

 

Les jolies choses

16 Avr

Il parait que je suis en dpo (et que je ne compte pas) et que pour le moment tudo bem ! Alors, dans cet élan de calme, de plénitude, et de « rebondir face aux out, garder les IN », j’inaugure la recette des Little Wife, Pimpin &Co… la liste des jolies choses.

  • Lever la tête, marcher dans l’herbe, fermer les yeux, humer le soleil.
  • Être tout sourire car demain aprem’ c’est long week-end ! Week-end en amoureux dans le Sud ! Week-end agrémenté de jolies rencontres prometteuses !
  • Être zen à la réception de la commande de l’utrogestan, malgré le fait de s’apercevoir que le mois passé on ne m’avait pas donné les bonnes doses (100 au lieu de 200 mg).
  • Avaler, avec l’accord de la PMA (tout comme l’an passé), ces petites pilules, et non les introduire. Se sentir partir 2 heures plus tard, savoir que cela passera dans la demi-heure, et profiter de se flottage pour laisser vagabonder les pensées (l’utro par voie orale, ça shoote aussi bien que le Ti’punch, au début ça fait peur, ensuite on le sait).
  • Oser le plan C : candidater en interne sur un poste qui fait voyager et apprendre une nouvelle langue. Type de poste que j’avais tenu à grande distance depuis les essais, et d’autant plus depuis la PMA (car poste impliquant des mois passés à l’étranger et dilués au grè de l’année) (poste sur lequel je suis « roue de secours » si une collègue le refuse) (poste dont le démarrage est prévu entre l’automne et l’hiver).
  • Sentir l’odeur du café du pays, le savourer car c’est le dernier paquet que belle-maman nous avait ramené il y a déjà de cela presque deux années.
  • Se faire plaisir en mode popcorn, coca, cookies, chocolat, subw*y, cinoch’ ! Voir des films sans sentir d’amertume lorsque les ventres ronds pointent l’écran en mode plein écran.
  • Allez se refaire une beauté chez le coiffeur (bon, au final juste « rafraichir »), se faire chouchouter.
  • Apprendre des bonnes et heureuses nouvelles ! Croisez les doigts pour elles !
  • Songer que peut-être… peut-être il y a un petit Être
  • Et bien sûr, entendre la voix de mon homme, sentir son sourire au travers du combiné.

Être attentive à préserver les jolies choses, un vrai défi.

Les IN et les out du week-end amoureux et express !

14 Avr

Well, well, well…

Les IN !!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Un vendredi titpouce sur le pouce ! Une chouette dernière minute, des chouettes drinks, une magnifique-sublime ville à faire découvrir, des heures qu’on ne voit pas défilées, des sourires et beaucoup de rires, des immenses croisages !!!!
  • Un Chérid’A en veux-tu en voila, arrivé tard vendredi soir et reparti tôt dimanche. Du graveleux, du mielleux, du tu n’en sauras rien de rien de rien.
  • Un mariage express ! (On est arrivé en retard, mais en retard…) (Ben oui, on avait que samedi pour parler de visu, lessiver, repasser, préparer les bagages pour MontagneCity, discuter des quelques trucs importants, faire des trucs super importants… et on a pas vu l’heure, enfin si, on l’a vu, mais il fallait d’abord finir les priorités). Ne t’en fait pas, on est arrivé au mariage, pimpants et avec plein de félicité à souhaiter!
  • Un bon moment avec ma soeur, ainsi que mes parents venus avec mon frère (zhabitent dans l’ouest). Heureuse de voir mon frère, Chérid’A aussi.

Un très très bon week-end ! De très très bons moments. Et un espoir fort pour les 15 jours à venir !!!!

Je garde cela, et rien que cela. Ces bons moments. Le reste est en cours d’oubli. Mais, par soucis d’honnêteté envers moi même et pour ne pas me mentir en mode bisounours land face à ce week-end dont la réalité fut aussi In&Out, tu as le privilège immense d’arrêter de lire ici, et de passer direct à la fin. Tu peux aussi lire la suite, moins drôle, que je ne souhaite d’ailleurs commenter sur certains points douloureux. Je met cette autre facette de ce sublime week end car j’ai confiance en toi, toi et toi. Ce sont des confidences et des vérités cachées qui me pèsent, de moins en moins au fil du temps néanmoins, point besoin de me consoler sur ces aspects, je suis habituée, bien plus qu’à l’infertilité.

Le off aux oubliettes

Dimanche, l’engueulade magistrale parentesque me passe aujourd’hui au-dessus, mais loin loin loin…. et pourtant l’enjeu est énorme, mais les oreilles du pater’ bouchées, ce sera au juge des tutelles de trancher, ce n’est pas encore le moment, mais ça ne saurait tarder (je suis sœur et potentiellement tutrice de mon frère au décès de mes parents, depuis que l’autisme fut nommé, depuis mes 3 ans dans les faits chronologiques, mes 10 ans dans la réalité). Les psy me diront qu’il n’en va point ne ma responsabilité, les juges diront l’inverse, que je dois décider/choisir/avancer. Je suis sœur, foutez moi la paix. Etre soeur est de ma responsabilité. Etre parent de la leur. L’évidence de ce que cela signifie est claire à mes yeux, mais pas pour mes parents, mon père surtout, qui na aucune confiance ni en ma soeur, ni en moi. On a beau dire qu’on sera là, cela entre par une oreille et sort par l’autre. Nous ne sommes pas seules, nous sommes tant d’autres fratries dans ce cas là (d’excellentes recherches, textes, et docs dans lesquels je me retrouve, mon enfance avec, dans ce lien ci). J’abandonne de le convaincre que j’ai mon mot à dire et que j’ai droit de vivre ma vie. Trop de portes claquées. Ma soeur une fois de plus est partie pour se préserver. Mes parents pensent qu’elle renie sa famille et fratrie. Ils ne comprendront jamais. Jamais ils ne comprendront à quel point elle aime son frère tout comme moi, et que ce qui la bouffe c’est la perversion et le harcèlement moral parental, et non notre frère. Comme les études auprès des fratries et familles le cite « C’est moins l’autisme qui affecte l’adaptation des fratries /que des variables liées à l’environnement familiale, en particulier / la qualité des relations à l’intérieur de la famille ».  Besoin de me préserver. Si grossesse il y a, ils ne seront pas informés. Peut-être même durant toute la grossesse. Mon père a déjà dit à ma soeur que nous avions notre frère à nous occuper, et qu’il serait inconscient que de risquer d’avoir un enfant autiste (traduction : ne prend aucun risque, n’ai pas d’enfant), alors que lui-même vante les mérites et l’amour de son fils. Mon père ayant dit à la perte du second jumeau que c’était mieux ainsi, qu’il y avait plus grave dans la vie. Tellement stupide, tellement. Et quand bien même si nous avions un enfant porteur de handicap, nous l’aimerions car c’est notre enfant désiré. Point final. Toutes deux nous sommes plus que conscientes des réussites et failles en matière de dispositifs, de solidarité et d’entraide face au handicap, tant au sein des familles, amis que collectivités. On a grandit ainsi, et nous nous sommes construites ainsi, pas autrement. Le rejeté serait rejeter notre vie, ridicule et intolérable de la part de mon père de penser ainsi. Mais ils ne changeront pas, et c’est ainsi. Alors, je vais me préserver. Au mieux, pour moi, mon conjoint (dont la famille est qui plus est très loin et que l’on voit à peine une fois tous les 3 ans), et ce petit attendu et tant désiré. Je vais me préserver car nul va s’en dire que face aux éclats de voix, j’ai eu mal au bas ventre toute la soirée de dimanche et ce lundi. Stop.

Samedi, un mariage en mode no surprise, pile poil comme je m’y attendais. Du bling bling à la campagne, du repli en actes sur un ton d’ouverture, ce milieu dont je suis à 300000 bornes. On ne se comprend pas, on ne se comprendra jamais. Néanmoins, autant savoir que nier. La tactique est finaude : rejeter le discours du rejet pour mieux le conjuguer sous l’aile du « mais toi, c’est pas pareil ». Fatiguant, mais fatiguant. Tellement fait, refait et re refait. Plus de salive à gaspiller. Je ferme ma grande bouche et je souris. Belle et digne !

En traduction cash, cela donne comment on se rend compte  une fois de plus que l’acceptation de l’autre tel qu’il est, et sans le pointer verbalement du doigt, n’est pas ? comment cela se passe-t-il ? comment reconnait-on la mise à distance par la mélanine ? Une fois de plus, les signes qui ne trompent pas étaient là, et c’est la mère de la mariée (amie de la famille) qui en tient une couche d’insistance cette fois-ci. Une fois de plus elle a démontré par ses actes, et sans comprendre, ce que révèlent ses discours et pensées. A savoir, le préjugé ordinaire. Celui qui se glisse ça et là dans les phrases dont on nous dira « c’est pas grave » « n’y pense plus » « tu sais bien que ce n’est pas ce qu’elle a voulu dire » (pfff… le même refrain que pour tous les préjugés, y compris la PMA). Une fois, deux fois ok, mais sans cesse faut pas pousser le bouchon trop loin quand même.

Alors ce sont quoi des actes dits maladroits et traduisant un inconscient luttant, mais trahi par ses propres préjugés ? C’est : alors que mes parents ne connaissaient aucun convive, présenter une seule et unique personne : un enfant de 6 ans, métis. Parce qu’il est métis. C’est aussi : insister sur le fait que le prêtre est noir. Parce qu’il est noir. C’est enfin : confondre, avec instance et en citant un « parce qu’ils sont noirs », mon conjoint (en costard et bô gosse) avec le prêtre (en soutane, maigrelet, pas de la même carrure, ni de la même taille, et surtout n’ayant pas les mêmes traits, soit pas la même figure). Ben voyons, j’embrasse le prêtre, qui plus est alors que mon mari est dans les parages. Les confondre parce qu’ils sont noirs. Le montrer parce qu’il est noir. Le présenter parce qu’il est métis. Ce n’est pas cela la ressemblance, les points communs & co, ça ne s’arrête ni ne commence à une histoire de couleur de peau. Et puis, c’est bien connu « tous les noirs se ressemblent » « tous les asiatiques se ressemblent » « tous les martiens se ressemblent » tant qu’on y est. Ben voyons, et tous les blancs aussi alors ? Ben non, Bounty elle ressemble pas à Titpouce, qui ressemble pas à Julys, qui ressemble pas à Pimpin. Peut-être qu’elle ressemble à MissInfertility, mais ce n’est pas sa couleur de peau qui le justifie, c’est sa ressemblance physique (ses traits de visage, sa carrure, etc…), soit bien au-delà que sa couleur blanche, son teint nacré et beige naturel (allez, un peu de poésie lolesque). Bref, si la ressemblance entre le prêtre et mon homme était là, je dis pas. Elle aurait eu raison, mais ce n’était pas le cas, la ressemblance était uniquement liée à la couleur de peau. Or c’est idiot de souligner cela, ça n’a pas de sens, ça n’amène rien, c’est comme si on te pointait du doigt avec un « parce que » injustifié.

Sur un registre similaire et agaçant par sa répétition, mais moins lourd, c’est comme quand on demande ce qu’il pense d’Ob*ma ? ben oui, « parce qu’Ob*ma il est noir » (en plus, c’est faux, il est métis, sa pov’ maman doit en avoir raz la casquette). Moi, on m’a jamais demandé ce que je pensais de Clint*n, et pourtant il est blanc. Bref. Un jour peut-être je vous ferai le hit des préjugés ordinaires. Attention, y’a du lourd. Mais je te rassure, au bout de 10 ans, on ne s’énerve plus, on se jette un regard, on se comprend, on en sourit, et on en rit. Avant clairement je n’aurai pas saisi où était la faille, mais le vivant c’est comme pour la PMA, ce ne sont pas des phrases anodines, à force ça fêle et ça blesse. Et tout comme la pma, au bout d’un moment, et tant que nos droits sont préservés, on dit pffff dans la tête, et on passe à la suite face au « penses-y pas ». Moralité, si l’on en rit, c’est que ce type de discours pointé/à œillères n’est rien contrairement aux actes et aux pouvoirs.

Que répondrais-je  alorssi j’avais la parole face à ceux qui discourent sans se rendre compte de ce qu’ils disent ? Je dirais « Ce sont les actes qui sont néfastes et détruisent les vies. Les discours, à force, ils font rire, au pire font pitié. Écoutez-vous, vous comprendrez vite le ridicule du propos. Pour les plus convaincus, parler, n’agissez pas, mais parler, vider vos « parce que à base de mélanine », cela ne m’atteint pas. Tant que vous n’amassez pas les foules et ne changez pas vos discours en actes, mais faite donc. Sachez qu’ici on en rit. Mais si un jour c’est mon fils ou ma fille qui le subit, attention, sachez que les crocs sont acérés » (et voila pourquoi Bounty, elle adore lire les blogs de parents ayant adopté un enfant non de la couleur de peau de ses parents, clin d’oeil à Framboise et tant d’autres mères, c’est parce qu’elle sait qu’une fois mère elle aura des points communs avec elles, pas sur le contexte de l’adoption (du moins pas pour l’instant même si c’est un projet autre qui lui tient à coeur et dont elle espère que la PMA ne l’aura pas trop épuisée), mais sur la question de ce qu’on nomme la « différence » et son quotidien dans le vivre ensemble (la différence étant liée à un contexte donné, où une majorité est comme ceci ou cela, la minorité étant dite « différente », en cela point de souci, le souci vient uniquement si on la condamne, la blâme, la culpabilise, la « bouc-émissairise » et la rejette).

Le in, on ne retient que le in ! Et on croise les doigts !!!!!!!!! Je vais pas avoir grand chose à raconter d’ici les prochains jours, même s’il se passera de grandes choses du côté de chez Cé. Certainement un coup de stress sur la fin, les dpo se ressemblent tant, une phase d’espoir suivie de désespoir, je me promet de garder Espoir jusqu’au bout du possible !

 

Top chrono [+Edit]

10 Avr

Monito 3 – j14 :

Après 6 jours de dosage augmenté, je suis ravie de vous annoncer que mon corps a suivi mes statistiques officieuses corrélées aux officielles pour m’offrir :

  • Endomètre à 8 mm (contre 6 lundi)
  • Follicules : 2 (contre 1 lundi). 1 à 17 mm (contre 12 mm lundi), et 1 nouveau à 13 mm.
  • Oestradiol : ??? (on verra cet aprem’) : 385
  • LH : ??? (on verra cet aprem’) : 4,4

Je ne pense pas que j’aurai d’autre contrôle/monito. Ça sent la dernière injection de puregon ce soir (éventuellement augmentée) et ovitrelle demain soir, soit pile poil, mais vraiment pile poil, in extremis le « avant samedi ». Je ferai un Edit une fois que la PMA aura appelée.

Constat à méditer :

A 1 jour près, rendez-vous compte, à 1 jour près tout aurait foiré ! Si mon j1 avait été décalé de 1 jour, finito expresso. Et là, magie de la dernière minute, c’est jouable !

Toi aussi tu penses que mon corps a le gout du risque, aime jouer avec le feu et me tenir en haleine jusqu’au dernier moment ?

Coïncidence d’une année :

A un samedi près, nous sommes sur la même étape que l’an passé. L’année dernière, le 21 avril (soit équivalent au week-end prochain), deux nous-deux se créaient. Et nous en avions connaissance le 6 mai. Les dates qui arrivent devant sont celles du 1 an. Ma moitié garde en mémoire que ça avait marché le temps d’un week-end, ce même week-end d’il y a 1 an moins 1 semaine. J’espère que ce ne sera pas juste une coïncidence. J’espère qu’une heureuse nouvelle est tout près.

EDIT :

Innovation ! Outre le fait de faire du « moins une » (tant en jour qu’en semaine annuelle). Je fais du « 1 » (primo) sur un nouvel aspect. Attention, attention, voici l’innovation : ovitrelle le matin !

La gentille sage-femme a dit: « Puregon idem ce soir, et ovitrelle demain matin ». Et voila !. Et puis, elle a dit « Utrogestan à partir de dimanche soir ». « Euh… par voie orale on est d’accord que c’est possible ? Je ne le supporte plus par voie vaginale, c’est mycose assurée ». Réponse après demande au doc : « Oui, pas de soucis ». Ouf ! Et voila voila ! Demain matin au petit-dej’ ce sera ovitrelle !