L’histoire de Bounty Caramel, les Ti’punch et les Ti’bouts !

Un peu de moi…   Un peu de lui…   Un peu de nous…

1984 : Je nais dans le plat pays en tout début d’année (nul nul nul un anniv’ à la suite de Noël).  Chérid’A prend peur et se magne. Il a pris du retard et arrive 9 mois plus tard (et voici la version officielle de Chérid’A) au pays des crevettes. (Ouai, pas doué… il s’est planté un chouilla géographiquement pour me rejoindre)

L’Enfance : J’ai un frère et une soeur, des jumeaux ! Mais, petite, j’ai déjà aussi une (trop) grande responsabilité, faire attention au petit frère qui est autiste. Le mot « norme » je le détesterai, le mot « risque » aussi (comment ça on risque d’avoir un enfant handicapé ? pourquoi ce serait pas une chance plutôt ?). Plus tard, dans mes copies de génétique, que ce soit au lycée ou à la fac, je militerai pour changer les x% de « risques » par des x% de « chances », grâce à mon frère in fine. Ma soeur et moi sommes ainsi rapidement autonomes, le « petit » frère demandant beaucoup d’attention, nous sommes aussi trop protégées et trop sages comme des images (enfin surtout moi).

Au même moment, à quelques milliers de km, Chérid’A sillonne le pays, son père étant affecté ça et là selon les années. C’est le petit dernier, alors que je suis l’ainée. Lui aussi a une soeur et un frère, mais aussi un frère confié puis adopté. Il fait les 400 coups, grandit dans une triple-culture, si ce n’est plus. Celle de sa mère, celle de son père, et celle mondialisée (occidentale en somme), s’ajouteront aussi celles des régions où sa famille vivra. L’ironie de l’histoire est que gamine je rêve de faire médecine et partir hors de France. Et que lui, gamin il rêve de venir en France pour étudier et chercher. Finalement, on se plantera peu en devant adulte, et nous resteront assez fidèles à nos rêves d’enfants ! alors, ce surnom « Bounty » vient un peu de là. Il est tout trouvé ! C’est un peu un petit mot pour dire : « noir à l’extérieur, blanc à l’intérieur ». Et pour nous, il est à prendre dans le sens positif (il peut aussi être employé négativement en fait, dans le sens « je rejette ma culture pour une autre, etc… ». Pour nous, Bounty signifie davantage « j’ai mon pays ET un autre, etc »). Bref, pris dans  l’autre sens, Bounty me va bien aussi ! Re bref. Une enfance heureuse pour tous les deux !

L’Adolescence : Ah… l’âge ingrat… Pas de règles, pas de féminité, découverte des OPK, je suis un peu paumée. Et puis toute cette pression à vie quant à mon frère, pas simple de s’épanouir quand on a déjà le poids de telles responsabilités. Et puis, ces camarades ados idiots qui se moquent des handicaps, en sachant ou ne sachant pas pour ma famille. C’est difficile. Je sombre et mènerai un premier combat pour la vie, celui contre une maladie tout aussi incomprise et taboue que l’infertilité. Maladie qui donne aussi une force surpuissante, c’est très impressionnât. Rien ne me résiste. les années passent, et je « guéri » après un long long travail, beaucoup d’Amour en dehors du cercle familiale, et la réalisation de ma personne. Et puis, le truc « drôle », c’est que je ne savais pas que plus de 10 ans plus tard j’en serais encore à fréquenter les hôpitaux et les toubibs… Bref. Mais tout cela ne m’empêche pas d’être heureuse ! J’aspire aux voyages, à partir, à la découverte et l’aventure !

A 6000 km de là, futur Chérid’A est brillant, saute les classes et passe le bac avant sa fratrie, ce qui ne l’empêche pas de bien s’amuser et de profiter ! Il arrivera ici pour les études en 2002, comme dans ses rêves de jeunesse. C’est marrant quand même !

Les études : Elles valent une période à elles toutes seules, car lonnnnngues… et puis va comprendre, tous deux on aime le rab’, alors quand c’est fini, on continue. Pour moi c’est la plus belle période, des ami(e)s à foison, des concerts, des rencontres, et surtout des voyages et des projets « terrain » comme on dit ! Désormais chaque année je pars, je quitte la France quelques mois, je fais tous mes stages à l’étranger, sous les tropiques. A des milliers de km d’ici. Je trouve ma voie.

Lui, étudiant, découvre aussi la vie d’ici, s’y habitue, fait des rencontres géniales grâce à la mixité culturelle de la fac, et trouve son chemin. Il ne repartira au pays que quatre années plus tard. Tout comme la plupart des migrants, il doit s’accrocher. Tout comme la plupart des résilients, je dois m’accrocher. On s’accroche vraiment fort, et ça nous réussit !

Notre rencontre et notre vie de couple à distance (oui, oui, c’est possible!) : C’était en juillet 2006. J’avais le petit job le plus sympa du monde, barmaid dans une rhumerie ! J’avais un client trop trop beau qui venait chaque soir (pour me voir), me demandait un Ti’punch, et le sirotait tout en écrivant des nouvelles sur son joli cahier. Je passais Orchestra Baobab, Buena Vista, Rokia Traoré, Myriam Makeba, Sally Nyolo, Petit Pays, Papa Wemba, Koffi Olomidé, Doug Saga, Pierrette Adams, Perle Lama, Kassav’, Junior Kelly, Vybz Kartel, Toots, MAP, Seeed… de la salsa, du makossa, du coupé décalé, du ndombolo, du lillo, du zouk et moults et moults riddim…

Un soir, n’ayant plus choix d’attendre (je partais loin 10 jours plus tard, et lui, je ne le savais pas encore, c’était 7 jours plus tard) et prendre le risque de ne plus le voir revenir, j’ai enfin esquivé un smile et accepté de faire tomber une barrière. On a parlé, on a dansé et on ne s’est plus quitté (enfin au moins dans les pensées, géographiquement c’est une autre histoire). Moins d’une semaine plus tard il repartait pour la première fois au pays depuis son arrivée, quant à moi je partais de nouveau en stage au SunuGal. Au final, nous étions sur le même continent, à plus de 3000 km l’un de l’autre, et nous nous téléphonions au moins tous les 3 jours ! Lui de sa grande ville, où il captait bien, et moi de mon village où à l’époque on devait encore rester debout près du baobab pour voir les barre de son phone s’afficher (lol ça a bien changé depuis !).

Revenue en France, je partais pour mes études dans le Sud. Lui restait dans le plat pays pour les siennes. Ce sont mes meilleures années, les études que je voulais faire, le rêve ! Durant deux ans, je résidais au pays des cigales (à 800 km) et partais pour de longs mois à la découverte de nouvelles contrées (entre 4000 et 6000 km). Une fois mes études terminées, premier job en poche, je remontais chez les Ch’tis. Et enfin nous vivions ensemble. Mais ce fut de courte durée, un an plus tard, je change de boulot et part à l’Ouest. 400 km nous sépare de nouveau durant 1,5 ans. Peu importe, nous nous marions en 2010. Nos familles proches sont réunies, c’est un exploit ! Une belle fête ! Une fois mariés, la distance devient de plus en plus pesante, l’envie de bébé se fait sérieusement sentir. 6 mois plus tard, coup de chance, je trouve du boulot dans notre région, et nous nous installons. Le désir de connaitre nos ti’bouts caramels est bien là !

La PMA : La pilule finie à la poubelle en 2011. S’en suit l’attente, la création du blog, la PMA, deux espoirs, et un mur en pleine face. S’y ajoute ensuite une nouveauté, cette fois-ci c’est lui qui doit bouger. Rebelote, 800 bornes nous séparent de nouveau  pour qu’on se donne toutes les chances et que le meilleur soit devant nous ! On jongle alors avec les pikouzes et les trains, la PMA et la distance…. On s’accroche, on en rigole (jaune parfois), et une Lueur s’accroche enfin ! La grossesse se passe intégralement à distance, osef, on se retrouvera après ! La Lueur née en 2015, et 6 semaines plus tard nous vivons (définitivement ! ou ?) ensemble !!

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