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Frissons.

28 Fév

La puce va avoir deux ans bientôt, tout bientôt.

La petite Lueur est devenue grande.

Une (très) grande princesse qui rit, joue, saute, et par-dessus tout chante !

Au delà de « Loulou & Boutin », son air préféré c’est bien ce joli « Ooh ».

Elle a bon goût ma fille !

Il me donne à chaque coup des frissons ce titre !

 

 

Deux ans de La Lueur d’ici 13 jours.

Deux années express.

L’opposé absolu de l’attente abyssale des temps pmesques.

Tout est redevenu normal.

Les heures valent des heures. Les minutes, des minutes. Les secondes, des secondes.

 

Alors pourquoi casser ce rythme ? Pour quelle raison ? Pourquoi repartir dans les frissons et les peurs pmesques alors qu’une Lueur est déjà là ?

Le désir d’enfant est une réponse tellement suffisante !

 

Et puis, repartir certes, mais si différemment, car avec d’ores et déjà un enfant.

Les abysses si sombres sont devenus des eaux troubles domptables. L’inconnu du monde de la PMA, un milieu familier. L’attente qui fait frôler la folie, un temps si court et rempli.

 

Et, c’est ainsi que le chemin de la PMA fut repris au début de l’année.

Nouveau centre. Nouveau doc. Nouveaux interlocuteurs. Mais pas d’inconnue totale.

 

Des Frissons à la première piqûre, des Frissons au premier (et unique monitorage), des Frissons à la découverte du résultat.

Un méga coup de bol a fait en sorte qu’un seul monito soit nécessaire.

Un méga coup de bol a fait que 3 chiffres sont apparus à la prise de sang.

Un méga coup de bol a fait qu’une récente échographie de datation a montré un petit cœur battant la chamade.

 

Un coup de la vie a fait en sorte que cette Promesse fut découverte quelques heures à peine avant le décès de ma grand-mère.

 

Je ne réalise ainsi que peu encore. J’ai été anesthésiée quelques temps par la douleur du départ de ma tendre et aimée Mamy. Je mesure davantage le chamboulement qui est là, au creux de moi, depuis l’échographie.

 

Chaque chose en son temps.

Le temps est devenu mon ami…

 

Prochaine étape l’échographie qui « officialisera »  la grossesse, et je l’espère, nous fera frissonner de Bonheur.

 

Vivement !

 

Les 25 août… [+ Edit]

25 Août

(Les édits sont en couleurs)

25 août 2011 : après 1 an et 4 jours de mariage, et une vie ensemble de nouveau (obtention d’un poste (celui actuel) dans la même ville que le thésard depuis mi-juin ! oh yeah !!!), voila voila, les essais sont lancés ! Je délaisse le Ti’punch… pour de l’Or en Caramels !

Les ti'punch de cette 7ème année

Bon, en vrai la photo date de la grande Braderie de l’an passé… Un détail en témoigne… Un des bijoux offerts pour nos petits à ne jamais oublier… Une bague pour lui. Un collier, bracelet et des boucles à deux cœurs unis pour moi (boucles d’oreilles que je porte non stop depuis août dernier)…

La plaquette de pilule est annotée de cette précieuse date ! On espère ! (Même si je connais déjà mes OPK, et qu’un rendez-vous avec une gygy spécialisée en infertilité (tu parles…) est déjà pris pour dans 3 mois, oh que j’ai bien fait). Chérid’A y croit à fond ! Moi je sais déjà que ce sera compliqué, mais jamais je n’aurai pensé que ce serait aussi compliqué…

GD

« Arrêt pour bébé, le 25/08/2011 », signé par nous deux…

25 août 2012 : les derniers examens PMA viennent de se terminer, dans quelques jours on lance le premier essai en PMA avec monito & co. J’ai lâché ma gynéco spé en infertilité (clomid mais sans monitorages) pour entrer en PMA avec ma gygy adorée ! En septembre on constatera que le Clomid n’agit pas bien du tout du tout sur moi (endomètre au raz des paquerettes et hyperstim’ légère), le mois suivant on démarrera nos premières injections… les premières stimulations qui nous accompagneront un long moment…

La porte du centre PMA pour le recueil, tu ne peux pas la louper…

25 août 2013 : le deuil à remplacer l’espoir. Nos deux anges sont partis en juin et juillet. La reconstruction est en marche. Mon retour de couche arrive. Nous reprendrons le chemin de la PMA dans quelques mois. Sur le plan professionnel, nous devons de nouveau vivre à distance. Un sentiment que tout s’écroule coup sur coup. Va pour la PMA à distance et la reconstruction à des kms, si c’est ainsi. Que ça fait mal de perdre deux petits… Résister, « faire » le deuil et rester soudé, une épreuve, un non choix, une survie.

2 mains

Des mains serrées fort fort fort, et unies, face à l’épreuve… (Non, ce ne sont pas nos mains, mes ongles sont plus beaux m’enfin !)

25 août 2014 : l’incroyable est au creux de moi. Une Lueur s’est nichée. Elle est belle, resplendissante, et vivante ! 4 jours à peine que nous venons de passer le cap si redouté car ayant fait si mal l’an passé. 4 jours que nous savons qu’à 12 sa, Lueur est là !!! Le soulagement est fort, les craintes encore là. Aucun signe visible, un secret bien gardé. Mon ventre rentre toujours dans tous mes pantalons, seule ma poitrine (et mes cuisses et mes fesses) a augmenté de volume. Le précieux secret de La Lueur est au creux de moi. Il a été dévoilé à nos parents et fratries respectives. La suite des annonces, tant professionnelles que personnelles, attendra la fin du premier trimestre. Une reconnaissance infinie mêlée de peur et d’espoir qui grandit. Une Lueur qui étincelle !!!

Lueur

Mon logo initial… La première photo (non parue il me semble) que j’ai enregistré sur ce blog… comme un signe. Une Lueur qui brille de 1000 feux.. qui étincelle dans nos coeurs !

Edit : en soirée, de retour du boulot, passage aux toilettes… et là, vue de pertes marrons. Mon rhophylac (valable 6 semaines, injecté aux premières pertes le 4 juillet) n’est plus valable. Je file donc aux urgences. Je suis prise en charge assez vite, par deux internes géniaux (de futurs excellents médecins… qui me réconcilient avec les urgences (interne pas top de la fois passée) et avec ma pma-maternité). Auscultation, plus de pertes à l’examen gynéco. Je tel à Chérid’A (nos vacances sont finis, retour à la distance depuis dimanche) qui ne pouvant être avec moi et voir ce qui se passe, s’effondre. Je tente de le rassurer. Lui dit que l’examen était ok, mais que oui, on ne le sait que trop, seule l’écho peut dire ce qu’il en est. 40 minutes plus tard, une écho rassurante, soulagement, ouf. Libérée. Foutues pertes qui font flipper. L’interne cherche si un nouveau décollement est apparu, non. Ce serait donc des restes de l’hématome qui s’évacuent encore. Après discussion, et échange avec ses sup’, on me donne pour le lendemain une ordonnance de rhophylac et des RAI à faire. Voila… un soulagement, et une grande conscience qu’avant quelques mois encore rien n’est gagné. Mais ce petit « il vit sa vie, ça ne le dérange pas, vous voyez » « oui, c’est vrai, il est fort ».

Les ps du 25 août 2014 :

Une énorme pensée à Zelda en ce jour !Tresses tresses tresses ! Que dire… Zelda, je te promet qu’on peut revenir du néant. Mais pour le moment, rien ne te donnera envie de vivre pendant un temps. On est là… dans les pensées, et bien plus. Des câlins de « réconfort » virtuels.

Et pour finir un clin d’oeil pour je l’espère clôturer ces 25 août… que la roue tourne pour chacun et chacune… pour nous avec !

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La vrai recette du Ti’punch contre Ti’bout                              

  • Mêlez de l’Espoir et de la Patience. Ajouter de l’Attente, de l’Angoisse et de la Peur. Adjoindre un zeste (énorme) de Chance. Mélangez, remerciez, savourez… ❤         
  • Et n’oubliez pas de transmettre la recette, surtout le zeste (énorme) de Chance, à tous ceux et celles qui attendent de se délecter du nectar si précieux de la Vie… Hope hope hope…
  • Et pour ceux et celles pour qui le verre est tombé et s’est brisé, aidez les à se relever de cette abîme… en leur espérant des jours apaisés et où d’autres nectars seront goutés (même si aucun d’eux ne remplacera jamais l’absence du nectar attendu dans leur coeur). Hope hope hope…

Une Grande Nouvelle !

22 Mai

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous livre une grande nouvelle. Parce que durant ces 2 dernières années d’écrits (221 posts, j’en reviens pas!), désormais, vous faites partie de ma vie, que je vous ai déjà parlé de tout ceci ici et ici (vous avez ma confiance, plus que certains proches, si vous saviez…), et que les grandes nouvelles, on a envie de les partager avec ceux et celles qui nous épaulent et nous soutiennent, notamment dans les épreuves de vie ! 

12 années…

12 années de justifications annuelles diverses, originales et variées ! (Y’en a qui font preuve d’innovation et d’inventivité, c’est assez exceptionnel dans le formel et l’informel!)

12 années de Préfecture tantôt adorée (c’est arrivé 2 fois que l’on tombe sur une perle, merci à elles deux de nous avoir considérés comme des gens identiques à elles) souvent détestée (là, c’est inutile de compter)

12 années de titre de séjour annuel, entre étudiant et vie privée, et ‘seulement », car nous avons eu l’immense chance d’être exemptés des démarches liées au titre de séjour salarié (étant donné que le statut vie privée autorise à travailler), lesquelles sont impressionnantes de bâtons dans les roues tant pour les futurs salariés, que pour les entreprises.

12 années ponctuées de récépissés trimestriels suite au dépôt de dossier empêchant entre autre de rassurer un employeur, de convaincre un propriétaire, d’obtenir un prêt pluriannuel (là, notre banquière s’est plantée, car elle ne pensait pas qu’un Dr puissent être en titre annuel, ben si…), et de voyager librement durant quelques mois dans l’année (avec la crainte du coup de ne pouvoir retourner dans la famille en cas d’urgence, ce qui se passa lors de certains décès ou événements où son absence était cruelle…)

12 années de timbres fiscaux (variant de 100 à 400 €) et surtout et avant tout de paperasses annuelles (bon, ben là c’est toute ta vie privée qui est décortiquée : impôts, relevés de banques, logement, employeur, motivations, etc etc…) (si un jour on adopte, on est rôdé)

12 années de rendez-vous pour prendre un rendez-vous (non, non, c’est pas une blague), d’attente dehors à partir de 4h du mat’ pour les premières années, d’attente debout durant 2 heures dans les couloirs du sous-sol de la Pref’ pour les années du milieu (amélioration dans notre région ! je compatis avec les régions qui ne connaissent pas encore cette chance), d’attente durant 1 heure 30 pour l’ouverture du guichet par la nana en train de ranger ses stylos et papoter avec sa collègue devant tout le monde (véridique, ça a duré 25 minutes chrono) et alors que les vieux ne tenaient plus sur leurs pieds (ça c’était en février dernier).

12 années à faire profil bas face aux remarques désobligeantes par crainte que l’employé(e) ne fasse trainer le dossier de renouvellement annuel (soit ce qui nous est arrivé en 2008, parce que le gars était un crétin fini, du genre qui se croit plus permis et plus haut que tout le monde, qu’il regardait mon homme avec dédain, qu’il a douté de ses capacités d’études (des mots blessants et avilissants), qu’il a douté de sa thèse à venir (alors qu’il ne comprenait pas un seul mot de l’intitulé), qu’il a mis en cause ma présence puisqu’il n’y avait pas besoin de moi étant donné qu’il s’agissait d’un titre étudiant et non de vie privée (j’accompagnais juste mon copain quoi, et rien ne l’interdit), que j’ai répondu à une de ses remarques basses, que j’aurai pas dû, que mon homme m’en a du coup voulu, et j’ai compris pourquoi après (c’est là que j’ai compris qu’il fallait juste se taire et encaisser face à des décideurs désobligeants, car comme ils ont le pouvoir de décider (ils ont ton dossier entre leurs mains), ils peuvent bien bien bloquer)… Je n’aurai pas dû car au final, grosso modo, il s’est passé qu’on s’est tapé 9 mois de récépissé pour obtenir un titre de séjour annuel, qu’il n’a donc pas pu retourner voir sa famille alors qu’il y avait des événements importants qui ne se passent qu’une fois dans la vie, que tous les revenus ont été bloqué durant 9 mois (du fait du récépissé lequel signifie que le dossier est à l’étude mais ne peut pas être considéré ni comme accepté, ni comme non accepté), et que nous avons eu des problèmes pour accéder au logement (des propriétaires qui, je le comprend, ne comprennent pas ce que tout cela signifie, et qui du coup trouve cela suspect, alors que le dossier est juste en court de traitement)… du coup, tu fais comment pour vivre ?… et en plus, mais bon bien moins grâve comparativement aux blocages IRL, le ah ah ah est qu’une fois le titre obtenu, il était obsolète 3 mois plus tard (car le titre valable 1 an est daté au jour de la demande, soit le jour où on te donne le récépissé, dans ce cas ci, soit 9 mois plus tôt), or il faut commencer les démarches 3 mois avant la fin du titre (ah ah ah!) pour le suivant… donc, cette année là, merci le crétin pas pro du tout du tout et qui faisait valoir ses préjugés dans son boulot, sache qu’ensuite, coup de bol, on ne l’a plus jamais eu, et que chaque année on avait peur de retomber sur lui) (bref, c’est arrivé une seule fois, certes, mais ce n’est pas censé arriver tout court, concrètement on a risqué une séparation cette année là, pour cause de bâtons dans les roues mis sur notre chemin et fait pour nous décourager (cf tous les obstacles cités avant et leurs conséquences sur les sentiments de mal être, de se sentir rejeté, de ne pas voir le bout, de sentir que jamais on ne sera accepté, que toujours il y aura des ennuis…)) Les épreuves, ça renforce les couples, ou ça les brisent, dans le même registre, la pma nous le montre tant aussi… malheureusement je pense que là-dessus vous savez tous et toutes ce dont je veux parler.

12 années à connaitre sur le bout des doigts la législation et le Ceseda, à flipper chaque année d’un retournement de situation, à décortiquer l’ensemble des lois proposées, en cours ou votées, à expliquer à nos proches qu’entre le discours, le montré (merci les médias qui montrent bien trop souvent les anecdotes plutôt que la majorité des réalités) et la réalité, il y a une gamme de nuances impressionnantes ! (toujours vérifier les dires, toujours! ne jamais rien prendre pour acquis, jamais!)

12 années sans pouvoir aller vivre un temps à l’étranger (ce qui a notamment fait bloquer le post-doctorat) au risque de ne pouvoir revenir sans que cela ne soit (très) compliqué

12 années à penser chaque année aux lois qui vont tombées… et donc… 12 années de poids sur la tête…12 années… c’est long 12 années à prouver à autrui sa vie chaque année

12 années incluant avant tout et surtout…

8 ans de bonheur ensemble ❤ ❤ ❤ !

5 ans de désir d’enfant

4 ans de mariage ❤ ❤ ❤ !

3 ans d’attente de mini-nous

2 année en PMA

3 merveilleux mois avec nos jumeaux partis trop tôt

et chaque année ce petit rappel à l’ordre préfectoral

et enfin… ! enfin !!!

Enfin un poids en moins pour chacune des futures 10 années !

Enfin !!!!!

Enfin La Carte de Résident !!!!!

Alors que nous l’attendions pour la fin de l’été ou le début de l’automne, aujourd’hui, la boite aux lettres contenait une enveloppe écrite par mon homme, cette même enveloppe timbrée au format 11×22 que nous avions jointe au dossier.

En la voyant, mon cœur a palpité, ma tête a pensé « pourvue que ce ne soit pas une pièce supplémentaire à fournir et qui allongera encore les délais, c’est trop tôt, c’est pas possible, c’est pas possible, c’est surement un truc qui va pas encore une fois » (le jour du dépôt du dossier, dans la liste des documents à fournir il y avait un oubli de leur part, j’avais dû poser mon aprem’ en urgence pour aller récupérer le doc et le déposer au plus vite. J’avais réussi à négocier le dépôt du document manquant au guichet (donc 1h30 d’attente debout) et non par courrier, car la dernière fois ils avaient perdu notre courrier (oui, il y a quasi toujours un doc non demandé à fournir en plus de manière informelle), et nous avions reçu l’enveloppe avec un papier « veuillez fournir le doc untel » (soit celui qui avait été perdu). On s’en souvient bien, comme à chaque fois, car la conséquence est clair : ça traine 3 mois de plus, et donc 3 mois de plus de récépissé. Bref, par expérience on sait bien que dans cette enveloppe c’est la moitié du temps un souci, la moitié du temps le tout est ok. Alors, en voyant cette enveloppe, ce sont les deux émotions qui me submergent : qu’y a-t-il dedans ? Du bon ou du mauvais ? (Punaise on dirait que ça fait penser aux fois où on ouvre les enveloppes avec les résultats d’examens pmesques).

J’ouvre l’enveloppe, et là, sur un tout petit bout de papier, une somme à 3 chiffres, et… Et !!! Enfin !!! Une invitation à se rendre à la Pref’ pour venir chercher La Carte de Résident de 10 ans !!! Enfin !!!!

Enfin !!! Après 12 années de preuves, de légalité, de RAS, et 8 années de vie ensemble, enfin, la voila ! Enfin, enfin nous n’avons plus rien à prouver pour les 10 prochaines années !!

C’est un événement ! Un grand événement ! Mes quelques proches qui ont connu ou connaissent la signification du statut de résident sont de suite au courant ! Les applauzes pleuvent ! Une reconnaissance ! Le signe d’une roue qui tourne pour la suite ?!…

Concrètement ? Que cela change-t-il ?

Cela ne changera pas : ni les préjugés, ni les discriminations à l’embauche, ni les blocages dans certains lieux, ni les réflexions idiotes et sans fond aux conséquences parfois désastreuses, parfois non significatives, etc., cela ne changera pas le regard de « hiérarchisation des individus » de certains, dans notre contexte cela ne changera pas grand chose d’un point de vue accès légal au travail, cela ne changera pas ceux qui pensent que sa vie ici nuit à la leur, cela ne changera pas ceux qui croient encore que nos droits ne sont pas les mêmes que les leurs, cela ne modifiera pas la pensée binaire du « tu bosses, t’es coupable, tu bosses pas, t’es coupable », cela ne modifiera pas les actes de ceux qui décident avec leurs pensées figées et à œillères, cela ne nous fera pas plus accepter par ceux qui préféreraient que nous aillions voir ailleurs, cela ne donnera pas droit au vote, ni au déplacement hors Schengen (RU notamment), ni aux facilitations pour les visas à l’étranger, cela  « lol » ne changera pas les couleurs de nos peaux, ni les obstacles qui y sont parfois liés et que j’ai cité.

Mais cela changera : le petit truc derrière la tête qui fait qu’on ne peut pas ne pas y penser, cela va nous enlever un poids, un poids vécus pendant 12 années, celui des démarches annuelles, celui des scrutages de justification de notre vie (sachant que cela peut aller jusqu’à une vérification de la présence d’objets personnels et intimes de chacun de nous deux chez nous, cas rare, mais légalement possible), celui des peurs annuelles de durcissement législatif, celui de l’impossibilité de se ressentir d’égal à égal car chaque année tu es de nouveau jugé… Cela va aussi permettre de participer au conseil des résidents si cela est désiré… Cela va permettre de pouvoir partir voir la famille à n’importe quel moment de l’année… Cela va permettre d’envisager une employabilité dans une autre pays si cela s’avère nécessaire (compte tenu des déjà vécus « cela ne va pas » cités plus haut), sans crainte de ne pouvoir revenir ici, dans mon pays, notre pays de résidence et le pays pour moitié de nos futurs enfants (Oui, je l’ai écrit car le sentiment que le Chemin des Possibles est ouvert là maintenant dans mon esprit, qu’un vent de liberté y souffle, et que je sais que ressentir « les enfants » en étant en PMA est un sentiment éphémère, alors oui, je le note, car c’est beau et bon d’y croire et de l’entrapercevoir!)… Bref, et bien d’autres ressentis encore… C’est un énorme poids en moins que de passer d’annuel à dix ans ! Une lumière plus durable et concrète ! Un avenir qui voit plus loin sans craintes d’obstacles légaux possibles (car on ne sait jamais comment les lois peuvent changer) !

Sincèrement, pas un seul instant ni lui ni moi, n’avions pensé ressentir autant d’émotions envers ce papier ! Ce n’est finalement qu’en vivant les choses qu’on les ressent. Depuis le temps, ce si long temps, nous savions et envisagions ce moment, nous en connaissions tous les impacts concrets, mais les ressentir, c’est autre chose. C’est beaucoup plus fort, c’est beaucoup plus intense !

Notre vie ne sera pas plus belle demain, elle aura une légitimité identique à celle actuelle, mais non plus juste pour une année renouvelable chaque année, cette fois-ci c’est pour 10 années !!! Un poids de 10 ans en moins, c’est déjà ça de gagner !!!

La prochaine fois qu’on ira donc à la Pref’, cette fois-ci, ce sera pour aller chercher La Carte de Résident… Et puis… ensuite… la prochaine fois qu’on devra y retourner, qu’à nouveau on devra prouver notre vie sociale, économique et privée, ce ne sera pas avant 10 années !!!!!

Jolie, immense, magique surprise de cette journée qui restera gravée ! Surprise amplifiée par le fait que nous ne l’attendions pas avant à minima la fin de l’été. Les 12 dernières années, et mes 8 dernières, nous ont appris que la durée d’étude du dossier est à minima de 3 mois, la moyenne étant entre 4 et 6. Et cette fois-ci ! Pour cette reconnaissance en tant que résident (et non plus séjournant), cela n’a pris que 2 mois ! Quelle rapidité, c’est une première ! On ne s’y attendait pas !

C’est donc à distance que nous avons appris cette belle nouvelle ! Cela se fêtera dignement lorsque nous serons ensemble ! Alors est-ce un signe ? Celui du cycle de bonnes nouvelles en marche ? On l’espère !

PS 1 : Et… face à ce grand soulagement, je pense aux proches, à ceux qui ne connaitront pas notre chance, à deux de mes amis notamment. Promis, je continuerai à ne pas oublier, à faire connaitre et à accompagner.
PS 2 : J’imagine très très bien que pour celles et ceux qui ne connaissent pas tout cela (et tant mieux) ou pour ceux et celles qui n’en entendent parler que par le biais des dires et des médias (qui raccourcissent, voire parfois stigmatisent, les réalités… tout comme parfois pour la PMA), c’est du charabia, c’est pas clair, c’est pas concret. Si je vous raconte tout cela, c’est certes pour vous transmettre notre soulagement, mais c’est aussi parce que je sais que vous ressentirez mon enthousiasme et que cela vous fera comprendre que c’est un grand jour ! Et si vous souhaitez comprendre un peu mieux ce qu’est donc in fine une carte de résidence, je vous ai sélectionné les docs suivants : doc 1 (en bref), ou doc 2 (en bref bis), ou en wiki (mais pas sûr que ce soit actualisé), ou celui-ci avec les différents titres et problématiques.
En résumé : « Pour ceux qui bénéficient déjà d’un titre de séjour temporaire et qui souhaitent s’installer durablement en France, l’étape suivante est l’obtention d’une carte de résident de 10 ans. Par la stabilité administrative qu’elle procure, elle est le seul titre de séjour qui permette réellement d’avoir des projets d’avenir. En effet, il est extrêmement difficile d’obtenir un logement, un contrat à durée indéterminé ou un prêt bancaire avec un titre de séjour d’un an. D’après la loi actuelle, ceux qui possèdent en France des attaches extrêmement solides ont théoriquement le droit d’accéder à la carte de résident »

A quoi ça rime et la réputation des infertiles

8 Mai

Ayant un peu de mal à écrire (et puis à relire ma tartine, ben finalement non… c’est donc en écrivant que ça sort), souhaitant passer les dates des « 1 an » le plus sereinement possible, venant juste de passer la date des un an du 6 mai, vous vénérant vous les blogeuses/eurs plus que blogeuses/eurs pour vos mots et appuis, Merci !

Étant en « pause » ce cycle-ci (examens en fin de mois), discutant IAC2bis-C4#G2 à venir (c’est pas un code secret… c’est un code bien clair pour les pmettes… et un gros clin d’oeil à Kaymet) et réfléchissant à la proposition FIV de gygy avec Chérid’A « pour en finir » (au sens se mettre un grand coup de pied pour avancer), venant de me prendre une annonce redoutée au boulot (de ces annonces qui vous rappellent l’injustice et qui vous font sentir extraterrestre, vivant dans un autre monde et écarquillant ébahies les yeux bien grands devant la facilité de procréation de la plupart des humains (mais comment font-ils, c’est hallucinant de simplicité?)), me questionnant un peu mais pas trop (mais beaucoup plus depuis ce soir car je suis désormais cernée) sur les questions boulot et notamment la compatibilité non foireuse du plan C IRL avec la PMA (boulot aux 4 coins du monde de 3 à 4 mois par an non cumulés)… Verdict méthode Bounty : je fonce dans le tas, et ensuite si des choix sont à faire, on les fera.

Me questionnant sur ces jolies jeunes années d’insouciances et de projets envolés… ben voila, y’a des jours d’énième annonce comme aujourd’hui où je me demande à quoi ça rime de vivre à distance en étant en PMA et de dépenser tant d’énergie pour des espoirs professionnels et personnels non garantis, et qui plus est, de plus en plus éloignés des projets qui nous faisaient vibrer ? Y’a des jours comme ça où l’envie de tout plaquer (sauf le gars) est pas bien loin, et en même temps c’est un vieux réflexe ou plutôt une vieille habitude, car j’ai bien souvent fonctionné ainsi, y’a qu’à voir mes lieux de vies des 10 dernières années (et encore je suis soft comparée à mes anciens camarades de promo, vraiment ultra soft). Je n’ai pour ainsi dire jamais été aussi stable qu’aujourd’hui, bientôt 3 années sans bouger et vivre ailleurs, s’en est flippant… Ah elle est loin l’insouciance de notre rencontre autour d’un Ti’punch à FriteVille (autodérision hein, t’en fais pas)… Bref, y’a intérêt que ça marche, jvous le dit… wanna be free

Well, well, well étant dans un état d’esprit d’attente de fin de pause (so classic), tout en faisant d’autres choses, je vous lis et je fais le tri des nombreux brouillons et articles mis de côté depuis l’ouverture de ce blog. Et ce soir, je suis tombée sur cet article qui dans son intro m’a fait penser au post de Petit Oeuf. Un témoignage si bien dit et que j’avais mis de côté en mode brouillon depuis novembre 2012.

Le voici donc. Il vient de ce blog-ci.

La réputation des infertiles

Qui n’a jamais entendu parler de “bébé-éprouvette”, de ces femmes enceintes de septuplés après des traitements de fertilité, de cette mère porteuse qui décide de garder l’enfant qu’elle portait pour un couple infertile qui lui faisait confiance… On entend parler des histoires sensationalistes, des extrêmes, de ce qui fait vendre des journaux.

On utilise la grossesse et les fausse-couches comme éléments dramatiques dans les soaps, on associe (à tort) fécondation in vitro et clonage. On confond insémination et FIV, on banalise les divers traitements, on réduit les problèmes de fertilité à un problème d’âge ou de stress. On prend les infertiles pour des freaks désespérés. On nous donne une réputation avant même de nous connaître.

Avant de me savoir moi-même infertile, je faisais partie de cette masse qui se demandait comment un couple pouvait en venir à miner leur santé avec des tas d’injections, dans le seul but d’avoir un enfant. Je ne connaissais rien aux courbes de température, au citrate de clomiphène, à l’effet du sirop contre la toux sur la glaire cervicale. Des termes comme hystérosalpingographie, laparoscopie et anovulatoire ne me disaient rien.

Bien sûr, je connaissais, de près ou de loin, des femmes n’ayant pas eu d’enfant, mais je ne me posais pas plus de question. Comme bien des gens, ce que je connaissais de l’infertilité se résumait à ce que je lisais dans les journaux et voyais aux nouvelles. Ça ne touchait que quelques couples malchanceux qui devaient utiliser des moyens extrêmes pour devenir parents.Puis est venu le diagnostic. Ont suivi les traitements, les échecs, les lectures, les questions, le stress, la rage, l’espoir mêlé d’impatience.

Et j’ai appris. J’ai lu tout ce qui me tombait sous la main sur l’infertilité, sur les traitements possibles, sur les causes, les raisons, les trous dans les études, les solutions. J’ai fréquenté des forums où j’ai rencontré des femmes comme moi. J’ai lu des blogues, j’ai découvert un univers complet de femmes vulnérables, remplies d’espoir, malgré les blessures. Et j’en suis quelque peu venue à faire de l’infertilité ma cause. Je tenais à défaire des préjugés, à abolir des tabous, à cesser l’ignorance.Car non seulement les couples infertiles sont aux prises avec les épreuves physiques, psychologiques et financières qu’engendre l’infertilité, ils doivent aussi faire face à l’ignorance et la maladresse de leur entourage.

Demandez-leur combien de fois on leur a raconté l’histoire de cette voisine, de la soeur de la coiffeuse ou de cette collègue qui, après avoir essayé pendant des années, a décidé de laisser tomber et s’est retrouvée enceinte par magie. Demandez-leur combien de fois on leur a conseillé de relaxer et d’arrêter d’y penser. Demandez-leur tous les trucs et astuces qu’on a cru bon leur véhiculer. Demandez-leur si tout ça les a aidés. Et ils vous répondront non.Même s’ils sont empreints des meilleures intentions, les conseils non solicités ont rarement l’effet voulu.

Ça nous ramène à notre propre échec, à nos propres problèmes. Ça nous rappelle que ça fonctionne pour d’autres, mais pas pour nous, ce qui nous fait sentir encore plus inaptes. Même si certaines histoires inspirantes peuvent nous donner espoir, bien souvent, celles prises à la légères, comptées sur le coin d’une table entre deux bouchées, nous donnent l’impression que notre douleur n’a pas raison d’être, qu’elle est futile. Se faire dire qu’on est “juste pas dûs”, c’est comme nous dire qu’on ne le mérite pas encore, alors que tant de gens qui ne devraient jamais être parents le deviennent. Méfiez-vous, les infertiles ont un don pour aller chercher le sens caché de chaque phrase qu’on leur lance. Ils reconnaissent le bon sentiment qu’il y a en arrière, mais ils ne peuvent passer à côté de la pointe qui s’y cache.

Ce que nous attendons de notre entourage est pourtant simple: de l’écoute et de la sensibilité. Nous avons besoin de valider nos émotions, de savoir qu’elles sont justifiées. Nous savons ce que nous avons à faire, nous n’avons donc pas besoin de conseils. Si vous ne savez pas quoi dire, soyez honnête. Nous préférons entendre un “je ne sais pas quoi te dire, mais ce que tu vis me touche” qu’un conseil maladroit et surtout, non demandé. Si des couples infertiles préfèrent ne pas en parler, respectez-les. C’est parfois une peine qui se doit d’être vécue dans l’intimité, à l’abri des jugements et des morales.Je ne peux changer le monde à moi seule.

J’aimerais par contre changer la fausse réputation des infertiles, faire tomber certains clichés, faire parler de l’infertilité, faire avancer les choses, aller chercher la reconnaissance qu’il manque à tant de couples aux prises avec cette douleur si taboue. Mais j’ai besoin de vous, besoin de ce médium pour faire connaître les autres facettes de l’infertilité, celles cachées derrière toute la médiatisation mal dirigée, celles qui sont la réalité de milliers de couples au Québec, de plein de gens autour de vous qui pleurent en silence l’enfant qu’ils espèrent, mais qui ne vient pas.

La réalité des ces couples qui attendent, de ceux qui passent sous le bistouri, de ceux qui prennent des médicaments, de ceux qui espèrent et désespèrent, de ceux qui vont jusqu’au bout avec la FIV, de ceux qui font des inséminations, de ceux qui ont recours au don, de ceux qui recevront des injections, de ceux qui sont à cours de ressources, de ceux qui n’osent plus y croire, de ceux qui veulent toujours y croire. Soyez sensibles, soyez à l’écoute et ne vous laissez pas aller dans les conseils et les “j’ai entendu l’histoire d’une fille…” On l’a tous entendue cette histoire. C’est la nôtre qui compte pour nous. Écoutez-la.

Protégé : « Choisir c’est renoncer » ou « Le kyste s’est fait la malle ! Mais le dilemme est pourtant là… »

17 Fév

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