Tag Archives: Parcours

Ainsi s’achève 2014… Bienvenue à 2015 ! Qu’il apporte le Meilleur !

31 Déc

En ce dernier jour de l’année, je n’échappe pas moi non plus à l’envie de poser quelques lignes sur ce que fut 2014… !

Hier encore, mon collègue me disait « vivement que 2014 finisse pour toi, ce ne fut pas une super année » (vu le boreal de décembre, forcément, on aurait envie de dire cela). Pourtant, je lui ai répondu tout l’inverse « oh si, ce fut une belle année, j’espère que 2015 sera certes encore meilleure, mais surtout pas moins beau que 2014 ! ».

Ce fut une année au premier semestre plutôt hard… et avec grand heureusement des phases de réconfort et de beaux moments ! Et un second semestre qui a été crescendo niveau Bonheur !!! et ce malgré des tentatives pas cool de Dnlp (mais heureusement autre que sur notre enfant).

Janvier : Mois de la Dpa de nos jumeaux… difficile… dur…, s’ajoute les 30 balais atteints (out le rêve bla bla de « un enfant avant 30 ans… »), mais aussi mois de la naissance de la fille de ma jumelle de Dpa (kiss kiss kiss <3) !

Février : Fin du kyste !!! Un bilan de compétence qui s’amplifie et qui est un souffle !! Un Namoureux basé à MontagneCity et qui revient par surprise et sur un coup de tête à FritesVille !!

Mars : Reprise des stim’ et des échecs…, mais aussi des rencontres Pmettes ! et du Bamp !!

Avril : Une escapade à Montagne City, l’occasion de revoir et rencontrer deux adorables blogueuses !!! Et d’apprendre un test qui a viré positif pour l’une d’elle !!!! Mais aussi the carte de résident !!! (après 12 ans ici.. quand même…).

Mai : Des questions tafesques importantes, une proposition de changement de poste pour revenir à mes premiers amours, une cogitation de malade. Le mois d’une pause pma aussi, avant de repartir en iac. Mais aussi un « rapprochement » (même si ça ne change rien, car seuls les week end sont ensemble) puisque Chérid’A en a fini avec MontagneCity, direction Genop’Ville !

Juin : Un boréal tafesque inimaginable pour lui. Une réponse de refus bien cogité de mon côté. Emménagement à GrandeVille pour Chérid’A, une chouette coloc’, une vue superbe. Un début de mois marqué par les un an de la perte de notre premier jumeau. Une tension à son comble pour notre couple épuisé par la distance, les échecs de stim’ depuis la reprise pma en novembre, l’angoisse qui revient, et des difficultés autres plus ou moins liées à tout cela… Des médecins convaincus que vu mon stress  il est impossible que le miracle se fasse… Et pourtant, à 3 jours du jour horrible de l’an passé, la Lueur arrive dans notre vie !!!!! L’iac de ce mois de juin 2014 fut la bonne. Ca change tout !!!!!!!!!! (et ça change rien (;-) à Lucette…) sur les autres points, mais au moins on sait que les efforts ne sont pas vains).

Juillet : La date endeuillée du 1er juillet à passer… Et puis, même pas 10 jours que nous savons pour notre Lueur que déjà elle nous fait des frayeurs… Les saignements commencent et ne s’arrêteront que début septembre définitivement. J’ai peur. La distance est insupportable pour mon homme qui me sait au repos pour ne pas perdre notre bébé. Les allers-retours aux urgences s’enchaineront. La respiration s’arrêtera à chaque saignement, la respiration reprendra après chaque battement de coeur vu aux échos.

Août : Nous sommes ensemble le temps de 15 jours de vacances. C’est l’essentiel ! Les saignements sont toujours là, mais leur gestion est plus aisée. On est plus fort à deux. On se rapproche des 12 sa. On se préserve encore et encore… et le 22 août sera un immense soulagement !

Septembre : Les derniers saignements s’estompent, soulagement ! Chérid’A apprend une mauvaise nouvelle au taf’, de nouveau la tension est là…

Octobre : On stoppe la coloc’, les distances entre Grande et Genop’Ville étant trop grandes (4h A/R chauqe jour à minima). Chérid’A repart « squatter » chez un proche de sa famille. Impossible de faire autrement, mais des promesses tafesques sont dites et redites pour janvier. Alors alors, en janvier on sera ensemble ! La Lueur va bien, du moins je crois. Point d’annonces encore…

Novembre : L’écho du second semestre et le grand grand ouf ! Cette fois ci on y croit !!! Je ferais les annonces boulot et proches durant ce mois. Le bidou discret ne sortira peu à peu qu’à la fin du mois, pour définitivement s’épanouir à la mi décembre !

Décembre : Une entrée dans le 3ème trimestre !!! Une Lueur qui gigote énormément !!!!! (bah voyons, m’étonnes pas qu’elle se soit retournée finalement). Un Noël si différent !!!!! Mais aussi… lolilol… une voiture out et réparée, une belle-maman miraculée, une conne de sage-femme dégagée, des visites de logement désespérantes et une mise en location de notre appart qui capotent car…  coup de grâce, des promesses de boulot non tenues (et annoncé à j-10 d’une fin de contrat), et donc une non vie ensemble pour les 3 prochains mois, et donc aussi une annulation d’accouchement à la mater’ de Genop’Ville et une réinscription proche de FritesVille. Les hormones aidant, les vannes se sont ouvertes puis refermées. Un Noël avec ma famille et ainsi voir que mon frère se stabilise. Un diagnostic à venir pour la nièce d’un ami. Petite fille que j’ai rencontré la première fois un 31 décembre il y a de cela 5 ans. Il nous avait rien dit, étant dans le déni (et toujours un peu d’ailleurs, c’est fou ce qu’on est capable de ne pas vouloir voir quand cela nous concerne). A l’ouverture de la portière il y a cinq ans, j’ai vu son regard, j’ai su de suite. (Mais vraiment de suite, 2 sec’ chrono a tout cassé. C’est au moins mon avantage, et plus j’avance, plus je me dis qu’un jour il faudrait que je m’en serve pour certains projets à mener. Enfin, on en est pas là…)  Ces derniers jours je l’ai revu elle avec sa maman, une maman solo et étudiante plus que courageuse, et enfin je suis heureuse d’apprendre que début janvier, enfin, un diagnostic autisme sera fait, à 9 ans passés boréal. On a papoté, je lui ai filé des outils et reportages, on en repapotera sous peu. Et puis, ben ces derniers jours, La Lueur nous offre une fin d’année flippée du fait de son étrange calme arrivé d’un seul coup. J’ai ainsi pu visité hier la salle de naissance de ma mater’… Au final, La Lueur va bien et s’est amusée à nous faire un retournement, ce qui me vaut une augmentation de mes angoisses personnelles qui je le savais resurgiraient bien un jour ou l’autre… et c’est tout à fait « normal » que ce soit au dernier trimestre qu’elles apparaissent, car là, désormais, tout devient concret ! Mais décembre 2014 ne fut pas que grand haut et grand bas, ce fut aussi et surtout, des préparatifs pour la naissance ! des achats pour La Lueur ! des cadeaux reçus pour elle ! Des souhaits et espérances pour toutes les personnes en PMA, toutes les personnes qui affrontent des moments difficiles, pour tous ! et toutes !!

Ainsi s’achève 2014, en toute beauté !!

PS : Bon courage à ceux qui bossent auj’ 😉 ! (jm’autoencourage aussi !)

Quant à mon cher hébergeur… voici ce qu’il en dit de 2014….

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Musée du Louvre accueille chaque année 8.500.000 visiteurs. Ce blog a été vu 110 000 fois en 2014. S’il était une exposition au Louvre, il faudrait à peu près 5 ans pour que chacun puisse la voir.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Publicités

Les 25 août… [+ Edit]

25 Août

(Les édits sont en couleurs)

25 août 2011 : après 1 an et 4 jours de mariage, et une vie ensemble de nouveau (obtention d’un poste (celui actuel) dans la même ville que le thésard depuis mi-juin ! oh yeah !!!), voila voila, les essais sont lancés ! Je délaisse le Ti’punch… pour de l’Or en Caramels !

Les ti'punch de cette 7ème année

Bon, en vrai la photo date de la grande Braderie de l’an passé… Un détail en témoigne… Un des bijoux offerts pour nos petits à ne jamais oublier… Une bague pour lui. Un collier, bracelet et des boucles à deux cœurs unis pour moi (boucles d’oreilles que je porte non stop depuis août dernier)…

La plaquette de pilule est annotée de cette précieuse date ! On espère ! (Même si je connais déjà mes OPK, et qu’un rendez-vous avec une gygy spécialisée en infertilité (tu parles…) est déjà pris pour dans 3 mois, oh que j’ai bien fait). Chérid’A y croit à fond ! Moi je sais déjà que ce sera compliqué, mais jamais je n’aurai pensé que ce serait aussi compliqué…

GD

« Arrêt pour bébé, le 25/08/2011 », signé par nous deux…

25 août 2012 : les derniers examens PMA viennent de se terminer, dans quelques jours on lance le premier essai en PMA avec monito & co. J’ai lâché ma gynéco spé en infertilité (clomid mais sans monitorages) pour entrer en PMA avec ma gygy adorée ! En septembre on constatera que le Clomid n’agit pas bien du tout du tout sur moi (endomètre au raz des paquerettes et hyperstim’ légère), le mois suivant on démarrera nos premières injections… les premières stimulations qui nous accompagneront un long moment…

La porte du centre PMA pour le recueil, tu ne peux pas la louper…

25 août 2013 : le deuil à remplacer l’espoir. Nos deux anges sont partis en juin et juillet. La reconstruction est en marche. Mon retour de couche arrive. Nous reprendrons le chemin de la PMA dans quelques mois. Sur le plan professionnel, nous devons de nouveau vivre à distance. Un sentiment que tout s’écroule coup sur coup. Va pour la PMA à distance et la reconstruction à des kms, si c’est ainsi. Que ça fait mal de perdre deux petits… Résister, « faire » le deuil et rester soudé, une épreuve, un non choix, une survie.

2 mains

Des mains serrées fort fort fort, et unies, face à l’épreuve… (Non, ce ne sont pas nos mains, mes ongles sont plus beaux m’enfin !)

25 août 2014 : l’incroyable est au creux de moi. Une Lueur s’est nichée. Elle est belle, resplendissante, et vivante ! 4 jours à peine que nous venons de passer le cap si redouté car ayant fait si mal l’an passé. 4 jours que nous savons qu’à 12 sa, Lueur est là !!! Le soulagement est fort, les craintes encore là. Aucun signe visible, un secret bien gardé. Mon ventre rentre toujours dans tous mes pantalons, seule ma poitrine (et mes cuisses et mes fesses) a augmenté de volume. Le précieux secret de La Lueur est au creux de moi. Il a été dévoilé à nos parents et fratries respectives. La suite des annonces, tant professionnelles que personnelles, attendra la fin du premier trimestre. Une reconnaissance infinie mêlée de peur et d’espoir qui grandit. Une Lueur qui étincelle !!!

Lueur

Mon logo initial… La première photo (non parue il me semble) que j’ai enregistré sur ce blog… comme un signe. Une Lueur qui brille de 1000 feux.. qui étincelle dans nos coeurs !

Edit : en soirée, de retour du boulot, passage aux toilettes… et là, vue de pertes marrons. Mon rhophylac (valable 6 semaines, injecté aux premières pertes le 4 juillet) n’est plus valable. Je file donc aux urgences. Je suis prise en charge assez vite, par deux internes géniaux (de futurs excellents médecins… qui me réconcilient avec les urgences (interne pas top de la fois passée) et avec ma pma-maternité). Auscultation, plus de pertes à l’examen gynéco. Je tel à Chérid’A (nos vacances sont finis, retour à la distance depuis dimanche) qui ne pouvant être avec moi et voir ce qui se passe, s’effondre. Je tente de le rassurer. Lui dit que l’examen était ok, mais que oui, on ne le sait que trop, seule l’écho peut dire ce qu’il en est. 40 minutes plus tard, une écho rassurante, soulagement, ouf. Libérée. Foutues pertes qui font flipper. L’interne cherche si un nouveau décollement est apparu, non. Ce serait donc des restes de l’hématome qui s’évacuent encore. Après discussion, et échange avec ses sup’, on me donne pour le lendemain une ordonnance de rhophylac et des RAI à faire. Voila… un soulagement, et une grande conscience qu’avant quelques mois encore rien n’est gagné. Mais ce petit « il vit sa vie, ça ne le dérange pas, vous voyez » « oui, c’est vrai, il est fort ».

Les ps du 25 août 2014 :

Une énorme pensée à Zelda en ce jour !Tresses tresses tresses ! Que dire… Zelda, je te promet qu’on peut revenir du néant. Mais pour le moment, rien ne te donnera envie de vivre pendant un temps. On est là… dans les pensées, et bien plus. Des câlins de « réconfort » virtuels.

Et pour finir un clin d’oeil pour je l’espère clôturer ces 25 août… que la roue tourne pour chacun et chacune… pour nous avec !

images3.jpeg

La vrai recette du Ti’punch contre Ti’bout                              

  • Mêlez de l’Espoir et de la Patience. Ajouter de l’Attente, de l’Angoisse et de la Peur. Adjoindre un zeste (énorme) de Chance. Mélangez, remerciez, savourez… ❤         
  • Et n’oubliez pas de transmettre la recette, surtout le zeste (énorme) de Chance, à tous ceux et celles qui attendent de se délecter du nectar si précieux de la Vie… Hope hope hope…
  • Et pour ceux et celles pour qui le verre est tombé et s’est brisé, aidez les à se relever de cette abîme… en leur espérant des jours apaisés et où d’autres nectars seront goutés (même si aucun d’eux ne remplacera jamais l’absence du nectar attendu dans leur coeur). Hope hope hope…

Une Grande Nouvelle !

22 Mai

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous livre une grande nouvelle. Parce que durant ces 2 dernières années d’écrits (221 posts, j’en reviens pas!), désormais, vous faites partie de ma vie, que je vous ai déjà parlé de tout ceci ici et ici (vous avez ma confiance, plus que certains proches, si vous saviez…), et que les grandes nouvelles, on a envie de les partager avec ceux et celles qui nous épaulent et nous soutiennent, notamment dans les épreuves de vie ! 

12 années…

12 années de justifications annuelles diverses, originales et variées ! (Y’en a qui font preuve d’innovation et d’inventivité, c’est assez exceptionnel dans le formel et l’informel!)

12 années de Préfecture tantôt adorée (c’est arrivé 2 fois que l’on tombe sur une perle, merci à elles deux de nous avoir considérés comme des gens identiques à elles) souvent détestée (là, c’est inutile de compter)

12 années de titre de séjour annuel, entre étudiant et vie privée, et ‘seulement », car nous avons eu l’immense chance d’être exemptés des démarches liées au titre de séjour salarié (étant donné que le statut vie privée autorise à travailler), lesquelles sont impressionnantes de bâtons dans les roues tant pour les futurs salariés, que pour les entreprises.

12 années ponctuées de récépissés trimestriels suite au dépôt de dossier empêchant entre autre de rassurer un employeur, de convaincre un propriétaire, d’obtenir un prêt pluriannuel (là, notre banquière s’est plantée, car elle ne pensait pas qu’un Dr puissent être en titre annuel, ben si…), et de voyager librement durant quelques mois dans l’année (avec la crainte du coup de ne pouvoir retourner dans la famille en cas d’urgence, ce qui se passa lors de certains décès ou événements où son absence était cruelle…)

12 années de timbres fiscaux (variant de 100 à 400 €) et surtout et avant tout de paperasses annuelles (bon, ben là c’est toute ta vie privée qui est décortiquée : impôts, relevés de banques, logement, employeur, motivations, etc etc…) (si un jour on adopte, on est rôdé)

12 années de rendez-vous pour prendre un rendez-vous (non, non, c’est pas une blague), d’attente dehors à partir de 4h du mat’ pour les premières années, d’attente debout durant 2 heures dans les couloirs du sous-sol de la Pref’ pour les années du milieu (amélioration dans notre région ! je compatis avec les régions qui ne connaissent pas encore cette chance), d’attente durant 1 heure 30 pour l’ouverture du guichet par la nana en train de ranger ses stylos et papoter avec sa collègue devant tout le monde (véridique, ça a duré 25 minutes chrono) et alors que les vieux ne tenaient plus sur leurs pieds (ça c’était en février dernier).

12 années à faire profil bas face aux remarques désobligeantes par crainte que l’employé(e) ne fasse trainer le dossier de renouvellement annuel (soit ce qui nous est arrivé en 2008, parce que le gars était un crétin fini, du genre qui se croit plus permis et plus haut que tout le monde, qu’il regardait mon homme avec dédain, qu’il a douté de ses capacités d’études (des mots blessants et avilissants), qu’il a douté de sa thèse à venir (alors qu’il ne comprenait pas un seul mot de l’intitulé), qu’il a mis en cause ma présence puisqu’il n’y avait pas besoin de moi étant donné qu’il s’agissait d’un titre étudiant et non de vie privée (j’accompagnais juste mon copain quoi, et rien ne l’interdit), que j’ai répondu à une de ses remarques basses, que j’aurai pas dû, que mon homme m’en a du coup voulu, et j’ai compris pourquoi après (c’est là que j’ai compris qu’il fallait juste se taire et encaisser face à des décideurs désobligeants, car comme ils ont le pouvoir de décider (ils ont ton dossier entre leurs mains), ils peuvent bien bien bloquer)… Je n’aurai pas dû car au final, grosso modo, il s’est passé qu’on s’est tapé 9 mois de récépissé pour obtenir un titre de séjour annuel, qu’il n’a donc pas pu retourner voir sa famille alors qu’il y avait des événements importants qui ne se passent qu’une fois dans la vie, que tous les revenus ont été bloqué durant 9 mois (du fait du récépissé lequel signifie que le dossier est à l’étude mais ne peut pas être considéré ni comme accepté, ni comme non accepté), et que nous avons eu des problèmes pour accéder au logement (des propriétaires qui, je le comprend, ne comprennent pas ce que tout cela signifie, et qui du coup trouve cela suspect, alors que le dossier est juste en court de traitement)… du coup, tu fais comment pour vivre ?… et en plus, mais bon bien moins grâve comparativement aux blocages IRL, le ah ah ah est qu’une fois le titre obtenu, il était obsolète 3 mois plus tard (car le titre valable 1 an est daté au jour de la demande, soit le jour où on te donne le récépissé, dans ce cas ci, soit 9 mois plus tôt), or il faut commencer les démarches 3 mois avant la fin du titre (ah ah ah!) pour le suivant… donc, cette année là, merci le crétin pas pro du tout du tout et qui faisait valoir ses préjugés dans son boulot, sache qu’ensuite, coup de bol, on ne l’a plus jamais eu, et que chaque année on avait peur de retomber sur lui) (bref, c’est arrivé une seule fois, certes, mais ce n’est pas censé arriver tout court, concrètement on a risqué une séparation cette année là, pour cause de bâtons dans les roues mis sur notre chemin et fait pour nous décourager (cf tous les obstacles cités avant et leurs conséquences sur les sentiments de mal être, de se sentir rejeté, de ne pas voir le bout, de sentir que jamais on ne sera accepté, que toujours il y aura des ennuis…)) Les épreuves, ça renforce les couples, ou ça les brisent, dans le même registre, la pma nous le montre tant aussi… malheureusement je pense que là-dessus vous savez tous et toutes ce dont je veux parler.

12 années à connaitre sur le bout des doigts la législation et le Ceseda, à flipper chaque année d’un retournement de situation, à décortiquer l’ensemble des lois proposées, en cours ou votées, à expliquer à nos proches qu’entre le discours, le montré (merci les médias qui montrent bien trop souvent les anecdotes plutôt que la majorité des réalités) et la réalité, il y a une gamme de nuances impressionnantes ! (toujours vérifier les dires, toujours! ne jamais rien prendre pour acquis, jamais!)

12 années sans pouvoir aller vivre un temps à l’étranger (ce qui a notamment fait bloquer le post-doctorat) au risque de ne pouvoir revenir sans que cela ne soit (très) compliqué

12 années à penser chaque année aux lois qui vont tombées… et donc… 12 années de poids sur la tête…12 années… c’est long 12 années à prouver à autrui sa vie chaque année

12 années incluant avant tout et surtout…

8 ans de bonheur ensemble ❤ ❤ ❤ !

5 ans de désir d’enfant

4 ans de mariage ❤ ❤ ❤ !

3 ans d’attente de mini-nous

2 année en PMA

3 merveilleux mois avec nos jumeaux partis trop tôt

et chaque année ce petit rappel à l’ordre préfectoral

et enfin… ! enfin !!!

Enfin un poids en moins pour chacune des futures 10 années !

Enfin !!!!!

Enfin La Carte de Résident !!!!!

Alors que nous l’attendions pour la fin de l’été ou le début de l’automne, aujourd’hui, la boite aux lettres contenait une enveloppe écrite par mon homme, cette même enveloppe timbrée au format 11×22 que nous avions jointe au dossier.

En la voyant, mon cœur a palpité, ma tête a pensé « pourvue que ce ne soit pas une pièce supplémentaire à fournir et qui allongera encore les délais, c’est trop tôt, c’est pas possible, c’est pas possible, c’est surement un truc qui va pas encore une fois » (le jour du dépôt du dossier, dans la liste des documents à fournir il y avait un oubli de leur part, j’avais dû poser mon aprem’ en urgence pour aller récupérer le doc et le déposer au plus vite. J’avais réussi à négocier le dépôt du document manquant au guichet (donc 1h30 d’attente debout) et non par courrier, car la dernière fois ils avaient perdu notre courrier (oui, il y a quasi toujours un doc non demandé à fournir en plus de manière informelle), et nous avions reçu l’enveloppe avec un papier « veuillez fournir le doc untel » (soit celui qui avait été perdu). On s’en souvient bien, comme à chaque fois, car la conséquence est clair : ça traine 3 mois de plus, et donc 3 mois de plus de récépissé. Bref, par expérience on sait bien que dans cette enveloppe c’est la moitié du temps un souci, la moitié du temps le tout est ok. Alors, en voyant cette enveloppe, ce sont les deux émotions qui me submergent : qu’y a-t-il dedans ? Du bon ou du mauvais ? (Punaise on dirait que ça fait penser aux fois où on ouvre les enveloppes avec les résultats d’examens pmesques).

J’ouvre l’enveloppe, et là, sur un tout petit bout de papier, une somme à 3 chiffres, et… Et !!! Enfin !!! Une invitation à se rendre à la Pref’ pour venir chercher La Carte de Résident de 10 ans !!! Enfin !!!!

Enfin !!! Après 12 années de preuves, de légalité, de RAS, et 8 années de vie ensemble, enfin, la voila ! Enfin, enfin nous n’avons plus rien à prouver pour les 10 prochaines années !!

C’est un événement ! Un grand événement ! Mes quelques proches qui ont connu ou connaissent la signification du statut de résident sont de suite au courant ! Les applauzes pleuvent ! Une reconnaissance ! Le signe d’une roue qui tourne pour la suite ?!…

Concrètement ? Que cela change-t-il ?

Cela ne changera pas : ni les préjugés, ni les discriminations à l’embauche, ni les blocages dans certains lieux, ni les réflexions idiotes et sans fond aux conséquences parfois désastreuses, parfois non significatives, etc., cela ne changera pas le regard de « hiérarchisation des individus » de certains, dans notre contexte cela ne changera pas grand chose d’un point de vue accès légal au travail, cela ne changera pas ceux qui pensent que sa vie ici nuit à la leur, cela ne changera pas ceux qui croient encore que nos droits ne sont pas les mêmes que les leurs, cela ne modifiera pas la pensée binaire du « tu bosses, t’es coupable, tu bosses pas, t’es coupable », cela ne modifiera pas les actes de ceux qui décident avec leurs pensées figées et à œillères, cela ne nous fera pas plus accepter par ceux qui préféreraient que nous aillions voir ailleurs, cela ne donnera pas droit au vote, ni au déplacement hors Schengen (RU notamment), ni aux facilitations pour les visas à l’étranger, cela  « lol » ne changera pas les couleurs de nos peaux, ni les obstacles qui y sont parfois liés et que j’ai cité.

Mais cela changera : le petit truc derrière la tête qui fait qu’on ne peut pas ne pas y penser, cela va nous enlever un poids, un poids vécus pendant 12 années, celui des démarches annuelles, celui des scrutages de justification de notre vie (sachant que cela peut aller jusqu’à une vérification de la présence d’objets personnels et intimes de chacun de nous deux chez nous, cas rare, mais légalement possible), celui des peurs annuelles de durcissement législatif, celui de l’impossibilité de se ressentir d’égal à égal car chaque année tu es de nouveau jugé… Cela va aussi permettre de participer au conseil des résidents si cela est désiré… Cela va permettre de pouvoir partir voir la famille à n’importe quel moment de l’année… Cela va permettre d’envisager une employabilité dans une autre pays si cela s’avère nécessaire (compte tenu des déjà vécus « cela ne va pas » cités plus haut), sans crainte de ne pouvoir revenir ici, dans mon pays, notre pays de résidence et le pays pour moitié de nos futurs enfants (Oui, je l’ai écrit car le sentiment que le Chemin des Possibles est ouvert là maintenant dans mon esprit, qu’un vent de liberté y souffle, et que je sais que ressentir « les enfants » en étant en PMA est un sentiment éphémère, alors oui, je le note, car c’est beau et bon d’y croire et de l’entrapercevoir!)… Bref, et bien d’autres ressentis encore… C’est un énorme poids en moins que de passer d’annuel à dix ans ! Une lumière plus durable et concrète ! Un avenir qui voit plus loin sans craintes d’obstacles légaux possibles (car on ne sait jamais comment les lois peuvent changer) !

Sincèrement, pas un seul instant ni lui ni moi, n’avions pensé ressentir autant d’émotions envers ce papier ! Ce n’est finalement qu’en vivant les choses qu’on les ressent. Depuis le temps, ce si long temps, nous savions et envisagions ce moment, nous en connaissions tous les impacts concrets, mais les ressentir, c’est autre chose. C’est beaucoup plus fort, c’est beaucoup plus intense !

Notre vie ne sera pas plus belle demain, elle aura une légitimité identique à celle actuelle, mais non plus juste pour une année renouvelable chaque année, cette fois-ci c’est pour 10 années !!! Un poids de 10 ans en moins, c’est déjà ça de gagner !!!

La prochaine fois qu’on ira donc à la Pref’, cette fois-ci, ce sera pour aller chercher La Carte de Résident… Et puis… ensuite… la prochaine fois qu’on devra y retourner, qu’à nouveau on devra prouver notre vie sociale, économique et privée, ce ne sera pas avant 10 années !!!!!

Jolie, immense, magique surprise de cette journée qui restera gravée ! Surprise amplifiée par le fait que nous ne l’attendions pas avant à minima la fin de l’été. Les 12 dernières années, et mes 8 dernières, nous ont appris que la durée d’étude du dossier est à minima de 3 mois, la moyenne étant entre 4 et 6. Et cette fois-ci ! Pour cette reconnaissance en tant que résident (et non plus séjournant), cela n’a pris que 2 mois ! Quelle rapidité, c’est une première ! On ne s’y attendait pas !

C’est donc à distance que nous avons appris cette belle nouvelle ! Cela se fêtera dignement lorsque nous serons ensemble ! Alors est-ce un signe ? Celui du cycle de bonnes nouvelles en marche ? On l’espère !

PS 1 : Et… face à ce grand soulagement, je pense aux proches, à ceux qui ne connaitront pas notre chance, à deux de mes amis notamment. Promis, je continuerai à ne pas oublier, à faire connaitre et à accompagner.
PS 2 : J’imagine très très bien que pour celles et ceux qui ne connaissent pas tout cela (et tant mieux) ou pour ceux et celles qui n’en entendent parler que par le biais des dires et des médias (qui raccourcissent, voire parfois stigmatisent, les réalités… tout comme parfois pour la PMA), c’est du charabia, c’est pas clair, c’est pas concret. Si je vous raconte tout cela, c’est certes pour vous transmettre notre soulagement, mais c’est aussi parce que je sais que vous ressentirez mon enthousiasme et que cela vous fera comprendre que c’est un grand jour ! Et si vous souhaitez comprendre un peu mieux ce qu’est donc in fine une carte de résidence, je vous ai sélectionné les docs suivants : doc 1 (en bref), ou doc 2 (en bref bis), ou en wiki (mais pas sûr que ce soit actualisé), ou celui-ci avec les différents titres et problématiques.
En résumé : « Pour ceux qui bénéficient déjà d’un titre de séjour temporaire et qui souhaitent s’installer durablement en France, l’étape suivante est l’obtention d’une carte de résident de 10 ans. Par la stabilité administrative qu’elle procure, elle est le seul titre de séjour qui permette réellement d’avoir des projets d’avenir. En effet, il est extrêmement difficile d’obtenir un logement, un contrat à durée indéterminé ou un prêt bancaire avec un titre de séjour d’un an. D’après la loi actuelle, ceux qui possèdent en France des attaches extrêmement solides ont théoriquement le droit d’accéder à la carte de résident »

Plus que 10 jours.

13 Mai

Décidément, je n’aime pas cette pause. Très certainement parce que c’est une pause qui fait passer de technique A (stim’) à technique B (iac). J’ai hâte de refaire des piqures, voire des prises de sang, mais pas hâte du tout du tout de refaire des échos et autres examens gynecos. Une vraie droguée.

Le gros point positif du moment : plus de pikouzes, plus d’acné. Le gros point négatif : patienter (sans Chérid’A à la maison, sans projet pro concret (ils se cassent la tronche, m’enfin rien n’est encore joué), avec une collègue enceinte dans le bureau en face, et l’ensemble des collègues parents désormais… vive les discussions enfants ou enfants ou bébés à la pause du midi, entre deux discussions pro, etc… mais bon, je fais diversifier les sujets, et suis assez douée).

Me morfondant donc devant mon pc (en mode pffff l’attente et sans inspiration lumineuse), j’ai été jeté un coup d’oeil sur mon maxi (perso) calendrier excel. Celui-ci est composé de j1-prévision iac-stim’ échouées passées-distance avec mon homme-billet de train-rendez vous tafesques-jours fériés-etc.

calendrier

Grâce à ce calendrier (je suis quasi certaine que toi aussi tu en as un !), l’iac à venir est calée pour la semaine du 10 juin.  Ça a du bon d’être OPK en longue aménorrhée quelquefois, car « grâce » à ces foutus OPK, je peux commander mon démarrage de j1… et donc mon IAC ! Et donc là ! Que vois-je aujourd’hui ! Enfin un truc positif ! Plus que 10 jours !

Savoir qu’il ne reste plus que 10 jours me met (enfin!) en joie ! Dans 10 jours, l’opération IAC 2 bis (ouai, direct du 2 bis pour la compta sécu), équivalente à l’opération C4#G2, va se lancer !!!

Au programme (si le j1 ne me fait pas une surprise avant) :

dans 10 jours : reprise du duphaston !!

– dans le même temps, afin de repartir en iac : (spermo + pds) pour l’homme + (pds + prélèvement) (vérification que l’uréaplasma de nov/décembre s’est fait la malle) pour moi.

– dans 10 jours + 10 jours : fin du duphaston !

– dans 10 jours + 11 ou 12 jours : j1 !

– dans 10 jours + 11/12 jours + 8/16 jours : IAC 2 bis !!!

– dans 10 jours + 11/12 jours + 8/16 jours + 15 jours : J’espère satisfaire mon homme (et moi même) qui me glissait à l’oreille avant-hier « j’aimerai qu’on soit coincé chez nous cet été »… que des déplacements vacanciers loins au (grand) soleil soient niet de niet… que les rêves et projections abondent de nouveau en concret.

J’ai eu (et ai toujours) du mal à avaler le coup du mal expliqué, le coup du on repart en iac, le coup du le mode d’obtention de G1 n’a pas marché pour G2. Malgré tout, il faut digérer et avancer. C’est un peu comme si je me sentais sur de nouvelles lignes de courses, en train d’attendre que le starter parte, et après avoir testé et épuisé les lignes d’à côté.

Je m’apprête donc à tester cette nouvelle ligne, en espérant qu’elle soit plus efficace et porteuse de rêve, et me permettra de franchir la ligne d’arrivée.

J’espère que le top départ n’aboutira pas à une longue endurance sur la ligne des iac. Si ça peut marcher dès la première, je suis open.

Je sais cependant qu’il faut mesurer les espoirs tout en les maintenant bien haut tout de même. C’est le prix à payer en PMA : espérer toujours et fort, avec endurance et persévérance, sans se casser la tronche trop violemment sur le pavé. Alors, on va placer l’espoir bien haut et le cultiver, tout en mettant des tapis et coussins moelleux sur le pavé.

Affaire à suivre comme on dit. Plus que 10 jours à l’esprit !

ligne

A quoi ça rime et la réputation des infertiles

8 Mai

Ayant un peu de mal à écrire (et puis à relire ma tartine, ben finalement non… c’est donc en écrivant que ça sort), souhaitant passer les dates des « 1 an » le plus sereinement possible, venant juste de passer la date des un an du 6 mai, vous vénérant vous les blogeuses/eurs plus que blogeuses/eurs pour vos mots et appuis, Merci !

Étant en « pause » ce cycle-ci (examens en fin de mois), discutant IAC2bis-C4#G2 à venir (c’est pas un code secret… c’est un code bien clair pour les pmettes… et un gros clin d’oeil à Kaymet) et réfléchissant à la proposition FIV de gygy avec Chérid’A « pour en finir » (au sens se mettre un grand coup de pied pour avancer), venant de me prendre une annonce redoutée au boulot (de ces annonces qui vous rappellent l’injustice et qui vous font sentir extraterrestre, vivant dans un autre monde et écarquillant, ébahie,  les yeux bien grands devant la facilité de procréation de la plupart des humains (mais comment font-ils, c’est hallucinant de simplicité?)), me questionnant un peu mais pas trop (mais beaucoup plus depuis ce soir car je suis désormais cernée) sur les questions boulot et notamment la compatibilité non foireuse du plan C IRL avec la PMA (boulot aux 4 coins du monde de 3 à 4 mois par an non cumulés: si techniquement ça passe, aurais-je la tête libre pour assumer?)… Verdict méthode Bounty : je fonce dans le tas, et ensuite si des choix sont à faire, on les fera.

Me questionnant sur ces jolies jeunes années d’insouciances et de projets envolés… ben voila, y’a des jours d’énième annonce comme aujourd’hui où je me demande à quoi ça rime de vivre à distance en étant en PMA et de dépenser tant d’énergie pour des espoirs professionnels et personnels non garantis, et qui plus est, de plus en plus éloignés des projets qui nous faisaient vibrer ? « Patience, patience, ça viendra » je me dis. Pourtant y’a des jours comme ça où l’envie de tout plaquer (sauf le Chérid’A) est pas bien loin, et en même temps c’est un vieux réflexe ou plutôt une vieille habitude, car j’ai bien souvent fonctionné ainsi. Y’a qu’à voir mes lieux de vies des 10 dernières années, et encore je suis soft comparée à mes anciens camarades de promo, vraiment ultra soft. Je n’ai pour ainsi dire jamais été aussi stable qu’aujourd’hui, bientôt 3 années sans bouger et vivre ailleurs, s’en est flippant. Ah elle est loin l’insouciance de notre rencontre autour d’un Ti’punch à FriteVille (t’en fais pas, ça va). Bref, y’a intérêt que ça marche, jvous le dit… wanna be free

Well, well, well étant dans un état d’esprit d’attente de fin de pause (so classic), tout en faisant d’autres choses, je vous lis et je fais le tri des nombreux brouillons et articles mis de côté depuis l’ouverture de ce blog. Et ce soir, je suis tombée sur cet article qui dans son intro m’a fait penser au post de Petit Oeuf. Un témoignage si bien dit que je l’avais mis de côté en mode brouillon depuis novembre 2012. Un écrit où je lis mes mots-clés, autant ceux de mon taf’ que ceux de ma condition d’infertile : vulnérable, préjugés, ignorance, blessures, épreuves… Étrange que de lire et vivre pour soi-même les mêmes états que ceux que tu aides au quotidien. Étrange.

Voici donc ce post. Il vient de ce blog-ci.

La réputation des infertiles

Qui n’a jamais entendu parler de “bébé-éprouvette”, de ces femmes enceintes de septuplés après des traitements de fertilité, de cette mère porteuse qui décide de garder l’enfant qu’elle portait pour un couple infertile qui lui faisait confiance… On entend parler des histoires sensationalistes, des extrêmes, de ce qui fait vendre des journaux.

On utilise la grossesse et les fausse-couches comme éléments dramatiques dans les soaps, on associe (à tort) fécondation in vitro et clonage. On confond insémination et FIV, on banalise les divers traitements, on réduit les problèmes de fertilité à un problème d’âge ou de stress. On prend les infertiles pour des freaks désespérés. On nous donne une réputation avant même de nous connaître.

Avant de me savoir moi-même infertile, je faisais partie de cette masse qui se demandait comment un couple pouvait en venir à miner leur santé avec des tas d’injections, dans le seul but d’avoir un enfant. Je ne connaissais rien aux courbes de température, au citrate de clomiphène, à l’effet du sirop contre la toux sur la glaire cervicale. Des termes comme hystérosalpingographie, laparoscopie et anovulatoire ne me disaient rien.

Bien sûr, je connaissais, de près ou de loin, des femmes n’ayant pas eu d’enfant, mais je ne me posais pas plus de question. Comme bien des gens, ce que je connaissais de l’infertilité se résumait à ce que je lisais dans les journaux et voyais aux nouvelles. Ça ne touchait que quelques couples malchanceux qui devaient utiliser des moyens extrêmes pour devenir parents.Puis est venu le diagnostic. Ont suivi les traitements, les échecs, les lectures, les questions, le stress, la rage, l’espoir mêlé d’impatience.

Et j’ai appris. J’ai lu tout ce qui me tombait sous la main sur l’infertilité, sur les traitements possibles, sur les causes, les raisons, les trous dans les études, les solutions. J’ai fréquenté des forums où j’ai rencontré des femmes comme moi. J’ai lu des blogues, j’ai découvert un univers complet de femmes vulnérables, remplies d’espoir, malgré les blessures. Et j’en suis quelque peu venue à faire de l’infertilité ma cause. Je tenais à défaire des préjugés, à abolir des tabous, à cesser l’ignorance.Car non seulement les couples infertiles sont aux prises avec les épreuves physiques, psychologiques et financières qu’engendre l’infertilité, ils doivent aussi faire face à l’ignorance et la maladresse de leur entourage.

Demandez-leur combien de fois on leur a raconté l’histoire de cette voisine, de la soeur de la coiffeuse ou de cette collègue qui, après avoir essayé pendant des années, a décidé de laisser tomber et s’est retrouvée enceinte par magie. Demandez-leur combien de fois on leur a conseillé de relaxer et d’arrêter d’y penser. Demandez-leur tous les trucs et astuces qu’on a cru bon leur véhiculer. Demandez-leur si tout ça les a aidés. Et ils vous répondront non.Même s’ils sont empreints des meilleures intentions, les conseils non solicités ont rarement l’effet voulu.

Ça nous ramène à notre propre échec, à nos propres problèmes. Ça nous rappelle que ça fonctionne pour d’autres, mais pas pour nous, ce qui nous fait sentir encore plus inaptes. Même si certaines histoires inspirantes peuvent nous donner espoir, bien souvent, celles prises à la légères, comptées sur le coin d’une table entre deux bouchées, nous donnent l’impression que notre douleur n’a pas raison d’être, qu’elle est futile. Se faire dire qu’on est “juste pas dûs”, c’est comme nous dire qu’on ne le mérite pas encore, alors que tant de gens qui ne devraient jamais être parents le deviennent. Méfiez-vous, les infertiles ont un don pour aller chercher le sens caché de chaque phrase qu’on leur lance. Ils reconnaissent le bon sentiment qu’il y a en arrière, mais ils ne peuvent passer à côté de la pointe qui s’y cache.

Ce que nous attendons de notre entourage est pourtant simple: de l’écoute et de la sensibilité. Nous avons besoin de valider nos émotions, de savoir qu’elles sont justifiées. Nous savons ce que nous avons à faire, nous n’avons donc pas besoin de conseils. Si vous ne savez pas quoi dire, soyez honnête. Nous préférons entendre un “je ne sais pas quoi te dire, mais ce que tu vis me touche” qu’un conseil maladroit et surtout, non demandé. Si des couples infertiles préfèrent ne pas en parler, respectez-les. C’est parfois une peine qui se doit d’être vécue dans l’intimité, à l’abri des jugements et des morales.Je ne peux changer le monde à moi seule.

J’aimerais par contre changer la fausse réputation des infertiles, faire tomber certains clichés, faire parler de l’infertilité, faire avancer les choses, aller chercher la reconnaissance qu’il manque à tant de couples aux prises avec cette douleur si taboue. Mais j’ai besoin de vous, besoin de ce médium pour faire connaître les autres facettes de l’infertilité, celles cachées derrière toute la médiatisation mal dirigée, celles qui sont la réalité de milliers de couples au Québec, de plein de gens autour de vous qui pleurent en silence l’enfant qu’ils espèrent, mais qui ne vient pas.

La réalité des ces couples qui attendent, de ceux qui passent sous le bistouri, de ceux qui prennent des médicaments, de ceux qui espèrent et désespèrent, de ceux qui vont jusqu’au bout avec la FIV, de ceux qui font des inséminations, de ceux qui ont recours au don, de ceux qui recevront des injections, de ceux qui sont à cours de ressources, de ceux qui n’osent plus y croire, de ceux qui veulent toujours y croire. Soyez sensibles, soyez à l’écoute et ne vous laissez pas aller dans les conseils et les “j’ai entendu l’histoire d’une fille…” On l’a tous entendue cette histoire. C’est la nôtre qui compte pour nous. Écoutez-la.