Tag Archives: DPO

Ne pas vouloir savoir. [+ Edit]

26 Juin

D’abord je voulais vous remercier toutes, vous êtes de véritables, jolies et admirables bouées de secours, amies, cops’ de galères et de grands bonheurs partagés.

Comment vais-je ? La tension hors PMA est toujours là, et n’arrange pas la PMA, ni la date anniversaire. Je reste à fleur de peau, mais ça va mieux.

Hier ma gynéco classique m’a prescrit un traitement pour deux mois, ainsi que des compléments alimentaires, ma vitamine D étant un peu en-dessous des normes. Elle m’a également prescrit un bilan pour la thyroide que je ferai en même tant que le BHcg.

On a discuté, je lui ai fait le recap’ depuis l’automne, je ne l’avais pas vu depuis. Je lui ai parlé des bas du moment, elle m’a dit que « dans ce contexte comme voulez vous qu’une grossesse soit possible, pensez à faire une pause, vous saoulez, sortir, dansez, vous amusez, revivre ». J’ai répondu un peu. Que ma moitié vivant ailleurs, c’est pas si simple de faire tout cela, et que les pauses (kystes, post-fc) j’en ai assez : la preuve étant qu’en 2 ans passés en PMA nous n’en sommes qu’en IAC. Je sais bien que l’on a avancé depuis, mais aussi reculé (retour en stim’ post-FC), pour ensuite de nouveau avancer.

Pour la première fois, je n’ai pas relevé le fameux et indétrônable « j’ai suivi une femme en FIV, ça n’a pas marché, elle a tout stoppé, elle a revécu, et a aujourd’hui elle a un enfant ». Pour la première fois, je n’ai pas dit « je suis heureuse pour elle, c’est formidable, mais quelle part de couples pour qui la PMA n’a pas marché represente-t-elle ? combien accèdent à ce miracle ? ». Je n’ai pas relevé que dans la bouche d’un médecin qui plus est, une fois encore, on fasse fi des laissé-pour-compte du désir d’enfant jamais venu sur Terre. Je sais bien que c’était pour m’encourager, pour me dire de souffler, mais bon, ça ne me touche pas cet argumentaire, c’est même culpabilisant parfois.

Je n’ai rien dit, car je veux bien croire en revanche que ma fatigue actuelle et l’épuisement lié aux rebondissements de la semaine dernière affecte mon corps physiquement (genre baisse d’immunité…, une de ses explications quant aux récidives des désagréments actuels). Et à partir de là, je veux bien croire que physiquement les conditions d’une grossesse ne sont pas réunies. Mais de là à dire que le psychologique empêche fécondation, accroche et grossesse, il y a un fossé tout de même.

Néanmoins, ce n’était pas méchant, elle ne savait que faire, elle était touchée. (Forcément quand t’arrive en disant « j’en ai marre, les désagréments ont repris, j’ai été 6 mois tranquille, je veux juste un enfant, et en plus actuellement notre contexte est compliqué », c’est cash. Je ne suis pas diplomate, je le sais. On m’aime ou pas aussi pour cela, un défaut étant souvent aussi une qualité ;-)).

Donc voila, j’ai une ordonnance gynéco de plus. Une petite prise de sang. Et zou, j’espère basta. Vous pensez qu’un jour nous n’irons plus chez la gynéco qu’une fois par an ou par deux ans ? Ça semble loin et fou !!!

Du haut ce cette fatigue, et surtout du fait que Ne pas savoir a du bon… finalement, la prise de sang ne se fera pas demain comme prévue. Elle se fera samedi.

Je m’étais trompée de date en vous indiquant un résultat le vendredi 28… or demain, nous serons le 27 comme ILCG me l’avait fait remarquer. Il était prévu de faire la prise de sang (obligatoire) demain matin, de bosser toute la journée, d’aller chercher l’homme à GrandeVille, de revenir à FritesVille (laisse tomber, j’adore rencontrer des nouvelles personnes, et le covoit’ c’est tip-top pour moi, alors quand y’a des occasions, je les crée), de rejoindre l’appart’, d’allumer le PC autour de 23h-00h est de lire les chiffres redoutés.

Mais finalement, d’un commun accord, fatigue et superstition oblige (on devient stupide en PMA… on s’accroche au petits riens…), nous ferons la prise de sang le 28, soit samedi. Nous irons ensemble au labo, puis nous irons ensemble chercher et lire les résultats, tout comme la fois où cela a marché.

Superstition à la con parce que bon, initialement c’est moi qui me suis trompée, que vous me l’avez toutes souhaité à cette date, que l’homme souhaite reproduire le même schéma que la fois où ça a marché, que ça me va aussi car dans tous les cas cela clôturera cette IAC 2 démarrée en avril 2013, et surtout que j’ai vraiment mais alors vraiment pas envie de savoir.

Voila donc les nouvelles, vous êtes autorisées à continuer les croisages ! Et je vous remercie toutes pour tout ce que vous me donnez ! Merci ❤

EDIT : DNLP est cynique.

Tu connais la meilleure ? Ou plutôt tu connais la dernière ? Ben voila, après le taf’ qui marde gravissimement, les big problèmes qui vont avec, l’iac qui révélera son résultat demain, les un an de la perte de ma grossesse le 1er juillet, ben devine quoi… c’est pas fini… ce soir alors que j’apéro-réseautais avec ô surprise une femme enceinte de 6 mois (pourquoi réseaute-t-elle donc, ça sert à rien là), ma moitié en coloc’ avec 1 couple et 1 mec depuis début juin vient d’apprendre que la nana du couple est enceinte. Ils discutaient crèches&co.Le havre de paix qu’est le chez-soi est désormais dead.

Voila, voila. Donc, si on récapitule, mon homme et moi sommes à distance, en PMA, avec des foutages de gueule tafesque, avec option je-ramène-mon-baby-au-taf’ (j’y ai droit toute la sem’ prochaine, et lui y a droit tous les aprem’ puisque le boss va chercher son baby à la crèche puis le ramène au taf’), auquel s’ajoute des contenus de taf’ lolilesque (jte détaille pas, mais t’as compris qu’en ce moment autant pour lui que moi ça parle de gamins, de familles heureuses, de grossesses, de naissances… et toussa avec collègue enceinte en option… qu’est ce qu’on se marre…), et le clou du spectacle made in ce soir est que sa coloc’ est enceinte (histoire de bien lui retourner le couteau dans la plaie lorsqu’il rentre seul chez lui le soir). Y’a plus de répit. Elle est pas cynique et provocatrice la vie ?!?!!!???? Le bouton pause il est où ?!!?!!!!? Y’a intérêt que demain soit un autre jour, un grand bonheur et le début d’une belle histoire.

Tenir sur un fil.

24 Juin

Plus la date des 6 cm de bonheur partis approche, plus la tension monte.

Plus une seconde grossesse tarde à venir, moins j’y crois.

Plus le 1er juillet se profile, plus l’aigritude s’accentue.

Une gifle ce soir de plus. Des pleurs.

Pleurs de la situation qui est rocambolesque ?

Pleurs des hormones en chute ?

Pleurs de la date qui arrive ?

Pleurs pré-menstruel ?

Pleurs de lassitude ?

Pleurs de tout cela, mais pas de tristesse.

Et pourtant, je pleure rarement. Je ne le montre jamais. Que ce soit au bureau, chez la psy ou à la pma, nul ne m’a vu pleurer. Bien sûr les larmes qui montent, ça je le fais. Je n’arrive pas à lutter. Mais pleurer, ah ça non. C’est votre « privilège » et celui de mon homme. Un piètre spectacle (j’ai pas mis pitoyable Miss Pimpin ;-)). Les nerfs sont en pelote, les dpo n’arrangent assurément pas les choses.

Ce jour, ma collègue insouciante de rondeur obtenue si facilement affirme que les femmes sont des mères. Dans ses phrases, elle prend l’un ou l’autre des mots puisque c’est pareil. Personne ne tilte. Seul mon poil est hérissé, seules mes oreilles ont mal. Je dois être une brume, un voile, une absente. Ou alors je ne suis pas une femme. Elle n’a pas intégré ma remarque lexicale d’il y a un an et demi (ah ben tiens, c’était en dpo d’iac 1) : « Toutes les femmes ne sont pas des mères, ce seraient exclure les non-mères des projets que d’écrire cela, or on s’adresse à toutes les personnes de sexe féminin non ? ». Elle avait compris son erreur sur le coup. Et puis finalement non, puisque cette erreur subtile (que peut-être seule une infertile peut voir) réapparait. Elle n’a donc pas réellement compris que c’était vrai : que toutes les femmes désireuses d’enfanter (ou pas) ne sont pas mères. Elle a pris son cas à elle, celui des 90% de couples ou unions fertiles de cette planète, être enceinte c’est facile.

Ce soir, un courrier coup de massue. Coup de massue vu la tension qui monte, les out, la suffocation. Une histoire d’erreur de calcul pour les charges à payer (je les excuse ou pas? pas envie d’aller râler dans le vent, l’erreur est humaine n’est ce pas…). Finalement on aurait dû acheter une maison, pas un appart’, on aurait eu la paix. Un truc bête, si bête, juste un courrier et trois gros chiffres (je me demande pourquoi ils n’ont pas arrondis à quatre chiffres, c’était l’occas’), mais ça tombe trop trop mal. Et évidemment à verser pour le 1er juillet, décidément, elle porte la poisse cette date. En temps normal, sans la semaine passée et les dpo et le contexte, j’aurai pas sur-réagi. Ben là non, des pleurs de « y’en a marre ». C’est con hein. 

Demain, je vois ma gynéco de ville. Les changements hormonaux me refont des misères (« désagréments féminins » disons). Je n’avais plus de soucis depuis janvier, depuis l’antibio luttant contre l’uréaplasma. Trois cycles stimulés, et bim. Est-ce une reprise ? On verra bien. Y’a pas intérêt, tout était nickel pour le mois passé, ma gygy pma m’avait fait refaire les séros et prélèvements pour s’assurer qu’il n’y avait plus rien. Alors c’est quoi ? Le frifri est un terrain miné, il fait la tronche, y’a pas à dire.

Lundi, j’irai voir mon toubib-15-minutes-chrono et made in « vous avez pensé à adopter », et horreur du 3 juillet dernier « c’est mieux ainsi au cas où il y aurait eu une trisomie ». Je l’ai envoyé bouler ce jour là. Oser dire cela à une patiente. Suggérer que le handicap est pire que la mort. Qu’en sait-il ? L’est-il seulement ? A-t-il demandé à ces personnes ce qu’elles en pensaient ? Je lui avait fait remarquer son manque de neutralité, cette avis d’autorité, ce propos totalement déplacé, et l’avait rappelé à l’ordre quant à ma vie qui plus est. Il avait eu l’air bête et étonné de ma réponse. L’erreur de ma part est que depuis je n’ai pas pris le temps de chercher un autre médecin. Je fais au plus simple lundi du coup, j’ai besoin d’une boite jaune pour les pikouzes (la troisième), de zomig et peut-être d’un stop pour le 1er (arrêt que je n’aurai pas pris si cette journée n’était pas celle de la réunion annuelle où la collègue enceinte donnera une formation liée à l’éducation infantile et où les nouveaux nés des collègues seront présents pour être présentés… réunion où je serai l’unique non mère désormais… je pense que je mérite de m’épargner, vais-je le faire ? j’en sais rien, je verrai lundi soir chez le toubib’ et si son empathie est revenue depuis).

Je sais bien qu’avec ces posts moribonds je vais vous plomber. J’en suis désolée. J’aime tant vous envoyer de la bonne humeur. Mais bon, ainsi vas ma vie en ce moment. Sur un fil.

Plus que la PMA pour laquelle je suis consciente de toutes nos chances potentielles devant, d’autres poids s’ajoutent et la sortie semble si compromise. Vivre la PMA dans ce contexte ne va plus être bientôt possible, je le sens. Le moindre obstacle dont la solution ne dépend pas de nous devient plus lourd chaque jour, cela me fatigue tant moi que l’homme. Avancer tous deux pour aller vers où ? Plus les jours passent, plus les constructions (hormis l’Amour) passent de béton à sable. Combien de temps devant nous nous reste-t-il pour résister ? Il nous faudrait une lueur, une vrai.

J’ai toujours envie que l’on s’en sorte. J’ai toujours autant envie de vivre ensemble, d’être épanouis et de fonder une famille (et dire qu’on souhaitait 4 enfants… quelque soit l’issue, ne pas réaliser ce projet sera toujours douloureux). Je n’abandonne pas. Jamais. Mais peut-être faut-il que j’accepte qu’avoir tout cela est, par manque de bol, compliqué. Tout comme toi, je ne peux pas non plus ignorer que pour certains de mon entourage cela est facile, et que pour d’autres que je lis ici et ailleurs cela est si compliqué. Alors bon, on va encore Espérer, Agir et Patienter.

On a dit « Invincible et Immortelle ».

Et puis, et puis, le truc débile, c’est que quand je pleure le vert de mes yeux ressort plus encore et s’éclaircit. Être jolie en pleurant, contrainte et atout. Protecteur en tout cas.

Allez, d’ici fin juillet je pense que nous saurons Chérid’A et moi davantage à quelle sauce (piquante ? sucrée ? aigre-douce ? amer ?…) nous serons mangés. Tenir.

 

 

Que dire…

23 Juin

Que dire…

la chaleur !!! le soleil !!! ça c’est cool !!!

la fête de la musique c’est cool !!! même si ça n’enlève pas les soucay et que le week-end fut « éprouvant » émotionnellement

– voir une lointaine pote solo et sans enfant ce week-end et blablater de tout et de rien, ça c’est cool !!!

les dpo, c’est cool !!! surtout pendant les claques tafesques, comme ça « ça évite d’y penser » vu que les priorités changent et que le stress est déplacé

– les dpo 2 à 6 qui te font vivre les mêmes symptômes que lorsque t’étais enceinte (essoufflement, seins qui brulent, tiraillements autres que ceux du j1, fatigue), ça c’est cool !!! malheureusement s’en est suivi l’enclume tafesque, et depuis 7 dpo plus rien nada quedal depuis. Traduction : j’y crois pas un centime, et qu’on ne vienne pas me dire que les signes/pas de signes c’est n’importe quoi. L’an passé, je l’avais senti. C’était différent, j’étais différente. Là, je n’ai pas changée. Et j’aimerai surtout vous dire le 28 que je me suis carrément plantée.

– la psy pma (vu auj’, pas revue depuis septembre dernier), c’est cool !!! bien qu’elle était dépitée lorsque je lui ai fait tout le recap’ PMA, Life, Taf’. J’ai cru qu’elle allait pleurer. Moi quedal. Je n’ai pas de larmes, plus c’est dur, plus on vit les choses avec détachement. A sa question, « et le couple, comme ça va ? avec toutes ces tensions, vous y arrivez ? », que répondre… La stratégie de la survie est une stratégie limitée dans le temps ? ou La stratégie de la survie a plus d’un tour dans son sac ? Ou… « je n’en parle plus de tout cela aux proches, ni à ma famille, ni à mes amies, c’est difficile, on tient comme on peut, mais c’est difficile, notre situation est devenue taboue, je n’en parle plus, l’infertilité ça va bien 1 an, 2 ans, mais après… c’est parfois trop demander, les gens se fatiguent, alors plutôt que de risquer de me prendre de sales remarques, je me tais (sauf à belle amie avec qui j’ai repris la conversation sur ce sujet tout récemment) ». « C’est trop lourd ? » « oui, ça doit être cela ».

la belle amie vue ce midi, ça c’est super cool !!! son petit grandit grandit ! ses projets avec et je suis si heureuse pour elle ! un vrai soutien, une perle ! la perle des amies dans un parcours PMA ! peu de mots, pas besoin, je peux me confier à elle quand j’en ai besoin, inversement, c’est ça l’amitié !

– la rencontre « Taf’ & convivialité » dans mon domaine hypreultraserré la veille de la pds, ça c’est cool !!! sauf si une nana enceinte pointe son nez

– et enfin… la prise de sang vendredi matin dont on ne connaitra la réponse qu’à 00h00 !!! ça c’est cool !!! étant donné que l’homme vit à GrandeVille, et que je n’ai pas envie de vivre la lecture du 0 seule, j’irai le chercher, puis on regardera la nouvelle sur le PC.

De toutes les dpo, cette 10ème tentative en PMA est la plus ???? en terme de vécue dpoesque. Pas de stress, aucun psychotage. Le mot serait presque « je m’en fiche » et « indifférence ». Voilà ce qui me vient à l’esprit, même si tu sais et que je sais que ce n’est pas le cas. En tout cas, vu les autres contextes, je suis détachée. Ce qui ne veut pas dire que je suis insensible. Pour l’homme c’est tout l’inverse, il a besoin que cela marche après les enclumes de la semaine passée.

Et dans tout cela, il y a la date du 1er juillet qui arrive, et qui me fait mal. Je ne sais toujours pas comment je vais gérer cela, notamment au taf’ où ce sera une journée avec collègue enceinte et 2 nouveaux nés (coïncidence de marde n’est-ce pas). Il est possible que je sois malade ce jour-là. Voilà.

Date qui me questionne aussi, car si cette IAC n’a pas marché, cela fera 1 an sans grossesse avec le même nombre de tentatives (soit 5) que pour la première grossesse.

Bref. Je n’y suis pas. Je ne suis pas dedans. M’en fiche des dpo, et surtout j’ai pas du tout envie de savoir, ni d’aller faire cette prise de sang. L’inconnue me sied mieux. Pas envie de me prendre un mur de plus dans la face. Et pourtant, quoique je fasse, on saura, bien assez tôt, assurément.

Le post est pas très gai, mais ca va pourtant ! promis ! « On fait avec » comme on dit.

Pile poil l'ambiance.

Pile poil l’ambiance si t’imagines que dans le ciel y’a une enclume qui est en train de lui arriver en plein sur la tronche.

Dans la vie y’a des hauts et des bas…

19 Juin

C’est le titre d’une chanson. Une jolie chanson que j’affectionne. Une jolie chanson qui parle de moi, tout comme « Emmenez-moi » le fait si brillamment et puissamment, particulièrement en ce moment.

Malgré tout, cette chanson, elle n’est pas assez noire pour exprimer le contexte.

  • Dimanche 1er juin : Déboulement des rouges deux jours avant la fin du duphaston.
  • Lundi 2 juin : C’est parti ! Démarrage du puregon !
  • Du mardi au jeudi : Go dans le Sud pour le taf’ ! Ouf, pas assez chaud pour mettre à mal le Puregon ! Injections dans les trains et les bars…
  • Vendredi : De retour express à FritesVille. Re-départ pour GrandeVille pour y rejoindre ma moitié. La pikouze se fera sur l’aire d’autoroute…
  • Samedi : Balade, cinoch’, balade, eau, eau ,eau… fait une de ces chaleurs ! Aller-retour express à l’appart de Chérid’A pour la pikouze. Zou, clic clic clic, finish, on repart.
  • Dimanche soir : Ouf, de retour à FritesVille, la pikouze se fait au calme et dans des conditions tranquilles (pas de secousses de train, pas d’express entre deux sorties, pas de toilettes de bar ou d’autoroute, yes !).
  • Lundi : Monito 1
  • Mardi : Monito 2 (et une veine de perdue). Iac annulée / pas annulée ?!?!!!
  • Mercredi : Déclenchement à l’ovitrelle !!! Et ouf, IAC pas annulée !!!
  • Jeudi : Vive la grève… 5 heures de voiture aller-retour pour aller Chérid’A et ses gamètes.
  • Vendredi 13 : IAC !!! Étrange sensation. La dernière IAC datait de mars 2013. Gygy se marre jaune de notre situation quant à la grêve et tout le tutti « et dire qu’on vous dit qu’il faut ne pas stresser ? »…
  • Samedi, dimanche : Le stress (annulée/pas annulée + grêve) retombe. Beaucoup de larmes et beaucoup de rires. Beaucoup de fous-rire. Des Pingouins aussi.
  • Lundi : Annonce au boss que je dois annuler la lointaine mission de fin juillet (je serai en dpo si iac 3 existe, or gygy a finalement dit « pas terrible »… voila voila). Ça me crève le cœur. Je l’attendais tant. Mais j’ai notre priorité. Le boss fait la tronche. Heureusement, réception du magique SWAP qui fait du bien !
  • Mardi : Le clou du clou… Annonce de gros (mais vraiment gros gigantesques) problèmes de taf’ pour ma moitié. Stress majeur. On est possiblement dans la marde (mais vraiment vraiment). Si un jour on a un môme et qu’il veut faire de longues études, ben on l’en empêchera, découragera, fera réfléchir à 100 fois.

Moralité : Quand tu penses que tout est en bas, ben n’en soit pas si sûre, on peut creuser encore.

  • Mercredi : Stress + Stress + Stress + DPO = Craquage. J’ai noyé le poisson rit toute la journée au boulot, et fait rire tout le monde. J’ai bossé comme une dingue pour échapper aux pensées. Le soir venu, j’étais lessivée. Sont alors venues les pensées moribondes autour du 1er juillet dernier. Je pense à la Boite. La boite des échos des vivants et des morts. La boite des bodys et des anapath’. La boite au livre de grossesse et aux papiers des examens de la fin de leurs vies. La boite de l’écharpe de portage et des chaussons tout mimis. La boite à la déclaration de grossesse et de tout est fini. La boite qui contient nos deux coeurs partis.

Pourquoi en un an tout s’est effondré ? La perte de nos enfants. La perte de la vie à deux. L’emploi promis désormais menacé.  Y’a pas moyen qu’on perde tout : l’enfant, le boulot, la vie ensemble. Que va-t-il rester si tout se barre ? Là ça fait trop. Et de toute façon ce n’est juste plus viable.

Alors quand j’ai lu le post de Julys. J’ai souri de bienveillance et de tristesse pour elle. Je souhaite qu’elle comme toutes celles qui trainent par ici soient épargnées des cumuls de la poisse. Je souhaite que celles qui m’accompagne depuis, soient épargnées des malheurs qui n’arrivent pas qu’aux autres. Je souhaite que chacune et chacun d’entre vous et sur cette Terre ai droit au Bonheur doux.

Ainsi hier, « Emmenez-moi » raisonnait à tue-tête dans ma tête. Et « Emmenez-moi », c’est tout à fait moi.

  • Aujourd’hui, jeudi : Douleurs au bas ventre. Seins qui brûlent. Cela me rappelle grossesse 1. Et si ?… Mais non ma belle, c’est juste utrocrado, tu as oublié ?… Ne pas y croire, y croire, ne pas y penser, y penser. Et clou bis, bien moindre, mais qui fait déborder le vase déjà trop plein, mon boss qui veut allonger (sans sup’ évidemment) mes horaires de travail pour compenser mes retards et absences car c’est « pas équivalent vis à vis de  autres collègues » et j’ai bien envie de lui demander pourquoi, au besoin, celle qui est enceinte à droit à un régime de faveur, ainsi que celui qui a un nouveau né, ainsi que les deux qui ont trois enfants chacune (je continue où t’as compris l’ambiance ?)… Je suis vénère. La PMA dans la législation du travail. Un vrai sujet BAMP. Du côté de l’homme, mobilisation des réseaux tafesque, phone au boss de la formation, refonte des outils pour postuler en urgence en cours. Refonte express grâce à mon super bilan de compétences (toujours en cours, elle m’aime bien, et je l’adore), je fais cela les doigts dans le nez et c’est zoli en plus !
  • Demain, vendredi : Binôme Chérid’A et moi on se retrouvera le soir. Ouf ! Je pars le rejoindre pour le week-end et la fête de la zic’ à GrandeVille. On va enfin pourvoir parler de ces derniers sales rebondissements de visu. (Oui, parce que par téléphone des chocs pareils, ça le fait pas trop).
  • Samedi, dimanche : GrandeVille et ses ex-promesses.
  • Lundi, mardi, mercredi, jeudi : FritesVille est ses emmerdes prouesses…
  • Vendredi 27 : D day. On saura. On saura si dans tout ce marasme l’iac a fonctionné. Si un Bonheur viendra de nouveau réchauffer nos coeurs. Le soir mon Chéri me rejoindra, j’espère qu’on fêtera une belle promesse.

Et étrangement, dans tout cela, même si les larmes sont sortis ce matin (craquage dû au contexte amplifié par la fatigue progestérone et les insomnies), ça va.

Je te rassure. Ca va. « Je suis invincible et immortel » comme dit mon père.

Promis, ça va. Promis, je garde la tête haute. Promis, tout ira bien. Promis, on s’en sortira. Alors mon petit si tu es déjà là, vient, n’ai pas peur, on est là.

J’ai la sensation de passer à travers une vitre. Non pas de me cogner contre cette vitre et de rester de l’autre côté. Mais de passer au travers. De passer au travers avec tous les éclats de verre, avec toutes les blessures qui vont avec, de passer au travers quand même.

J’espère juste passer au travers de cette vitre, quelques soit les blessures, du passé et du présent, pourvu que le 28 juin ouvre sur la porte des plus belles promesses.

 

 

 

Vers les docks où le poids et l’ennui
Me courbent le dos
Ils arrivent le ventre alourdi
De fruits les bateaux

Ils viennent du bout du monde
Apportant avec eux
Des idées vagabondes
Aux reflets de ciels bleus
De mirages

Traînant un parfum poivré
De pays inconnus
Et d’éternels étés
Où l’on vit presque nus
Sur les plages

Moi qui n’ai connu toute ma vie
Que le ciel du nord
J’aimerais débarbouiller ce gris
En virant de bord

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Dans les bars à la tombée du jour
Avec les marins
Quand on parle de filles et d’amour
Un verre à la main

Je perds la notion des choses
Et soudain ma pensée
M’enlève et me dépose
Un merveilleux été
Sur la grève

Où je vois tendant les bras
L’amour qui comme un fou
Court au devant de moi
Et je me pends au cou
De mon rêve

Quand les bars ferment, que les marins
Rejoignent leur bord
Moi je rêve encore jusqu’au matin
Debout sur le port

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Un beau jour sur un rafiot craquant
De la coque au pont
Pour partir je travaillerais dans
La soute à charbon

Prenant la route qui mène
A mes rêves d’enfant
Sur des îles lointaines
Où rien n’est important
Que de vivre

Où les filles allanguies
Vous ravissent le coeur
En tressant m’a t’on dit
De ces colliers de fleurs
Qui enivrent

Je fuirais laissant là mon passé
Sans aucun remords
Sans bagage et le coeur libéré
En chantant très fort

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil…

 

A quoi ça rime et la réputation des infertiles

8 Mai

Ayant un peu de mal à écrire (et puis à relire ma tartine, ben finalement non… c’est donc en écrivant que ça sort), souhaitant passer les dates des « 1 an » le plus sereinement possible, venant juste de passer la date des un an du 6 mai, vous vénérant vous les blogeuses/eurs plus que blogeuses/eurs pour vos mots et appuis, Merci !

Étant en « pause » ce cycle-ci (examens en fin de mois), discutant IAC2bis-C4#G2 à venir (c’est pas un code secret… c’est un code bien clair pour les pmettes… et un gros clin d’oeil à Kaymet) et réfléchissant à la proposition FIV de gygy avec Chérid’A « pour en finir » (au sens se mettre un grand coup de pied pour avancer), venant de me prendre une annonce redoutée au boulot (de ces annonces qui vous rappellent l’injustice et qui vous font sentir extraterrestre, vivant dans un autre monde et écarquillant ébahies les yeux bien grands devant la facilité de procréation de la plupart des humains (mais comment font-ils, c’est hallucinant de simplicité?)), me questionnant un peu mais pas trop (mais beaucoup plus depuis ce soir car je suis désormais cernée) sur les questions boulot et notamment la compatibilité non foireuse du plan C IRL avec la PMA (boulot aux 4 coins du monde de 3 à 4 mois par an non cumulés)… Verdict méthode Bounty : je fonce dans le tas, et ensuite si des choix sont à faire, on les fera.

Me questionnant sur ces jolies jeunes années d’insouciances et de projets envolés… ben voila, y’a des jours d’énième annonce comme aujourd’hui où je me demande à quoi ça rime de vivre à distance en étant en PMA et de dépenser tant d’énergie pour des espoirs professionnels et personnels non garantis, et qui plus est, de plus en plus éloignés des projets qui nous faisaient vibrer ? Y’a des jours comme ça où l’envie de tout plaquer (sauf le gars) est pas bien loin, et en même temps c’est un vieux réflexe ou plutôt une vieille habitude, car j’ai bien souvent fonctionné ainsi, y’a qu’à voir mes lieux de vies des 10 dernières années (et encore je suis soft comparée à mes anciens camarades de promo, vraiment ultra soft). Je n’ai pour ainsi dire jamais été aussi stable qu’aujourd’hui, bientôt 3 années sans bouger et vivre ailleurs, s’en est flippant… Ah elle est loin l’insouciance de notre rencontre autour d’un Ti’punch à FriteVille (autodérision hein, t’en fais pas)… Bref, y’a intérêt que ça marche, jvous le dit… wanna be free

Well, well, well étant dans un état d’esprit d’attente de fin de pause (so classic), tout en faisant d’autres choses, je vous lis et je fais le tri des nombreux brouillons et articles mis de côté depuis l’ouverture de ce blog. Et ce soir, je suis tombée sur cet article qui dans son intro m’a fait penser au post de Petit Oeuf. Un témoignage si bien dit et que j’avais mis de côté en mode brouillon depuis novembre 2012.

Le voici donc. Il vient de ce blog-ci.

La réputation des infertiles

Qui n’a jamais entendu parler de “bébé-éprouvette”, de ces femmes enceintes de septuplés après des traitements de fertilité, de cette mère porteuse qui décide de garder l’enfant qu’elle portait pour un couple infertile qui lui faisait confiance… On entend parler des histoires sensationalistes, des extrêmes, de ce qui fait vendre des journaux.

On utilise la grossesse et les fausse-couches comme éléments dramatiques dans les soaps, on associe (à tort) fécondation in vitro et clonage. On confond insémination et FIV, on banalise les divers traitements, on réduit les problèmes de fertilité à un problème d’âge ou de stress. On prend les infertiles pour des freaks désespérés. On nous donne une réputation avant même de nous connaître.

Avant de me savoir moi-même infertile, je faisais partie de cette masse qui se demandait comment un couple pouvait en venir à miner leur santé avec des tas d’injections, dans le seul but d’avoir un enfant. Je ne connaissais rien aux courbes de température, au citrate de clomiphène, à l’effet du sirop contre la toux sur la glaire cervicale. Des termes comme hystérosalpingographie, laparoscopie et anovulatoire ne me disaient rien.

Bien sûr, je connaissais, de près ou de loin, des femmes n’ayant pas eu d’enfant, mais je ne me posais pas plus de question. Comme bien des gens, ce que je connaissais de l’infertilité se résumait à ce que je lisais dans les journaux et voyais aux nouvelles. Ça ne touchait que quelques couples malchanceux qui devaient utiliser des moyens extrêmes pour devenir parents.Puis est venu le diagnostic. Ont suivi les traitements, les échecs, les lectures, les questions, le stress, la rage, l’espoir mêlé d’impatience.

Et j’ai appris. J’ai lu tout ce qui me tombait sous la main sur l’infertilité, sur les traitements possibles, sur les causes, les raisons, les trous dans les études, les solutions. J’ai fréquenté des forums où j’ai rencontré des femmes comme moi. J’ai lu des blogues, j’ai découvert un univers complet de femmes vulnérables, remplies d’espoir, malgré les blessures. Et j’en suis quelque peu venue à faire de l’infertilité ma cause. Je tenais à défaire des préjugés, à abolir des tabous, à cesser l’ignorance.Car non seulement les couples infertiles sont aux prises avec les épreuves physiques, psychologiques et financières qu’engendre l’infertilité, ils doivent aussi faire face à l’ignorance et la maladresse de leur entourage.

Demandez-leur combien de fois on leur a raconté l’histoire de cette voisine, de la soeur de la coiffeuse ou de cette collègue qui, après avoir essayé pendant des années, a décidé de laisser tomber et s’est retrouvée enceinte par magie. Demandez-leur combien de fois on leur a conseillé de relaxer et d’arrêter d’y penser. Demandez-leur tous les trucs et astuces qu’on a cru bon leur véhiculer. Demandez-leur si tout ça les a aidés. Et ils vous répondront non.Même s’ils sont empreints des meilleures intentions, les conseils non solicités ont rarement l’effet voulu.

Ça nous ramène à notre propre échec, à nos propres problèmes. Ça nous rappelle que ça fonctionne pour d’autres, mais pas pour nous, ce qui nous fait sentir encore plus inaptes. Même si certaines histoires inspirantes peuvent nous donner espoir, bien souvent, celles prises à la légères, comptées sur le coin d’une table entre deux bouchées, nous donnent l’impression que notre douleur n’a pas raison d’être, qu’elle est futile. Se faire dire qu’on est “juste pas dûs”, c’est comme nous dire qu’on ne le mérite pas encore, alors que tant de gens qui ne devraient jamais être parents le deviennent. Méfiez-vous, les infertiles ont un don pour aller chercher le sens caché de chaque phrase qu’on leur lance. Ils reconnaissent le bon sentiment qu’il y a en arrière, mais ils ne peuvent passer à côté de la pointe qui s’y cache.

Ce que nous attendons de notre entourage est pourtant simple: de l’écoute et de la sensibilité. Nous avons besoin de valider nos émotions, de savoir qu’elles sont justifiées. Nous savons ce que nous avons à faire, nous n’avons donc pas besoin de conseils. Si vous ne savez pas quoi dire, soyez honnête. Nous préférons entendre un “je ne sais pas quoi te dire, mais ce que tu vis me touche” qu’un conseil maladroit et surtout, non demandé. Si des couples infertiles préfèrent ne pas en parler, respectez-les. C’est parfois une peine qui se doit d’être vécue dans l’intimité, à l’abri des jugements et des morales.Je ne peux changer le monde à moi seule.

J’aimerais par contre changer la fausse réputation des infertiles, faire tomber certains clichés, faire parler de l’infertilité, faire avancer les choses, aller chercher la reconnaissance qu’il manque à tant de couples aux prises avec cette douleur si taboue. Mais j’ai besoin de vous, besoin de ce médium pour faire connaître les autres facettes de l’infertilité, celles cachées derrière toute la médiatisation mal dirigée, celles qui sont la réalité de milliers de couples au Québec, de plein de gens autour de vous qui pleurent en silence l’enfant qu’ils espèrent, mais qui ne vient pas.

La réalité des ces couples qui attendent, de ceux qui passent sous le bistouri, de ceux qui prennent des médicaments, de ceux qui espèrent et désespèrent, de ceux qui vont jusqu’au bout avec la FIV, de ceux qui font des inséminations, de ceux qui ont recours au don, de ceux qui recevront des injections, de ceux qui sont à cours de ressources, de ceux qui n’osent plus y croire, de ceux qui veulent toujours y croire. Soyez sensibles, soyez à l’écoute et ne vous laissez pas aller dans les conseils et les “j’ai entendu l’histoire d’une fille…” On l’a tous entendue cette histoire. C’est la nôtre qui compte pour nous. Écoutez-la.