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Le nom de famille (une transmission non autorisée) … + EDIT

21 Nov

Voila, je sors de la mairie, et je viens d’apprendre que le nom de famille choisi pour La Lueur ne sera pas autorisé. Une simple histoire de législation française (bornée et qui légifère sur des priorités ??) qui ne considère pas la législation du nom du père de Le Lueur. Une simple loi, un immense coup dur à avaler, car c’est pas rien le nom de famille… c’est ce qui se transmet de génération en génération… c’était son nom à notre Lueur. Oublié, basta, au revoir, cio, bye bye. Applauze.

Tu vas te dire, c’est pas ma journée…

Mode ralou activé…

Entre mon post de ce matin qui décrit quelques situations ressenties récemment, et ce qui suit où je risque de vous perdre, ben dis donc, je ne vous gâte pas… promis je me rattraperai, mais là faut que ça sorte.

Faut que ça sorte et je peux pas appeler une pote pour tout expliquer, la gorge est nouée, les larmes ont déjà coulées, Chérid’A est informé et tout aussi choqué. Par contre je peux écrire, alors voila, c’est ce que je fais.

Je « dois » aussi écrire car cette info je l’ai cherchée sur le web longuement, et n’ai pas trouvé de résumé.

C’est une histoire de nom de famille.

C’est l’histoire du nom de famille de La Lueur.

C’est l’histoire du nom de famille de La Lueur que l’on ne peut pas choisir.

C’est l’histoire du nom de famille à transmettre que nous avions choisi ensemble, et que la législation française nous interdit.

Pour faire court, je suis française, donc fastoche t connais le truc. Mes parents s’appellent : mon père (son prénom) + A, et ma mère (son prénom) + B. Mon nom est A.

Pour faire court, mon homme n’est pas français, et dans son pays la législation est plus souple, permettant ainsi d’inclure les coutumes. En bref, avant la colonisation, dans son pays, et dans la région de son père notamment, la coutume était de donner un seul nom à l’enfant. Ce nom était une reconnaissance envers une personne de l’entourage (par exemple : la personne qui a permis de t’héberger en ville pour que tu puisses suivre l’école car à l’époque il y avait peu d’écoles au village, ou la personne qui a sauvé la vie d’un membre de ta famille, où la personne qui était un fidèle ami de tes parents, etc etc etc). Ce nom, que je nommerai Nom, était unique, et avait ainsi une valeur forte et une grande symbolique.

Ainsi, même si mon beau-père, né avant la décolonisation, à un prénom, celui-ci est d’usage. Sur son extrait de naissance, il n’y a que son Nom. Ma belle-mère, née après la décolonisation (et ainsi après toutes les passations d’état civil version française vers le pays de naissance de mon conjoint) à un prénom et un nom sur son état civil.

En résumé, mon beau-père s’appelle officiellement (pas de prénom) Y. Ce Y n’étant pas le nom de son père, ni celui de sa mère, mais un nom que ses parents ont choisi pour lui, en reconnaissance envers une personne dénommée Y qui a beaucoup compté pour sa famille.

Ma belle-mère s’appelle quant à elle officiellement (son prénom) + Z.

Et pourtant… Chérid’A s’appelle officiellement (son prénom) + Y + W. Le Y est issu par son père, par transmission. Le W a été choisi par ses parents, c’est une personne de soutien et de confiance qui a beaucoup aidé mon beau-père. C’est la reconnaissance. C’est SON Nom.

En résumé, ça fait : prénom(s) + nom (du père ici) + Nom (de reconnaissance).

Ce Nom en W est donc propre et unique à chaque personne. Sa sœur en porte un autre Nom. Son frère encore un autre. Aussi, tu comprends bien que ce W n’est pas censé se transmettre. (C’est quand même pas compliqué non ????).

Ainsi, dans son pays, à la naissance, les parents choisissent le nom et/ou le Nom. La descendance et la transmission n’est pas aussi liée uniquement au sang ou aux aïeux tel que conceptualisée ici.

Du coup, pour nous, il était EVIDENT que La Lueur ne porterait pas le W de son père. Mais juste le Y. (Ce Y de son grand-père, et de son père, bref un Y « à la transmission générationnelle française »). Et, avec ou sans mon nom à moi derrière.

On ne souhaitait pas non plus donner un Nom, car outre le fait que cette possibilité n’existe pas en France, mon homme n’en avait pas envie. (Il en a marre d’expliquer son nom et Nom).

Bref. On souhaitait que La Lueur porte le Y. Ce même nom que son grand-père paternel et son père. Mais pas le W que ne porte pas son grand-père, mais que porte uniquement son père.

On s’était renseigné pas mal sur le net, et autres. Peu d’infos. On avait surtout trouvé l’attestation de coutume spécifiant la législation du pays de mon conjoint. Du coup, il ne restait plus qu’à faire confirmer ou infirmer cette possibilité à la mairie.

Verdict : pas possible.

Et voila comment La Lueur vient de se voir refuser son nom de famille (Y). Et de se voir imposer un W non choisi à transmettre ni par l’homme, ni par moi, et surtout normalement intransmissible car c’est uniquement le Nom de son père épicétout boréal !!!

En schéma c’est plus parlant :

nom

Ca peut paraitre pas grand-chose… mais pour nous c’est LE NOM de FAMILLE de La Lueur quand même ! et c’est important !!!

La législation belge, espagnol, suisse, ou autre fonctionne peut-être différemment, et nous aurions pu faire valoir ce choix. Mais ici, on nous a dit non.

La Lueur n’aura donc pas le nom de famille que ses parents ont choisi de lui transmettre, ce sera la juridiction qui choisira.

Et tu sais quoi… Ben ça fait mal…

Ca fait mal car en plus la nana de l’accueil de la Grande Mairie (boréal !!! the big mairie quoi !!!) m’a sorti que « eux en plus ils prennent le nom du voisin, du boucher… ». Ce « Eux » en opposition aux traditions espagnoles et portugaises dont les noms se retrouvent également non sécables en France. Ce «Eux » pour désigner mon conjoint. Ce « voisin, boucher » pour désigner comme quoi mon pays est toujours mieux que les autres et que forcément au-delà de la méditerranée ils sont stupides. Ce «voisin, boucher », absolument fausse, pour mésestimer une coutume liée à la reconnaissance. Ce « Eux » derrière lequel j’ai hausse le ton en disant « mais vous parlez comme cela d’humains comme vous et moi là ». Sa tête stupide que quelqu’un ait osé lui faire la remarque. Ce « Eux » pour parler de la moitié de La Lueur, jamais je ne le laisserai passer dans mon et notre pays.

Je suis ressorti énervée, et surtout en larmes car notre nom de famille vient d’être refusé.

J’ai informé Chérid’A, qui va à son tour se renseigner dans une autre mairie à Grande Ville pour confirmer ou infirmer. Je lui ai raconté son discours de « Eux ». Que dire… Il m’a dit « elle est à côté de la plaque, elle n’a rien compris ».

Alors voila, les coutumes et traditions de mon pays sont-elles forcement les meilleures ? et doivent-elles forcément s’imposer face à une autre ? et cela même alors qu’en plus on souhaitait simplifier le nom de famille en « version transmission à la française »? jusqu’où la loi doit-elle s’immiscer dans notre famille ? Y’a des jours comme ça, où vraiment ça me rend triste, coléreuse, voire aigrie. Vivement demain, que les temps changent…

On n’aura donc plus qu’à expliquer tout cela à La Lueur, même pas née que déjà tout cela lui pèse sur les épaules…

EDIT 3 jours plus tard : Suite à mon courrier, je viens de recevoir un appel, à 20h45… et tu devineras jamais qui c’était… ?!! Le directeur de l’état civil de la Mairie (en congés qui plus est…) !!!!

Je « déteste » toujours autant… et « j’envie » toujours autant…

21 Nov

Attention, le but n’est pas de m’attirer les foudres milkesques… auquel cas rien n’aura été compris des sentiments écrits ici et qui ne sont que les pensées fugaces qui me traversent l’esprit quand ces situations arrivent (genre ce matin dans le métro quoi…).

Et qu’on ne s’y m’éprenne pas, j’adore les enfants, mais les mères « trop mères » ou « trop JE suis enceinte » c’est pas mon trip…

Alors voila…

Je « déteste » toujours autant…

… les femmes enceintes qui se caressent le bide dans le métro bondé, et donc avec du monde, et donc avec potentiellement 1 personne sur 10 infertile et pmec/ette, voire un couple qui vient de se prendre la pds de j14 et risque de se manger un mur dans 6 heures. (Pmette un jour, pmette toujours…)

… les femmes enceintes qui  pleurnichent une place assise pour lire tranquillou (va pas croire, le métro et tram de FritesVilles, le matin, c’est aussi bondé qu’à Paname, véridique) alors qu’elle se balade sur des talons perchés (au risque de se vautrer à terre).

… les femmes enceintes loliloooool qui regarde mon ventre en se demandant enceinte ? pas enceinte ? (ouai, c’est toujours pas top visible) et dont les yeux crèvent d’envie de blablater sur la grossesse, le bébé, etc… (tu vas pas être déçu ma chérie, y’a un seul mot ici « tout va bien »).

… les femmes enceintes qui sont trop gagas et ne parlent plus que de parentalité.

… les femmes enceintes qui te disent « ma grossesse se passe maaaaal » alors que la nana est juste un peu au repos et qu’au stade où elle est le pronotic vital de personne n’est en jeu… (aparté : pour moi une grossesse qui se passe mal, c’est une grossesse qui se finit sans vie pour l’enfant et/ou pour la mère).

… la remarque de ma collègue, lors de mon annonce, qui m’a dit « c’est une super année à [nom de ma boite], y’a plein de bébés !!! », ah ben non, je ne l’ai pas vécu comme ça moi, j’ai plutôt eu le sentiment que c’était un calvaire d’être entourée d’un staff hyperfertile et qui pondait à tout va.

.. et cetera… et cetera…

Et en même temps, « j’admire », voire j’envie, toujours autant…

… les femmes enceintes qui ne stressent pas, annoncent leur grossesse avant les trois premiers mois, sont persuadées qu’un enfant naitra.

… les femmes enceintes qui calculent l’arrivée (pardon, la fécondation) de leur enfant « pour que ça colle et/ou que ce soit pratique » (bon, je trouve cela triste de tout planifier ainsi… mais j’envie cette confiance sur sa fertilité).

… les femmes enceintes qui se lancent dans les achats avant de savoir que le cœur bat, voire la 12 sa.

… les collègues qui se réjouissent pour chaque naissance, parce que leur cœur n’est pas passé à la moulinette auparavant.

… et cetera… et cetera…

Finalement, c’est une place bien étrange que d’être enceinte en étant passé par l’attente, le deuil et la pma…. C’est une chance immense, qui se savoure, et un « tout va bien » qui en dit tant !!

Alors voilà, ça change tout… et rien… Le cœur ne s’apaise pas totalement, et voir les copines de galères encore sur les bancs de l’attente ça fend le cœur, car boreal de chez boreal je leur souhaite et espère juste leur enfant…

 

Y’a toujours un truc qui foire [+ Edit] [+ Edit 2]

15 Mai

Y’a toujours un truc qui foire, qui va se maitriser ensuite , mais qui entre temps te fais stresser.

Et voila. Bim.

Méthode de l’autopersuasion-autodérision-Bounty : zen, respire, zen, respire, marre toi un bon coup devant les situations cons et innovantes procurées par la pma. Ah ah ah.

Là dans 5 min, j’ai une grosse réunion avec annonce officielle de ma collègue, et ça me gave d’avance. Donc voila. Déjà, ça c’est dit.

Mais en plus ! Mais en plus, je viens de jeter un coup d’oeil à mon super calendrier, car j’ai un déplacement trop trop bien entre le 3 et 5 juin, et bim.

Je suis super contente, happy, excitée par ce déplacement qui va m’emmener dans le sud, là où j’ai fais mes études (the best période), et là où j’ai encore quelques ami(e)s (que je vois donc trop peu souvent vu la distance). Un super colloque sur un grosso modo ce sujet. Et toussa, dans « mes » bâtiments adorés, avec mes anciens profs adorés, dans un cadre adoré, une ville adorée, et où, à l’époque, j’ai peut-être fait la connerie de dire non à la thèse.

Mais voila. Bim, la PMA vient foutre le bordal.

Bim car mon super calendrier a dit que le 3 juin est prévu pour j1. Et si ce n’est pas le 3, ce sera le 4 ou 5.

Et donc, et donc, démarrage de puregon à j2… soit le 4 ou 5 ou 6 juin.

Et donc, et donc, comment je fais pour me déplacer à l’autre bout de la France sans frigo et avec mon puregon non entamé ?!?!?!!!!! et qui devrait « normalement » être entamé 1 à 3 jours plus tard ?!?!!!?!!

Sachant qu’en plus je pars direct juste après le boulot et que j’arrive en soirée (genre 21-22h). Et sachant qu’au boulot, y’a pas de frigo, et que je ne pourrai pas passer chez moi en récupérer avant d’entamer les 5 heures de trajet sans frigo again. Bullshit day tiens.

Je ne sais plus qui avait eu le même dilemme, mais je lui avait conseillé de faire une pikouze dans le vent la veille afin d’entamer le puregon et pouvoir ensuite le garder hors frigo. Ça, ça pourrait marcher si le déplacement qui se fait le 3 est un j1. Mais si le j1 arrive le 5, comment je fais ? Je vais pas pikouzer dans l’air le 3 et 4 ? Si ? Non ? Si ? (option A)

Alors, j’ai pensé à option B : appeler une pharmacie de garde (car j’arrive tard le 3), et me supplier de me garder du puregon au frais pour le récupérer en soirée.

Et si option A et B sont pas possible, je fais comment ?

Des idées ?

J’imagine que d’autres pmettes ont vécu ce genre de situation ?

Un texto « fait iech » est parti chez mon biologiste (finalement ça sert d’avoir un Dr en PMA) de mari. J’attends son option C.

Et sinon, et surtout, Oyé oyé les médecins, pharmaciennes et nanas passées par là et pmettes, vous en pensez quoi ?

Moralité : jamais rien ne se passe juste simplement… alors qu’on voudrait simplement être parent.

EDIT : Voilà ce que j’ai lu : Tout sur le Puregon

6.4 Précautions particulières de conservation : A conserver au réfrigérateur (entre 2ºC et 8ºC). Ne pas congeler. Conserver le(s) flacon(s) dans l’emballage extérieur. Pour plus de facilité, Puregon peut être conservé par le patient à une température ne dépassant pas 25°C pendant une période unique ne dépassant pas 3 mois.

Alors POURQUOI la pharmacienne me saoule depuis 2 ans avec mon frigo, jusqu’au point de me filer un mini sac thermos si je ne rentre pas dans l’heure chez moi pour le mettre au frigo, et POURQUOI ma gygy m’a dit « une fois entamé, ça se conserve en dehors ou dans le frigo », moi j’ai sous-entendu « et non pas avant de l’avoir entamé ». Je sentais bien que ce n’était pas logique de le mettre à l’air libre seulement une fois entamé, et c’est pas faute d’avoir questionné.

Merci les filles ! Et merci google !

PS : on va dire qu’il fera moins de 30°C, sinon j’avais pris partie pour l’option B

PS 2 : et encore, ça va car c’est un court déplacement, pas à l’autre bout du monde et pas en région sahélienne en saison sèche… ça promet le jour où ce ne sera pas le cas… (ou pas…)

(N’empêche que je me sens bien stupide, c’est quand même mon 10ème cycle sous puregon que je vais commencer, arf…. balèze Blaise) (Comme quoi, vrai de vrai, on en apprend tous les jours en PMA, même quand on est censé savoir) (Crétine va…. autodérision Bounty)

Et encore MERCI ❤ !!

 

EDIT 2 : Je viens de percuter que les dates de ce foutu ou joyeux colloque sont pile poil celles de la perte de notre premier jumeau il y a 1 an. Je les emmènerai donc dans mon cœur ce jour là, et partagerai peut-être cette précieuse date avec une chère amie. Juste lire ces dates sur l’insignifiante et naïve feuille d’inscription, dates correspondant à la nuit du 4 au 5 juin, me rend encore bien triste. Je percute donc que l’iac 2 bis #G2 sera probablement lancée le jour de la perte de notre jumeau. J’ai percuté cela alors que j’entendais ma collègue parler du futur papa, de ses petites attentions, etc. (je vous passe les détails), de quoi retourner le couteau dans la plaie, sans que personne ne sache, ni ne s’en aperçoive, sauf moi, et vous désormais.  Foutu date. Belle date.

A quoi ça rime et la réputation des infertiles

8 Mai

Ayant un peu de mal à écrire (et puis à relire ma tartine, ben finalement non… c’est donc en écrivant que ça sort), souhaitant passer les dates des « 1 an » le plus sereinement possible, venant juste de passer la date des un an du 6 mai, vous vénérant vous les blogeuses/eurs plus que blogeuses/eurs pour vos mots et appuis, Merci !

Étant en « pause » ce cycle-ci (examens en fin de mois), discutant IAC2bis-C4#G2 à venir (c’est pas un code secret… c’est un code bien clair pour les pmettes… et un gros clin d’oeil à Kaymet) et réfléchissant à la proposition FIV de gygy avec Chérid’A « pour en finir » (au sens se mettre un grand coup de pied pour avancer), venant de me prendre une annonce redoutée au boulot (de ces annonces qui vous rappellent l’injustice et qui vous font sentir extraterrestre, vivant dans un autre monde et écarquillant ébahies les yeux bien grands devant la facilité de procréation de la plupart des humains (mais comment font-ils, c’est hallucinant de simplicité?)), me questionnant un peu mais pas trop (mais beaucoup plus depuis ce soir car je suis désormais cernée) sur les questions boulot et notamment la compatibilité non foireuse du plan C IRL avec la PMA (boulot aux 4 coins du monde de 3 à 4 mois par an non cumulés)… Verdict méthode Bounty : je fonce dans le tas, et ensuite si des choix sont à faire, on les fera.

Me questionnant sur ces jolies jeunes années d’insouciances et de projets envolés… ben voila, y’a des jours d’énième annonce comme aujourd’hui où je me demande à quoi ça rime de vivre à distance en étant en PMA et de dépenser tant d’énergie pour des espoirs professionnels et personnels non garantis, et qui plus est, de plus en plus éloignés des projets qui nous faisaient vibrer ? Y’a des jours comme ça où l’envie de tout plaquer (sauf le gars) est pas bien loin, et en même temps c’est un vieux réflexe ou plutôt une vieille habitude, car j’ai bien souvent fonctionné ainsi, y’a qu’à voir mes lieux de vies des 10 dernières années (et encore je suis soft comparée à mes anciens camarades de promo, vraiment ultra soft). Je n’ai pour ainsi dire jamais été aussi stable qu’aujourd’hui, bientôt 3 années sans bouger et vivre ailleurs, s’en est flippant… Ah elle est loin l’insouciance de notre rencontre autour d’un Ti’punch à FriteVille (autodérision hein, t’en fais pas)… Bref, y’a intérêt que ça marche, jvous le dit… wanna be free

Well, well, well étant dans un état d’esprit d’attente de fin de pause (so classic), tout en faisant d’autres choses, je vous lis et je fais le tri des nombreux brouillons et articles mis de côté depuis l’ouverture de ce blog. Et ce soir, je suis tombée sur cet article qui dans son intro m’a fait penser au post de Petit Oeuf. Un témoignage si bien dit et que j’avais mis de côté en mode brouillon depuis novembre 2012.

Le voici donc. Il vient de ce blog-ci.

La réputation des infertiles

Qui n’a jamais entendu parler de “bébé-éprouvette”, de ces femmes enceintes de septuplés après des traitements de fertilité, de cette mère porteuse qui décide de garder l’enfant qu’elle portait pour un couple infertile qui lui faisait confiance… On entend parler des histoires sensationalistes, des extrêmes, de ce qui fait vendre des journaux.

On utilise la grossesse et les fausse-couches comme éléments dramatiques dans les soaps, on associe (à tort) fécondation in vitro et clonage. On confond insémination et FIV, on banalise les divers traitements, on réduit les problèmes de fertilité à un problème d’âge ou de stress. On prend les infertiles pour des freaks désespérés. On nous donne une réputation avant même de nous connaître.

Avant de me savoir moi-même infertile, je faisais partie de cette masse qui se demandait comment un couple pouvait en venir à miner leur santé avec des tas d’injections, dans le seul but d’avoir un enfant. Je ne connaissais rien aux courbes de température, au citrate de clomiphène, à l’effet du sirop contre la toux sur la glaire cervicale. Des termes comme hystérosalpingographie, laparoscopie et anovulatoire ne me disaient rien.

Bien sûr, je connaissais, de près ou de loin, des femmes n’ayant pas eu d’enfant, mais je ne me posais pas plus de question. Comme bien des gens, ce que je connaissais de l’infertilité se résumait à ce que je lisais dans les journaux et voyais aux nouvelles. Ça ne touchait que quelques couples malchanceux qui devaient utiliser des moyens extrêmes pour devenir parents.Puis est venu le diagnostic. Ont suivi les traitements, les échecs, les lectures, les questions, le stress, la rage, l’espoir mêlé d’impatience.

Et j’ai appris. J’ai lu tout ce qui me tombait sous la main sur l’infertilité, sur les traitements possibles, sur les causes, les raisons, les trous dans les études, les solutions. J’ai fréquenté des forums où j’ai rencontré des femmes comme moi. J’ai lu des blogues, j’ai découvert un univers complet de femmes vulnérables, remplies d’espoir, malgré les blessures. Et j’en suis quelque peu venue à faire de l’infertilité ma cause. Je tenais à défaire des préjugés, à abolir des tabous, à cesser l’ignorance.Car non seulement les couples infertiles sont aux prises avec les épreuves physiques, psychologiques et financières qu’engendre l’infertilité, ils doivent aussi faire face à l’ignorance et la maladresse de leur entourage.

Demandez-leur combien de fois on leur a raconté l’histoire de cette voisine, de la soeur de la coiffeuse ou de cette collègue qui, après avoir essayé pendant des années, a décidé de laisser tomber et s’est retrouvée enceinte par magie. Demandez-leur combien de fois on leur a conseillé de relaxer et d’arrêter d’y penser. Demandez-leur tous les trucs et astuces qu’on a cru bon leur véhiculer. Demandez-leur si tout ça les a aidés. Et ils vous répondront non.Même s’ils sont empreints des meilleures intentions, les conseils non solicités ont rarement l’effet voulu.

Ça nous ramène à notre propre échec, à nos propres problèmes. Ça nous rappelle que ça fonctionne pour d’autres, mais pas pour nous, ce qui nous fait sentir encore plus inaptes. Même si certaines histoires inspirantes peuvent nous donner espoir, bien souvent, celles prises à la légères, comptées sur le coin d’une table entre deux bouchées, nous donnent l’impression que notre douleur n’a pas raison d’être, qu’elle est futile. Se faire dire qu’on est “juste pas dûs”, c’est comme nous dire qu’on ne le mérite pas encore, alors que tant de gens qui ne devraient jamais être parents le deviennent. Méfiez-vous, les infertiles ont un don pour aller chercher le sens caché de chaque phrase qu’on leur lance. Ils reconnaissent le bon sentiment qu’il y a en arrière, mais ils ne peuvent passer à côté de la pointe qui s’y cache.

Ce que nous attendons de notre entourage est pourtant simple: de l’écoute et de la sensibilité. Nous avons besoin de valider nos émotions, de savoir qu’elles sont justifiées. Nous savons ce que nous avons à faire, nous n’avons donc pas besoin de conseils. Si vous ne savez pas quoi dire, soyez honnête. Nous préférons entendre un “je ne sais pas quoi te dire, mais ce que tu vis me touche” qu’un conseil maladroit et surtout, non demandé. Si des couples infertiles préfèrent ne pas en parler, respectez-les. C’est parfois une peine qui se doit d’être vécue dans l’intimité, à l’abri des jugements et des morales.Je ne peux changer le monde à moi seule.

J’aimerais par contre changer la fausse réputation des infertiles, faire tomber certains clichés, faire parler de l’infertilité, faire avancer les choses, aller chercher la reconnaissance qu’il manque à tant de couples aux prises avec cette douleur si taboue. Mais j’ai besoin de vous, besoin de ce médium pour faire connaître les autres facettes de l’infertilité, celles cachées derrière toute la médiatisation mal dirigée, celles qui sont la réalité de milliers de couples au Québec, de plein de gens autour de vous qui pleurent en silence l’enfant qu’ils espèrent, mais qui ne vient pas.

La réalité des ces couples qui attendent, de ceux qui passent sous le bistouri, de ceux qui prennent des médicaments, de ceux qui espèrent et désespèrent, de ceux qui vont jusqu’au bout avec la FIV, de ceux qui font des inséminations, de ceux qui ont recours au don, de ceux qui recevront des injections, de ceux qui sont à cours de ressources, de ceux qui n’osent plus y croire, de ceux qui veulent toujours y croire. Soyez sensibles, soyez à l’écoute et ne vous laissez pas aller dans les conseils et les “j’ai entendu l’histoire d’une fille…” On l’a tous entendue cette histoire. C’est la nôtre qui compte pour nous. Écoutez-la.

Protégé : Fécondité

28 Jan

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