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Non mais je rêve ?!?!!!

12 Juin

Quel joli cadeau pour ce jour qui est les 3 mois de notre Lueur !

On ne pouvait pas rêver mieux ! Magnifaique !!!!

On vient d’apprendre (tout comme toi aussi j’imagine), qu’à priori elle risque d’être placée en centre de rétention si elle voyage à l’avenir au pays pour rendre visite à sa famille !

Ben oui, alors qu’une fillette de 6 ans (là on outrepasse la convention internationale des Droits de l’Enfant pour info, puisqu’en zone d’attente des mineurs isolés peuvent être détenus) rejoignait sa maman ici, ma chère PAF (police aux frontières) a estimé que la petite ne ressemblait pas à la photo du passeport et que ses papiers étaient faux. (Bizarrement moi aussi je n’avais pas la même tête sur mon passeport, mais on ne m’a jamais suspecté)

Faut-il préciser que la fillette est française (en aparté, on ne peut pas être franco-camerounais officiellement, le Cameroun ne reconnaissant pas la double nationalité), que ses parents sont français et nés en France… Ah pardon, on me glisse dans l’oreillette « qu’elle est française mais noire, oups pardon d’origine camerounaise ». Appelons un chat un chat, cessons l’hypocrisie qui caractérise tout cela. (ps 1 : il faut  combien de générations « d’origine » pour arrêter de parler d’origines, et bel et bien de nationalité ? ps 2 : un chouette article de Mme Gaou sur ces « terminologies » en se basant sur ses expériences en France et au Canada) ».

Et puis, tu sais quoi, en plus, c’est la deuxième fois en à peine quelques semaines que ça arrive ! Trop forte la PAF !! Pardon l’Etat ! (et puis, en réalité, c’est pas nouveau… car c’est sans parler des mineurs enfermés en outre mer… parce que là, c’est tellement inimaginable ce qui se passe).

Boudiou… Mais sérieux c’est ultra grave ! Tu te rends compte ? Ta fille ultra mineure voyage chez l’autre partie de sa famille, et zou à son retour elle est foutue en cellule !

Respirer… Zen…

A l’heure où je suis en train de faire le passeport de ma fille, qui forcement n’aura pas la même tête dans 1,2,3,4,5 ans…, j’apprends donc qu’elle risque d’être détenue parce qu’on ne croira ainsi pas qu’elle est française ???!!! Ah pardon on me souffle dans l’oreillette « qu’elle est métisse, donc c’est moins problématique, çà se voit qu’elle a une part blanche (oups, pardon on ne dit pas blanche, on dit française sans préciser les origines) »… Re appelons un chat un chat.

Sache aussi, que dans notre cas (enfant français et né en France d’un couple franco étranger, ce qui n’est pas le cas de cette fillette française issue d’un couple français et nés en France, donc du coup nous on est « pire »), on pourrait faire faire un certificat de nationalité française à la Lueur (yes, j’ai découvert ce truc il y a quelques années, quand notre entourage et nous même parlions bébés). Nombre de proches ayant des enfants métisses l’ont fait. Chérid’A en voit l’utilité (quoique quand il va savoir l’affaire, je pense qu’il n’y croira plus en cette certification), moi pas, ou plutôt plus. Après tout, à quoi bon ? Ce n’est pas la nationalité qui gêne, c’est la couleur, soyons clairs (oh le jeu de mot de marde lol !).

Et puis, ce certificat serait caduque si la politique change en la matière (coucou les droites qui aiment les extrêmes et celles qui jouent avec 🙂 ). Si par exemple on suit les Pays-Bas demain, ma princesse sera officiellement considérée comme française allochtone, alors que moi je suis française autochtone, et que l’homme est étranger tout court (mais s’il était français allochtone, idem, La Lueur serait allochtone bien que française, née, vivant et résidant en France, et de mère autochtone). Ainsi, la Lueur, allochtone, ne serait alors pas l’égale (mince c’est pas un des sigles de ma nation ?!!) de la fille d’amis autochtone car tous deux français autochtones depuis plus d’une génération (ou comment foutre le boreal dans une société où on est censé vivre, travailler, étudier… ensemble). Alors bien sûr, nous n’en sommes pas là en France, mais franchement y’a des jours où je pense qu’on n’en est pas si loin…

(Et pour l’anecdote finale sache que la SF de ma réeduc n’a rien trouvé de mieux que de me dire « c’est bien, elle a la peau claire » ???? WTF ???? En quoi c’est bien ??? Ca sous-entend quoi au juste ??? Que plus noir, c’est pas beau, pas cool, galère ? Non mais je rêve ! Ce genre de remarques, c’est donc parti ! Et ca a commencé à ses 2 mois et demi, so lol !).

Bref, suite à ces « faits divers gravissimes » (punaise quoi, une gamine de 6 ans, et une autre de 3 ans, enfermées seules sans leurs parents durant 5 et 4 jours !), je suis dépitée, remontée, fatiguée de ces politiques qui ne disent pas leur nom, et en colère. Déjà que mon neveu de 6 ans avait été interrogé, seul, pour venir nous rendre visite il y a 2 ans. Que je doute que ma nièce, dont je suis la marraine, et que je n’ai pas vue depuis 2010, puisse avoir le visa pour venir passer l’été cette année. Alors là c’est le pompon !! Et puis, je ne comprends toujours pas ce qui amène à traiter, suspecter, conditionner les gens en fonction de leur origines et couleurs de peau boreal ?! Je dois être bête sûrement…

 

 

Patience !

10 Mar

Voila voila, lundi est passé ! et donc les examens de la paralysie faciale avec !

Après 10 jours de corticoïdes, un tour en neuro, et un tour en ORL (pensées à Mme Ourse…), il s’avère qu’on ne sait pas quel virus j’ai pu me choper, mais que c’est souvent le cas… et surtout que peu importe car des signes de récupération sont d’ores et déjà là !

L’oeil se ferme davantage, le coin de ma bouche sait de nouveau à quoi il sert et s’emploie à mastiquer correctement, voire même il réussi peu à peu à sourire de nouveau ! Bref, après avoir chuté davantage la semaine passée, ça s’améliore depuis 4 jours ! Bon, parler longtemps reste encore un effort, tout comme zieuter des écrans, mais tout cela est bon signe, et c’est l’essentiel ! Bientôt je dirai très certainement plus de peur que de mal, avec un grand soulagement !

Les examens se sont faits dans l’hôpital où normalement nous ne devrions retourner que pour la naissance… sauf si d’ici vendredi La Lueur n’a pas pointé le bout de son nez… ! Je dois d’ailleurs prendre rendez-vous demain pour un monito à ma dpa si nada d’ici là…

Les doc’ de lundi étaient hallucinées quand je disais mon terme, pas que je sois mince (mon ventre est juste énorme… et je ne me suis pas pesée depuis le rendez-vous des 9 mois, et ne compte pas le faire… pas l’intention de voir s’afficher un +20kg dont je suis quasi certaine), mais parce que je trottine tranquillou, marche rapidement… Bref, quand on me demande si ça devient dur et lourd ? Je réponds késako ? Bref, tout baigne ! (dis la fille qui va commencer à flipper si dépassement de terme il y a).

Sinon, ben voila, j’ai fini tout ce que j’avais à faire (même le bilan de compétence est finito depuis ce matin, ce qui n’était pas prévu, ❤ à cette jeune femme dynamique, faisant confiance et donnant confiance !), et je suis donc dispo pour l’arrivée de bébé !

Cependant, Chérid’A étant (ah ben oui, il est où d’ailleurs ? arf… devant le pc à bosser, évidemment) noyé par les dossiers (tinkiet, je l’aide comme je peux, et en plus c’est trop marrant), tout comme son collègue (ce qui est une bonne chose, car qui dit nouveaux dossiers, dit plus de taf’, dit donc besoin de lui, et donc embauche !), je t’avoue que La Lueur a bien le droit de patienter d’ici jeudi ou vendredi… On (enfin il) sera plus zen ! et reposé !

On profite donc au mieux du possible de cette vie ensemble hebdomadaire retrouvée et que l’on avait quitté il y a déjà 1,5 ans!

On répond aussi aux moult textos des proches, potes & co qui commencent à s’impatienter 😉 ! Patience, La Lueur peaufine sa beauté !

Et on s’est fait piquer deux prénoms en deux jours, mais (après un mini coup de what ?!!!) basta on a décidé qu’ils resteraient parmi les 4 en lice… Bref, on choisira le prénom à la découverte de la mini bouille de La Lueur !

Et… et puis… the last bonne nouvelle ! Outre le job sûr, un bail nous attend pour début avril à Genop’Ville !!! Dans le même lieu que nous avions visité ensemble en décembre (idéalement placé niveau taf’ de l’homme, nounou ou crèche, et RER pour moi pour aller à FritesVille… voire même CHR… aka future PMA…), et, en plus, cerise sur le gâteau, un appart’ identique (sauf que tout est inversé) à celui pour lequel nous avions flashé !

Bref, vendredi je joue au loto, obligé !

Et même si les nouvelles sont difficiles pour certain/es en ce moment, j’espère tant en lire d’heureuses chez chacun/e prochainement…

Et vu de mon autre ailleurs ?

15 Jan

Ici sont relatés des réflexions et sentiments qui ont été partagés « au pays » suite aux événements français et nigérian récents. Bref, c’est un peu un résumé de nos échanges de hier avec « le pays ».

Comme vous le savez, les évènements dramatiques en France ont eu lieu au même moment que d’autres événements dramatiques au Nigeria.

Ce pays, frontalier à la moitié de La Lueur, j’en ai souvent parlé sur ce blog. De sa taille impressionnante, de son cinéma numéro 2 mondial, de sa musique actuelle que je surkiffe (la majeure partie des zic’ mises sur ce blog sont de là-bas), de sa capitale immense, de son économie qui a tant prospérée, de notre envie un jour d’y aller, etc… J’ai donc mis pas mal d’images, de sons, de liens vers ce chouette pays qu’est le Nigeria. J’ai aussi peu parlé de comment Ebola a été jugulé rapidement là-bas, et du mal qui le ronge au nord, et qui s’étend peu à peu à la sous-région. Alors aujourd’hui, ce n’est pas un joli son, des grattes-ciels ou une image de plage magnifique que je vous mettrai, mais cette infographie (AF*). Point besoin d’expliquer, c’est ça qui est cool avec les infographies, elles parlent d’elles-mêmes.

Bharam

Autres détails ici.

Hier donc au tel, on a parlé du pays, du Nigeria, de la France, des actualités récentes en somme :

  • Un mal similaire : le terrorisme.
  • Des conséquences similaires : des morts.
  • Une mobilisation forte de la société civile : manif’, Une, et messages de soutien.
  • Une différence de taille : une mobilisation des dirigeants internationaux asymétrique.

En résumé, voila ce qui a été ressenti vu d’ailleurs…

Ce sentiment n’empêche en rien le soutien et la mobilisation « au pays » envers les innocents assassinés du fait de leur religion, de leur fonction, ou de leur mauvaise place au mauvais moment, et envers « Charlie » et ce que les esprits défunts de ce journal représentaient. Pour preuve cette autre infographie sortie hier ou encore ces articles de presse sur les caricaturistes du « pays » et un résumé des mobilisations sur le continent africain. Concernant l’Afrique subsaharienne, les médias oraux français ont parlé de l’interdiction au Sénégal (nb : ce qui ne veut pas dire les sénégalais), mais pas des demandes non assouvies en exemplaires dans d’autres pays : Cameroun, Gabon, Côte d’Ivoire et Madagascar. La mobilisation de la société civile et des organes de presse est ainsi bien réelle !

5 millions d'exemplaires de Charlie Hebdo

Plus de détails ici.

Choqués, ces derniers jours, il nous a fallu rassurer la famille. Choqués, ces derniers jours, il a fallu que notre famille nous rassure. Mais eux-même ne sont pas rassurés… C’est la première fois depuis deux ans que ma belle-famille émet de réelles peurs et craintes vis à vis de ce qui se passe à l’Extrême Nord. Région qu’ils connaissent bien pour y avoir vécu (Chérid’A a eu la chance de vivre dans toutes les régions du « pays », hormis les deux anglophones), y avoir tout comme moi dans un autre pays « marié » au quotidien l’Islam au Catholicisme, et y avoir « adopté » (confiage légalisé en résumé) un enfant, devenu adulte depuis (parait que ça grandit les enfants, snif…), et qui est actuellement mobilisé là-bas tout au Nord.

L’horreur c’est l’horreur. « La folie n’a ni couleur, ni religion » (j’ajouterai ni frontière) comme l’a dit si justement le proche d’un défunt. Le terrorisme c’est le terrorisme. La mort c’est la mort. Il n’y a pas de hiérarchie.

Les images de mobilisation ici ont impressionné là-bas, tant par la mobilisation de la société civile, que (et surtout surtout) par la mobilisation des grands de ce Monde. Et c’est à ce dernier niveau que l’asymétrie est en train de se faire… En une phrase, en une synthèse de résumé, la question est « combien de morts atroces faudra-t-il atteindre pour qu’un soutien et un appui des dirigeant internationaux se fasse ? ».

Ces derniers jours les tueries ont atteint des sommets d’inhumanité. Je ne vous relayerai pas par écrit les dernières infos, c’est juste indicible… et juste l’écrire me fait pleurer tellement l’incompréhension atteint son comble. Alors, certes les armées nigériane, camerounaise et sans doute tchadienne demain vu les récents engagements de ces derniers, sont plus qu’armées, mobilisées, et formées… Reste que l’intervention est avant tout terrestre, que l’armée de l’air agit aussi, mais que des moyens plus puissants existent dans d’autres armées de ce Monde, et que face au terrorisme qui n’a peur de rien, il est difficile de lutter…

En bref, le constat est que Paris a vu et reçu une mobilisation forte et engagée des présidents et donc des pays de ce Monde. Ouf, heureusement, on peut être solidaire tous ensemble, et c’est donc possible ! Mais alors pourquoi un tel soutien ne semble-t-il pas encore possible envers Abuja ? (ou ailleurs d’ailleurs). Ou plutôt quand ce soutien aura-t-il lieu ?

Oui, c’est complexe. Oui, il y a eu mobilisation de la société civile internationale contre les BH (« Bring back our girls »). Mais non, lors des manifs’ contre la secte terroriste, il n’y a pas eu de présence présidentielle internationale forte et engagée dans les actes. J’espère donc fort que Aujourd’hui et Demain me feront mentir sur ces constats.

Et puis…

Il semble que certains de mes concitoyens sont tentés de dire que les événements de ces derniers jours en France sont le fait d’une menace extérieure… Pourtant, c’est bien ici, dans cette métropole française, et par des français, que le mal a été fait. Ce serait illusoire de ne pas dire que le terrorisme est bel et bien en interne à la France. Ce serait comme si on voulait croire que non ce n’est pas possible, que c’est un Autre (souvent fantasmé) qui est le Mal… et pourtant, il est me semble-t-il important de réaliser cela… que tout comme au Nigeria, en France, ce sont mes voisins que je connais, mes voisins de pallier, mes voisins que je croise et avec qui je papote tous les jours, qui basculent ou peuvent basculer dans l’horreur, et non pas un autre que je ne connais pas, avec qui je ne vis pas, une menace dite extérieure. Si cette conscience que la problématique est interne, et mondiale, n’est pas là, je me demande comment on peut continuer à construire de la cohésion sociale, des valeurs à défendre pour et par chacun…

Ainsi, en France, le Mal serait ainsi pour certains considéré comme externe. Au Nigeria, comme interne. Pourtant dans les deux pays, ce sont bel et bien des citoyens de ces pays qui causent des malheurs au nom du terrorisme et d’une religion prise en otage.

Alors, que faire ?

Hormis inclure au max tout un chacun dans mon quotidien (social, économique, citoyen…) et reprendre les préjugés idiots, soit ce que je sais déjà faire je l’espère, je ne vois pas trop… Du moins à mon niveau. Je suis preneuse d’idées. Toi tu fais comment?

En tout cas, assurément, tout un chacun a les cartes en mains. J’ose le croire, sinon je ne verrai pas d’Espoir.

J’espère ainsi que les présidentielles nigériane qui arrivent dans quelques jours seront gages de lendemains meilleurs, que le sommet mondial contre le terrorisme qui arrivera 4 jours plus tard permettra aux Etats de s’engager conjointement à travers le Monde et avec une coalition forte, que les massacres inhumains cesseront (ce post je n’avais pas prévu de l’écrire, mais lisant les dernières brèves d’HRW et Amnesty ce matin sur BHaram, j’ai eu un haut le coeur), que les sentiments d’un poids, deux mesures (qui pourraient naitre si un pays est soutenu internationalement mais pas un autre pour les mêmes causes) n’arrivent pas, que l’on n’oublie pas non plus le Yémen, la RDC (Kivu), l’Afghanistan, la Syrie… et trop et encore trop d’autres zones de conflits sur cette même et unique planète.

J’espère que La Lueur grandira dans un monde davantage en Paix qu’en guerre(s), davantage uni que dans le rejet, davantage inclusif que discriminant, davantage juste et égalitaire qu’empli d’injustices et d’inégalités.

(Bon, ben voila, j’avais juste le souhait de relater une « vue de l’extérieur », ce souhait d’un soutien autre et surtout plus fort que dans les paroles échangés par le « pays », et de coucher ces mots qui font qu’en ce moment avec Chérid’A on se sent un peu pris en étau d’un côté comme de l’autre…)

 

Témoignage : « Un peu de moi » (alias ma copbampinauteanonyme)

31 Oct

Je n’irais pas jusqu’à dire que la PMA m’a permis de faire de belles rencontres… mais si quand même… J’aurai bien entendu préféré rencontrer ces personnes dans un autre cadre que l’attente et la douleur, mais ça s’est fait ainsi, et demain j’espère que des liens resteront et que chacun sera en train de gouter au Bonheur.

Parmi ces rencontres, ma coéquipière Bamp avec qui les points communs sont si nombreux : ovaires de foutaises dénommées opk, écho des 12 sa catastrophe alors que quelques jours avant tout allait bien, mais aussi ville, formation et école sup’ en commun (mais pas même métier, ça aurait été flippant de tout faire pareil…) !

Enfin bref… voila voila. Et puisqu’elle n’a pas de blog, je lui ai prêté cette page ! Elle est modeste, jette des fleurs alors qu’elle devrait les recevoir, elle écrit merveilleusement bien, a eu un parcours si long et si difficile, et elle est drôle même dans le pire. Je ne sais pas comment elle fait d’ailleurs. J’admire. En tout cas j’espère que ça donnera Espoir à nombre d’entre vous. Je lui file la main pour répondre à vos com’. C’est sa page, son témoignage.

Merci à toi ma belle ❤ !!

Ahhh ma petite Bounty ! J’ai mis du temps à me décider à écrire. Je ne suis pas dotée de capacités rédactionnelles de qualité (comme l’aurait dit mon prof de français du lycée). Je suis également impressionnée par tes écrits traitant de sujets propres à nous faire réfléchir – toujours dans un style drôle et/ou touchant. C’est donc avec un peu d’appréhension que je commence ces lignes.

Néanmoins et puisque tu penses que cela peut être une bonne idée voici donc notre histoire de PMette et PMec :

Novembre 2001: Rencontre: ouhaouhhhh.

Juillet 2008: Début des essais 100% naturels. Avec 100% confiance.

2010-2011: État des lieux: Mademoiselle est OPK et Monsieur a des spermatozoïdes anormaux et peu mobiles: un doublé gagnant. Clomid: 3 cycles: marche pas. 1 IAC: marche pas non plus. « Vu votre cas (petite parenthèse ! WTF !!! notre cas,… tu sais ce qu’il te dit notre cas… on sent que ça se corse) on va passer directement à la FIV, ça ne vous embête pas? » => « Euh » => « Très bien ».

Novembre 2011: FIV1: 1 embryon avec une bonne tête. On y croit. Y’a pas de raison que ça ne fonctionne pas. Ben si : loupé. C’est dommage parce qu’on était comme qui dirait « confiant ».

Février 2012: FIV2: 2 embryons de compétition! Si si! La biologiste dira même « vous, on ne vous reverra plus! ». En fait si…et pas plus tard que dans 3 mois. A partir de là, on commence quand même à douter. Tiens « FIV2 », ça fait la moitié de FIV 4. Ça fait un peu comme si dans sa semaine de boulot on atteignait le fameux « mercredi midi » nous permettant la bascule vers le weekend – sauf que là, on se dirigerait vers le lundi à la place du vendredi (or, tout le monde sait que « vendredi c’est permis ». Quoi ça marche aussi avec lundi ??? ).

Mai 2012: FIV3: ben non: zéro complet: pas d’embryons sympathiques (en gros : c’est même pas la peine d’envisager un transfert car « ça vous ferait perdre une tentative ». Euh on est dans un jeu vidéo ? On a des options stratégiques à sélectionner ? On coche où ? (bon sang ça devient plus complexe que Candy Crucheeee). « On remet le couvert après les vacances alors? » => « oui, mais alors après un drilling fin Août » => »Ok » (jusque là on pourra dire qu’on est assez conciliant…on nous propose, on acquiesce. En fait, j’ai l’impression qu’on aura toujours préféré « faire confiance » dans notre centre, dans les protocoles…, malgré les remarques de notre entourage nous incitant à aller « voir ailleurs » (plus facile à dire qu’à faire, c’est une décision difficile me semble-t-il avec beaucoup de « et si »).

Bon , concernant le drilling, on s’est quand même posé pas mal de questions : « pourquoi seulement maintenant ? », « est-ce bien utile ? »…

… Et là les recherches internet ont commencé : doctichose, familuche, … avec des mots clés divers et variés incluant principalement le mot « drilling ? » et bien sûr le fameux combo « chances de succès après drilling ». Vous pouvez aisément remarquer le choix judicieux de l’usage du point d’exclamation derrière le mot « drilling » ….en effet : qu’on se le dise bien, notre centre PMA mise beaucoup sur la compréhension rapide de ses patient(e)s. Un couple seul (enfin ne généralisons pas… disons notre couple ) n’était pas suffisamment armé pour écouter, prendre des notes, faire répéter dans le temps imparti lors d’une première séance visant à expliquer le déroulement d’une FIV (conseil pour toi, qui va entamer une FIV : sois sûr de te munir, d’un calepin, dictaphone, caméra, pied de caméra,…Tu peux également prévoir pour la salle d’attente des magasines récents si tu veux éviter de te refarcir les informations portant sur le début de quinquennat de François H. ou encore l’horoscope de 2010 ). Si comme moi, vous êtes lent(e)s d’esprit, pas de problème : les tutoriaux youtoobe avec musique appropriée vous permettent de vous familiariser avec les techniques de piquage notamment. Exemple :

Août 2012: drilling… on sonne à la porte… Chez nous en l’occurrence ça ne sonne pas longtemps…retour des kystes 2 mois plus tard. Ben mince, statistiquement parlant j’avais normalement 50% de chance de retrouver des cycles normaux après le drilling. A ce moment précis, nous sentons que nous sommes bien partis pour être du mauvais côté des stats. Nous commençons pour tout dire à baisser les bras. Notre centre PMA nous sentant, comme qui dirait, légèrement pessimistes (le terme est faible), nous propose de remonter à cheval (pour poursuivre le parallèle, le cheval ne m’a jamais trop inspiré : trop grand, trop rapide. Je préfère le poney shetland ou à la rigueur le cheval de trait qui me semblent plus « accessibles », plus « sympathoches ». Mais bon nous comprenons vite si nous ne voulons pas nous laisser rattraper par la décrépitude, il nous faut, tel le facteur à l’approche des fêtes de Noël, presser le pas… Ce sera donc la chevauchée fantastique sur un pur sang => les réjouissances : une FIV pour novembre !.

Novembre 2012: FIV3 le retour: 7 embryons!! The dream comes true! Merci Drilling alors? Transfert de 2 embryons: loupé. Mais… pour la première fois nous avons l’opportunité de congeler des embryons : nous sommes ravis. Il semble que pour la première fois nous puissions nous diriger vers du positif !

Février 2013: FIV3BisTEC1: 2 embryons transférés : pas de bol: loupé. Arrrhhhh !!!!!!!

Avril 2013: FIV3TEC2: 2 embryons transférés : ++++!! Youpi! Mais…surprise surprise: Urgences: GIEU (Grossesse Intra Extra Utérine : 1 cas/30 000 à priori). Arrêt à 6SA. La chance dans notre malheur : afin d’essayer d’envisager l’évolution de l’embryon intra utérin, nous sommes restés plusieurs jours sous observation (autant dire également que le terme « observation » prend tout son sens quand l’ensemble des internes de la mater à le droit de me rendre visite rapport au faible % de chance pour eux de retomber sur « un tel cas »), ce qui a permis de voir un arrêt simultané des 2 embryons et diminution spontanée des bêtas : donc pas d’opération ni traitement médicamenteux.

Juin 2013 : FIV3TEC3: 1 embryon transféré : ++++!! Youpi bis ! Départ en Inde pour le boulot, douleur de GEU => hôpital (toujours en Inde, si si…). Découvertes :

  • du système médical à l’international
  • de l’arrêt de la grossesse

Août 2013 : stim simple (« pour voir ») : ++++!! Youpi (en un peu plus modéré quand même que le youpi précédent) : écho à 9 SA : tout va bien, on se détend : heureux chanceux, vous rejoignez le parcours normal. Echo à 12 SA (Novembre 2013)  par un échographiste « normal » : « Madame, Monsieur, c’est fini. Vous  pouvez récupérer vos clichés à la sortie»…..

Vous remarquerez que mes derniers paragraphes se rapportant à l’année 2013 sont moins enjoués que tous ceux se rapportant aux années précédentes. Tout simplement parce que cela ne nous a plus fait sourire.

Au début mon mari et moi découvrions, nous étions tellement confiants. Nous sommes passés par des moments difficiles mais nous réussissions à conserver une bonne mine notamment vis-à-vis de nos familles, amis, collègues. Pour le peu de personnes qui « savaient », nous étions même je crois « peu encombrants ». Bizarre d’utiliser ce terme mais c’est celui qui me vient le premier à l’esprit…nous tâchions en effet de tourner les choses de manière positive, de dédramatiser la situation….

Je dirais que tout à basculé en 2013 : comment continuer à garder cette bipolarité : souriant vers l’extérieur, tristes et affaiblis dans l’intimité. Nous avons cette chance d’avoir toujours pu compter l’un sur l’autre. Mais bon sang !!! …Toutes ces étapes nous ont durablement changé !

Parmi ce qui me touche tout particulièrement aujourd’hui, je crois ainsi lors de cette année avoir perdu :

  • pour une grand part la confiance en moi : « je ne suis pas capable de …». Au boulot cela se manifeste par le fait de me taire lorsque d’autres proposent des idées avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Je ne parviens plus à exprimer mes pensées de manière cohérente et argumentée. Une petite pichenette et hop, le château de carte s’écroule et moi avec.
  • … des amis. D’annulations de soirées en report de weekends, d’enthousiasme parfois limité lors d’annonces de naissances à l’oubli des anniversaires des enfants, nous n’avons pas dû mettre toutes les chances de notre côté pour conserver ces amitiés.

Mais avec le recul, je pense aussi avoir notamment gagné :

  • un amour plus solide que jamais. Je compare toujours notre couple à une balançoire à bascule. Nous avons toujours tâché d’amener celle-ci à l’équilibre. Je dois dire que dans les moments difficiles, Vincent a toujours donné l’impulsion permettant de nous faire remonter vers le haut.
  • une meilleure connaissance
  • le droit de tourner 7 fois ma langue dans ma bouche avant de dire des phrases toute faites qui nous rassurent dans notre capacité à intervenir vite pour essayer de contrer le malheur d’autrui mais qui au final sont inaudibles par une personne en détresse.

Avec ce descriptif de mon parcours je ne souhaite pas donner de faux espoirs car je sais combien je n’aurais pas su entendre des messages d’encouragement l’an passé. Aujourd’hui, suite à une stim simple, nous attendons un petit qui devrait voir le jour début décembre. Cette échéance me rassure, (tellement de peurs ont émaillé le début de cette grossesse) et me donne enfin la possibilité de jeter un regard en arrière et repasser au travers des étapes de notre parcours.

Aucun parcours n’est comparable et ne devrait être comparé. Tant que la science fera des découvertes, tant que le ou les dieux garderont leurs mystères, nous pourrons estimer que dans chaque parcours se cache une part de chance (de rencontrer les « bons « docteurs, d’avoir les « bons » traitements, que l’embryon se niche au creux de nous….) et requiert une bonne dose d’endurance.

Quelqu’un de très proche nous avait dit l’an dernier: « les épreuves sont à la hauteur de la force des personnes qui les vivent ». J’aime y croire. Et quand je vous lis, car je peux vous l’avouer maintenant, je vous lis dans l’ombre très assidument, je vois de très belles personnes avec des doutes, des faiblesses mais également des ressources et beaucoup de force.

Croyez en vous !

Je vous embrasse FORT !!!!!!!

Surprise ?!

11 Oct

En vieille PBPMA aigrie… voila voila, j’ai un doute…

Comment dois-je prendre ce mail reçu ce matin ?

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Sachant que :

  • c’est une amie-copine de longue date
  • on se voit peu car elle vit dans la grande ville des montagnes et moi au plat pays
  • la dernière fois que je l’ai vu c’était en avril dernier, alors que j’étais descendue sur MontagnesCity pour voir Chérid’A, elle et deux blogueuses de folie que j’adore (kiss kiss  les filles)
  • elle sait pour nos essais depuis 2011
  • elle sait pour la PMA (et donc les échecs liés)
  • elle craignait un peu une infertilité du fait de son âge plus avancé que le mien d’une petite dizaine d’années, et qu’on en avait parlé
  • elle m’avait dit de lâcher prise, bla bla bla… (bon, ça je ne lui en veux pas, c’est ainsi pour tous/toutes n’est ce pas…)
  • elle sait pour la perte des jumeaux
  • elle est au courant de nos galères avec Chérid’A-distance-taf-‘&co
  • elle ne m’a pas tel depuis avril dernier, ni pris de mes nouvelles…
  • elle n’avait pas répondu à mon dernier message de mai dernier… et ensuite arrivé le temps des deuils, et je n’avais pas envie d’appeler qui que ce soit… puis est ensuite arrivé la belle nouvelle et ses frayeurs, idem, j’étais dans ma bulle, je le reconnais…

Alors je suis heureuse pour eux, oui c’est vrai.

Mais la façon d’annoncer, pardon ???

Du coup j’oscille entre « tu te fous de ma poire avec une annonce faite par mail ainsi » et « je suis contente pour vous, c’est une belle nouvelle ».

Bref, c’est quoi ce mauvais sentiment en mode AigrieBitch ?

Et cette pensée inavouée qui se résumerait en un « Outre le fait que c’est quoi cette annonce par mail (t’as un tel non???) ???? et avec ce !!!… ???. Bordal, mais pourquoi mon entourage fertile (elle, mon ex collègue, qui ensuite ?) a choisi MA date ??? »

Je suis mauvaise dit ? Je ne devrais pas le prendre si mal ?

J’ai la chance d’assouvir le rêve de tous ceux qui passent par la PMA en ce moment même, et pourtant j’ai mal pris son annonce, voire même, horreur, en y sentant de l’égoïsme, de la vantardise dans sa façon de le dire… (son côté moi-moi que lui reproche depuis toujours ma moitié en somme, pourtant il est souple mon homme). Je me trompe surement, et surement qu’elle ne savait comment le dire.

Je vais réfléchir un peu à comment répondre. D’ailleurs par mail ? ou tel ? Vous feriez quoi ?

Si je n’avais pas La Lueur auj’, mais comment aurai-je réagit ? Mal… très mal je pense. Ça aurait été un coup de poignard, alors que peut-être il ne fallait pas le prendre ainsi, car ainsi va la vie.

En somme, je ne sais plus comment il est normal de réagir lorsqu’on sait que quelqu’un galère à avoir ce qu’on a obtenu, le dit-on ainsi ? Dis, tu sais toi ?