Quelle place ? – les n’ami(e)s…

8 Oct

Quelle place ?

En voila une question bien stupide.

Quelle place auprès des mes amies toutes devenues mamans ces 6 derniers mois ?

J’ai beau faire du TPMG, être apaisée par le round 1 terminé, je ne peux y échapper…

Je suis la seule, la dernière (et pourtant la première à avoir essayé), the last one sans bébé…

Je ne peux y échapper, il faut gérer les nouveautés dans nos échanges avec mes n’ami(e)s, les discussions autour de mon monde rêvée, voire écouter les plaintes et la fatigue de leur changement de vie (et ça je n’y avais pas pensé) … 

Dans nos discussions, nos blablas sur nos life de jeunettes avaient laissé place aux racontars des prouesses procréatives (enfin par prouesses j’entends un discret et pondéré « j’ai arrêté la pilule », « ça fait x mois »… et pour moi, quelques mois plus tard, la version « xx mois » « on est suivi à l’hôpital »…).

Là je pouvais encore papoter… ne me sentais pas vraiment décalée, ni exclue (enfin tout de même un peu quand même… quand les + sont tombés tour à tour…).

Puis vint le temps de leurs grossesses où j’ai brillé par mon absence (du moins pour la plupart d’entre elles… je sais je suis une bitch doublée de la mention aigrie). Il n’y a qu’avec ma meilleure amie que ça allait. Durant sa grossesse, on a continué à se tel et à se voir. Elle, si simple et positive, si discrète et compréhensive. Pas trop de plaintes sur sa grossesse, elle avait « gouté » à l’attente et au doute. Grossesse obtenue en 8 mois grâce au premier cycle de clomid. Alors on se comprenait.

Pour d’autres copines, au plus l’attente des C était courte, au moins ça allait. Les pires étant les C1 qui ont évidement LA solution à l’infertilité (la version ça n’existe pas – aka y’a qu’à pas y penser… – , c’est de ta faute- aka in your mind…). La distance aidant (mes n’ami(e)s sont éparpillées), les coups de fils sont devenus moins nombreux.

Les annonces ont plu, des attendus, des désirés, des non désirés, des « programmés »… Pas de règles (oh le vilain jeux de mots) quant à leur soutien. Les meilleurs soutiens me sont venus de ma meilleure amie, d’une autre qui elle aussi avait attendu un peu (7ème mois d’essai, C1 de clomid) (mais qui aujourd’hui n’arrête pas d’envoyer des photos de son nouveau né), et ô surprise de la copine enceinte alors que leur couple ne voulait pas avoir d’enfant(s).

Ce temps là, où elles étaient toutes enceintes et moi le ventre vide, finalement, j’arrivai à parler de nos étapes, du chemin vers la PMA, des examens, des IAC… et à prendre des petites nouvelles de comment elles se sentaient, comment leur grossesse se passait. On parlait de tout et de rien ensuite.

Aujourd’hui, mais aujourd’hui, alors qu’elles ont toutes leur bébé dans les bras, je pensais que ça irait encore mieux car leur grossesse (que j’enviai, faut pas se leurrer) était passée.

Mais non en fait.

Elles sont accaparées par leurs nouvelles vies, et les coups de fils sont absents depuis.

J’ai mes torts aussi, je n’arrive pas à décrocher le téléphone, appeler et demander des nouvelles du petit ou de la petite, de comment elles arrivent à gérer, si tout se passe bien, et que sais-je encore…

Je ne parle pas le Maman, voila la réalité.

Un fossé va se creuser. Je le sens…

Je le sens car hier lorsque ma meilleure amie, à qui je ne reproche pourtant rien et remercie tant, m’a téléphoné (enfin nous avions réussi à nous capter, la dernière fois s’était en juillet pour l’informer de ma grossesse et de son arrêt) et a commencé à se plaindre, j’ai eu la boule au ventre, la gorge serrée.

Elle se plaignait de sa fatigue (bébé, boulot, balai…). Je peux comprendre/imaginer qu’elle soit fatiguée, mais… Mais que dire ? Je dis « oui je te comprends/j’imagine, c’est difficile… » Mais je pense, marde, si seulement je pouvais être fatiguée grâce à mon bébé, mon boulot et mon coup de balai !

Alors je ne sais plus quoi raconter, je n’ai plus eu envie de raconter. Ah quoi bon ? La faire fuir… Nos problèmes ne sont pas solubles en un coup de cuillère à café… C’est bien plus hard que cela, l’infertilité entre autre, mais pas que (on cumule en ce moment disons).

Les rangées de cartes qu’on essaye d’aligner au mieux se sont écroulées les unes après les autres. On essaye de les reconstruire, une à une. L’une d’entre elle est en cours de rétablissement et pour cela nous impose d’être séparé un temps avec ma moitié, et très certainement de « remettre » à plus tard le retour en pma (soyons concret… comment va-t-on gérer?).

Alors voila, je n’ai plus la force d’écouter les plaintes de ce que j’appelle le bonheur, même si je sais que lorsqu’on atteint le bonheur visé les problèmes qui nous semblaient si insignifiants auparavant nous semblent alors de nouvelles montagnes à présent.

Je n’aime pas ce que l’infertilité et les problèmes ont fait de moi. Pour certaines, cela m’a permis de « faire le tri » (lorsque vraiment les bornes étaient dépassées). Pour d’autres, marde, pourquoi je réagi de la sorte, elles ne m’ont rien fait, leur vie ne va pas s’arrêter…

Alors quelle place ? Quelle place d’amie et de copine auprès de toutes qui sont mamans ? De quoi parler ensemble alors qu’elles n’ont d’yeux et de paroles que pour leurs chérubins ? Quels sujets abordés, hormis les futiles, quand on a en tête des problèmes diamétralement opposés ? 

Nous nous sommes encore sur l’autre planète, en errance. On ne sait d’ailleurs pas où est la porte de sortie, ni comment on l’atteint, ni si elle existe… et aujourd’hui ni quand est ce qu’on se remettra à la chercher (d’un commun accord, on est d’accord…)?

Au fond, ce qui me fait mal c’est cette perte de projets, de visibilité… ces échecs qui se sont succédé… et ce temps qui passe si lentement…

Ici au moins je me sens bien, c’est déjà très très bien. En dehors j’aimerai me promener dans ma bulle, mais même ça je trouve que c’est compliqué. Compliqué de ne pas voir, de se taire, de ne pas écouter. Compliqué de faire semblant. Je suis nulle comme actrice, c’est un fait.

Alors quelle place ?

Comment m’intéresser à elles sans en souffrir, sans nœuds à la gorge, sans apnée ? Comment stopper la perte de confiance, le sentiment de nullité… ? Comment attendre, encore, sans savoir à quel « fin » nous serons mangés ? Comment faire bulle avec moi-même quand ma tête est prête à exploser ? Comment faire semblant, sourire devant et serrer les dents ? Comment ne pas regretter de parfois en avoir trop vite parlé (LW m’a fait réfléchir, peut-être que parfois je ne reconnais pas mes limites, quitte à en souffrir après) ?

Il n’y a pas de solutions, seule la patience, la persévérance et l’espoir, je pense, mais aussi plus de préservation de mon intimité, me permettront de « gérer »…

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41 Réponses to “Quelle place ? – les n’ami(e)s…”

  1. lisette84 8 octobre 2013 à 16:15 #

    Je ne sais tellement pas que répondre, parce que je ne sais tellement pas comment agir dans ma vie non plus. Je ressens aussi ce décalage, je ne peux m’empecher de ressentir cette pointe d’envie à l’annonce d’une grossesse ou d’une naissance. Ces quelques semaines, 5 amies proches ont accouché. Je félicite, je m’extasie, mais je suis triste… Je crois que c’est le décalage de la souffrance, mais certaines peuvent comprendre. Ce qui est dur avec cette souffrance, c’est qu’elle isole, fait se sentir seul, différent… En fait, c’est sans doute le lot de toute souffrance… Je t’embrasse très très fort…

    • Bounty Caramel 8 octobre 2013 à 20:04 #

      Ton petit mot m’a fait du bien, merci. 5… c’est dur…
      On s’isole, on s’altère… c’est sur. Des bises

  2. Lucky Bellule 8 octobre 2013 à 16:59 #

    Je te rassure, je suis maman mais je sens toujours cette distance. Je l’ai connue avant, lorsque je crevais de ne pas voir venir ce bébé et que mes copines se plaignaient de leur nouvelle vie ou ne parlaient que de couches. Comme je me suis sentie loin de ça… Du coup je me suis écartée. Je pense qu’en n’appelant plus personne, je voulais tester mes amies. Savoir lesquelles se souciaient vraiment de ma personne. Finalement, il y en a peu. Et puis je me suis dit « à quoi bon ? » « elles ne savent pas et ne sauront jamais ce qu’est la PMA ». Même les meilleures ne peuvent qu’imaginer et compatir. Mais jamais comprendre. Alors OUI c’est dur ! Mais je crois qu’il faut passer outre. Vivre pour soi. Prendre ce que ces amies peuvent nous apporter mais ne pas se formaliser de toutes leurs maladresses. Courage à toi ! Tu verras qu’une fois maman, il y aura quand même cette empreinte PMA

    • Bounty Caramel 8 octobre 2013 à 20:08 #

      Merci pour tes mots. Le mode « test » est plutôt bien vrai… Et là tu comptes, sur une seule main. Gloups. Je te rejoins aussi car je n’emploie quasi jamais le « je comprends », mais le « j’imagine » (j’y fait attention depuis qu’un psy me l’a sorti, et j’avais écarquillé les yeux de « soulagement », après il était à mes yeux crédible). Quant à l’empreinte, j’en suis certaine, on ne s’oublie pas… bises

  3. damelapin 8 octobre 2013 à 17:22 #

    Je crois qu’on te comprend toutes. Faire des efforts avec celles qui en font pour nous, celles qui sont là.
    J’ai de la chance, nous avons été les premiers de mariés. Pas encore énormément de bébés dans nos amis, même si cela commence à arriver.
    Dis toi que chaque couple, chaque personne a un énorme coup dur dans la vie. Nous c’est celui là. Nous savons que malgré ce qui nous arrive, on tient bon, notre couple tient bon. La vie nous a balancé la plus dure des épreuves et malgré ça, nous avançons. Nous sommes les winneuses de la vie, et à côté de ça, tout nous semblera de la gnognotte.

    • Bounty Caramel 8 octobre 2013 à 20:13 #

      Ben disons que les coups durs (à vie et sans possibilité de changement ou de résolution) s’accumulent (je n’en parle pas vraiment ici), et c’est aussi pour cela que « la coupe est pleine » comme on dit. Je fais du mieux que je peux, mais en ce moment ça devient trop. Ca déborde, et quand ca déborde, je n’ai qu’une envie, partir loin… et changer de vie. Par contre j’ai pas trouvé le bon claquement de doigt pour le faire, alors bon, patience… Bises

    • damelapin 8 octobre 2013 à 21:43 #

      C’est normal de ressentir ça à un moment je pense.
      Courage à toi.
      Bisous

  4. Zapppp 8 octobre 2013 à 18:52 #

    Oui, tellement vrai tout ça. On est en décalage avec ceux qui ont des enfants mais aussi en décalage avec ceux qui ne pensent pas encore aux enfants. Les deux cotes ne comprennent pas, a quel point cette épreuve est insupportable, invivable… Nous sommes seuls entre deux mondes.

    • Bounty Caramel 8 octobre 2013 à 20:14 #

      Ah oui, t’as raison. Je les avais oublié. C’est vraiment cette impression. Bises et merci pour ton mot

  5. Kaellie 8 octobre 2013 à 19:13 #

    Ce décalage je crois qu’on le vit toutes à notre façon. Et c’est horrible de se voir comme ça :/
    Tu as mis de très beaux mots sur tout ça, merci ❤
    Bisous

    • Bounty Caramel 8 octobre 2013 à 20:20 #

      C’est gentil. Merci ❤
      J'ai l'impression que ma vie est un perpétuel décalage en fait. Même mon psy qui me connait depuis longtemps n'ose plus employer le mot "normal", car il sait que la mienne a eu de grands rebondissements et que la norme (en ce moment c'est le mode baby) n'est pas encore de mise. Enfin, en même temps, jusqu'à maintenant la différence ne m'avait pas embêtée, j'en jouai même. Mais là, c'est l'accumulation, le trop, et ce corps qui une fois de plus ne fait rien dans les normes… Envie de me fondre dans la masse, une première chez moi… Bref, c'est pas le sujet.
      Le décalage que tout cela nous crée, c'est bien embêtant… De quoi papoter ? Si cela dure, forcement on y perdra des ami(e)s car on n'aura pas "réellement" échangé depuis un bail. A notre insu… et ça c'est nul, mais ce n'est pas du tout du tout de notre faute.
      J'en profite pour te dire que je pense fort fort à toi, t'es une sacrée nana, jvoulais te le dire. Des énormes bises

  6. madamepimpin 8 octobre 2013 à 20:24 #

    Très bel article encore une fois 🙂 C’est triste, mais c’est doux et j’espère que tes amies se rendent compte de la chance qu’elles ont de t’avoir. Il me tarde d’arriver à ce jour où on pourra s’intégrer naturellement dans les histoires de couches, crèches, la vie quoi. Gros bisous Bounty.

    • Bounty Caramel 9 octobre 2013 à 21:40 #

      Oui, t’as raison, faudrait que j’arrête le triste. L’exutoire c’est ici, mais promis je ne suis pas aussi triste. Pas tout le temps du moins. Ce jour viendra ! Biz (j’espère désormais gonal dirl)

  7. Octobre 8 octobre 2013 à 20:37 #

    Je vais faire court, car je suis flappie et me lève aux aurores demain. Mais je voulais te dire à quel point je me retrouve dans ton article. C’est une des questions que je me pose fréquemment : Quelle place ? Comment l’occuper ? Comment être infertile au milieu des mamans ? Dois-je me protéger en m’éloignant ? Est-ce que l’isolement n’est pas un risque plus grand. Du coup… je tâtonne. Des fois, c’est simple. D’autres fois, ça l’est moins. Alors des fois, je prends place au milieu d’elles. Et des fois, d’un coup de fil ou d’un texto, j’annule le rdv en terrain miné.
    Je fais pas court du tout, en fait ! Mais je ne sais pas si je suis claire…. Allez : au dodo !! Des Bisous.

    • Bounty Caramel 9 octobre 2013 à 21:51 #

      Merci Octobre. Tu es très claire. On ajuste sans cesse. J’ai réussi à papoter avec une amie ce soir (discussion coupée court par le petit qui pleurait), ça a été. Elle a été attentionnée sans préserver son bonheur. C’est bien. Juste comme je me sentais capable ce soir…
      Bon dodo (en retard)! Bises

  8. 8 octobre 2013 à 21:57 #

    Je me retrouve tellement dans ton billet … Toutes tes questions je me les suis posées pendant toutes les stim’. Je me suis isolée, je crois que c’était une façon de voir qui m’appellerait et sur qui je pouvais vraiment compter… Quand j’y pense c’est finalement un peu égoïste…. mais la PMA c’est tellement dur qu’on a aussi besoin d’empathie de la part des gens qui comptent pour nous. Cette phase de « test » en quelque sorte, m’a permis de faire le tri…. parfois douloureusement puisque j’ai perdu mon « ex meilleure amie »…
    Cette attitude, je continue à l’avoir aujourd’hui. Je ne donne pas de nouvelles du bébé à ceux qui m’en demandent pas, parce que je me dis « ils étaient pas là quand j’avais besoin d’eux, je vois pas pourquoi je partagerais mon bonheur avec eux »…. une sorte de petite « vengeance », c’est bête, hein?…. Mais je sais pas faire autrement…

    Et en même temps… je me retrouve dans la situation de celle qui se rapproche à grands pas de la planète bonheur, et j’ai tellement, tellement peur de blesser celles qui sont encore en orbite parce que je sais à quel point une maladresse peut faire mal…

    De l’attention, de l’écoute…. voilà ce qu’on s’est dits, avec ma meilleure amie, toujours en attente, elle… Elle est tjrs dans cette phase de « faire semblant pour maintenir le cap » face aux autres…. avec moi, elle sait qu’elle peut baisser le masque, se laisser aller, m’envoyer balader même, si jamais je me plaignais un ptit peu trop… Et puis, on est d’accord toutes les 2: l’important, bien sûr, c’est d’être là l’une pour l’autre, et de se soutenir, mais c’est aussi de continuer à partager sur tout ce qui nous réunit, autre que la PMA et la grossesse/ le bébé… C’est pas facile tout le temps, il y a des moments où on n’y arrive pas, soit parce que l’une est trop triste, soit aprce que l’autre a trop peur d’afficher son bonheur…. Mais les ptites victoires, les moments où l’on y arrive permettent de consolider et de nourrir une amitié… Je crois que c’est là la clé pour trouver toute sa place …. Le soutien, et le partage sur TOUT ce qui fait la vie…

    Bon, désolée pour le « roman » !!! ^^
    Gros bisous ma belle, j’ai eu ton mail, je te réponds vite!

    • Bounty Caramel 9 octobre 2013 à 21:56 #

      Merci Cé ! Je pense aussi que je fais la méthode « test » en même temps. Et je pense que le « tri pma » ne fait qu’accélérer ce qui aurait puis se produire plus tard face à une autre difficulté. De l’attention, de l’écoute… c’est bien cela. C’est super votre épaulage à vous deux. Merci à elle d’être là pour toi. Merci à toi d’être là pour elle (et je ne doute pas un instant que tu es géniale dans cet appui). Des bises

  9. la cerise EX acid-ulee 9 octobre 2013 à 06:57 #

    je te comprends parfaitement… la pma devient tellement omniprésente dans notre vie qu’on ne comprend pas comment cela se fait que les autres ne voient pas notre détresse et souffrance… sauf qu’à ce « jeu » nous sommes, fertiles et pmettes, toutes aussi coupables les unes que les autres : les fertiles ne voyant la vie qu’à travers leur grossesse et vie de maman avec tout ce que cela comporte de bon et de moins bon et les pmettes ne voyant que protocoles, traitements, espoirs et douleurs…..et dans les deux cas, on attend trop des autres, de nous comprendre, soutenir…. je suis pmette et maintenant enceinte, et bizarrement les choses se décantent doucement depuis que nous l’avons annoncé… Pourquoi ? parce que dans le groupe d’amis que nous formons, chacun inconsciemment y a mis du sien… nous avons enfin craché notre douleur, parcours etc liés à la pma sans détour, et nous sommes donc redescendu de notre tour d’ivoire de pmaïste…résultat : les fertiles qu’on a tellement enviés toutes ces années ont aussi leur galère : certes ils ont un enfant, mais le couple est sur le fil ; pour d’autres c’est leur rêve de devenir propriétaires qui ne se concrétisent pas et en fait ils nous « envient » d’y être parvenu… d’autres ont fait un petit deuz… « pour sauver les meubles » et au final 1 an plus tard, ils se sont déchirés… bref, on s’est aperçu que pendant que nous morflions, eux aussi ont morflés… sauf que nous cela nous semblait dérisoire à côté de l’attente d’un enfant hypothétique, alors qu’en fait si on y réfléchit bien, la pma n’a pas le monopole des emmerdes…. et on n’a pas été là pour eux non plus, car le spectre enfant déformait notre vision…Juste parce qu’ils avaient ce que nous désirions tant…
    A ce jour, rien est redevenu idyllique, mais comme je suis alitée, je m’aperçois que tous à leur manière ils sont présents (malgré la distance)…
    Nous devons à présent avancer ; nous n’oublierons jamais la pma qui fut notre vie pendant 5 ans, elle laisse un goût très amer très difficile à digérer (et nous ne nous sentons pas sauvés d’elle tant que la naissance n’est pas passée) et fait partie de notre histoire, nous essayerons juste à présent de ne pas virer de l’autre bord en nous renfermant autour de cet enfant tant attendu et finalement de repartir dans notre bulle, certes plus douce logiquement mais qui peut nous recouper des autres…. en fait, nous marchons tous sur un fil… chacun le sien, à nous de faire en sorte de ne jamais le casser…

    • Bounty Caramel 9 octobre 2013 à 07:45 #

      C’est très intéressant ce que tu dis. Merci ! J’espère que tout va bien se passer, et j’imagine bien que tant que votre enfant n’est pas là, dehors et bien portant, c’est difficile de souffler.
      Les autres ont aussi des difficultés, évidemment. Néanmoins l’infertilité est une limite physique, et on ne peut rien y faire. On doit demander l’aide de médecins pour concevoir. D’autres problèmes, pas forcement moindre, se gèrent différement et n’atteignent pas tes limites physiques. Je pense qu’au fond c’est cela que j’ai du mal à gérer.
      Je garde auprès des ami(e)s qui ont été là, et seront toujours là. Mais d’autres ont été si insupportables. Lors de ma grossesse arrêtée (à 11 sa), des réactions gravissimes et irrémédiables se sont produites : un « de toute façon les couples mixtes c’est nul. c’est mieux comme ça ». Comment te dire… Double peine. La perte de nos espoirs et la xénophobie. La totale quoi… Celui qui a dit cela avait des problèmes dans son couple, sa femme étant enceinte. Oui, mais ce n’est pas une raison pour nous rabaisser, se marrer (car dit avec le sourire) de notre souffrance, et mettre ses problèmes sur le dos de la pseudo différence. Évidemment pour moi avec eux s’est terminé.
      Avec celles qui me soutiennent, j’imagine bien qu’elles ont des difficultés, évidemment. Ce que je pointe c’est que je ne sais pas parler de couches, de rototos, de grenouillère et autres… Je ne parle pas le maman alors qu’elles sont en plein de dedans, et c’est normal, ne parlent que de cela. Alors je me questionne sur qu’échanger ? (en ce moment du moins…).
      Bref, j’espère que pour toi l’alitement n’est pas trop difficile,et que bientôt le petit/e sera là ! Bises

  10. nanaquiattend 9 octobre 2013 à 12:18 #

    Je comprends tout à fait ce que tu veux dire. Combien de fois je me suis sentie en décalée de leurs vies…Je n’ai malheureusement pas de solution miracle car je n’ai toujours pas trouvé…Je ne peux que t’apporter mon soutien, je t’embrasse

    • Bounty Caramel 9 octobre 2013 à 21:59 #

      Et c’est déjà énorme le soutien ! Sans soutien on sombre dans cette attente, c’est tout ce que je demande, des oreilles et du soutien. Des bises

  11. la cerise EX acid-ulee 9 octobre 2013 à 12:40 #

    c’est pas grave que tu ne parles pas le « maman », tu sais… car tout fier que l’on est d’y arriver (je parle à mon échelle donc pas encore de gosse dans les bras !), on a besoin de parler d’autre chose… et ça je m’en suis vite rendue compte ; une amie qui a accouché en mars dernier et que forcément j’ai envié toute sa grossesse, quand on a su pour nous, on s’est « rabiboché »…. la puériculture, les conversations grossesse toussa, tu te dis que ça rapproche… ben non… ça nous a rapproché un temps et puis non, car ne parler qu’enfant and co ben c’est pas cela la vie… on se nourrit de plus que de couches et de lait caillé… (et en prime la pma fait que l’on appréhende pas la maternité de la même façon ni avec les mêmes angoisses…)… ce qui est détruit est détruit…. et à l’inverse une amie qui n’a pas de gosse (par choix) et qui vient me voir régulièrement, on parle un peu grossesse (évolution, point de vue…) et après basta, on continue à jacter de la vie en général, de nos vies… et ca ne me bloque pas qu’elle n’ait pas d’enfant ni le langage « maman »… parfois elle veut voir les achats et je lui montre, parfois elle n’est pas demandeuse et je respecte…..j’ai au moins l’impression avec elle de ne pas être « un ventre » ou une future mère, mais juste une femme, la même qu’avant et franchement ça fait du bien !!!! ne te remet pas en question de fond en comble… cette démarche de franchir ce cap mère/non mère se passe si chacun fait un effort… après ces amies sont peut être demandeuses de parler d’autres choses que de puériculture, sans que tu le soupçonnes…. ( bon y’en auras toujours qui n’existent qu’à travers leur progéniture hein, ça je me doute… mais je suis sûre que tu as des perles qui se voient en tant que femme avant tout et qui te voient en tant que femme et non en tant que non mère qui galère…)
    pour les remarques déplacées sur la mixité de votre couple, tu as raison, c’est plus que déplacé… à rayer de la carte vraiment !
    Ce sont les étiquettes qu’on se colle qui nous englue….
    je suis entièrement d’accord avec toi que la pma nous pousse dans nos retranchements physiques les pires… se faire inspecter sur toutes les coutures pour avoir un cadeau qui à la base se conçoit naturellement, crois moi j’approuve, et en souffre toujours…..mais à cela, nous n’avons aucune solution à part celle d’espérer et d’y croire ; c’est profondément injuste et cruel mais personne n’est responsable et il ne faut surtout pas que tu en sortes de là un jour en regrettant d’avoir laissé filer certaines personnes qui te sont chères (les cons si, faut pas hésiter !) ; bon courage à toi et fais toi confiance …

    • Bounty Caramel 9 octobre 2013 à 21:58 #

      Tu as raison, c’est bien pour cela que j’écrivais. Je me rend compte qu’à ce « jeu » là, si je ne fais pas attention, je pourrais perdre contact avec celles et ceux qui me sont chères. C’est vrai. Merci de me le rappeler. Biz

  12. ecila69 9 octobre 2013 à 13:55 #

    Salut Bounty,
    Bravo pour avoir mis des mots là dessus. C’est étrange cette sensation. Cette double peine, cette double exclusion (de sa propre maternité+de la joie de partager celle des autres).
    De ce que j’ai perçu dans mon histoire, c’est que les femmes qui sont enceintes ou ont des enfants, même si elles ont connus des galères comme toi, passent à autre chose.
    Et c’est normal, elles avancent et nous nous n’avançons pas au même rythme, ni sur la même voie. Contrairement à ce que dit Cerise ex acid-ulée, je ne pense pas qu’il y ait des efforts à faire. Tu le sais, l’amitié défie le temps et l’espace. Les jeunes parents sont d’abord accaparés par la grossesse, puis leur nouveau né puis, ils reprennent un certain rythme puis la vie reprend son cours. Les amis reprennent alors une certaine place.
    Cela n’est pas grave de t’éloigner de certaines personnes, personne ne te protégera mieux que toi même. Oui là encore c’est injuste, et ta colère est légitime. Tu ne veux pas perdre tes amis, mais pourquoi tu les perdrais? Elles vivent une expérience à un autre moment que toi. Oui, c’est dur car on se sent exclut mais j’espère que tu arrives à vivre d’autres expériences, qu’elles ne peuvent plus vivre pour le moment. En ce moment, je me sens trop mal pour partager la grossesse d’une excellente amie. Et alors? C’est triste certes mais si la vie nous le permet on se reparlera peut être un jour, on sera passer à autre chose. Sinon ben tant pis. Je ne prétends pas avoir de réponse ici, mais j’estime personnellement, que la meilleure place qu’on puisse avoir, c’est celle où on se sent le mieux possible, celle qui ne nous heurte pas. Et si cela signifie se protéger de certaines relations trop auto-centrées pour se rendre compte de la douleur qu’elles provoquent par leur mots, es-tu sur que tu y perds au change?
    Prends bien soin de toi, et tes amis suivront.
    Bon courage

    • Bounty Caramel 9 octobre 2013 à 14:38 #

      T’es un amour ! Merci !
      C’est un peu comme ça que je le ressent, pour le moment elles sont accaparées, et c’est compréhensible. Pas de soucis, hormis que là maintenant tout de suite c’est difficile de partager. Ce qui ne veut pas dire que cela sera vrai demain. Par contre, avec d’autres la relation s’arrête. Mais ça c’est la vie. C’est l’infertilité qui a accéléré des processus d’amitiés qui de toute façon auraient cassés à un moment donné. N’empêche que c’est douloureux de se poser ces questions, en étant si impuissante… et en se préservant… Merci. Bises

  13. Little Wife 9 octobre 2013 à 18:02 #

    Ton article fait vraiment echo à celui que j’écris en ce moment… J’ai la chance de ne pas être entourée de parents, mais le temps passe et je sais que les autres avancent quand moi je fais du sur place. J’ai peur d’être contrainte un jour de m’éloigner de ces amies dont je suis proche aujourd’hui, mais parfois c’est une question de survie. Il faut que tu penses à toi, et je te souhaite tellement de pouvoir les rejoindre bientôt.
    Merci pour le lien =)
    Bisous.

    • Bounty Caramel 9 octobre 2013 à 22:03 #

      C’est le tien d’article qui m’a fait réfléchir, le même jour j’avais ce coup de fil où je me sentais décalée. Merci à toi !
      Il y a des phases de protection, je suis dedans, et d’autant plus dedans que ma moitié n’est plus là pour apaiser… Ca doit être aussi pour cela que certaines questions ressortent alors qu’on est censé être en pause. J’espère que tu n’auras pas à vivre ces questions avec tes proches grâce à un beau miracle ! Bises

  14. P'tit Hérisson 11 octobre 2013 à 19:35 #

    Quelle place avons-nous?, je me le demande aussi. Je me sens de plus en plus seule, en fait nous nous sentons de plus en plus seuls. Nous avons de la difficulté à nous mettre en phase avec ceux qui ont des enfants, à participer aux discussions qui tournent autour des enfants et de la vie de famille. Et puis, on fait de moins en moins de souper de couple, comme nous faisions jadis. Nos amis sont occupés à des activités plus familiales, ont de horaires rythmés par la vie de leurs enfants, … Certains de nos amis n’ont aucun autre sujet de discussion que leurs enfants. Cela devient lourd pour nous, car nous sentons que nous n’avons rien à raconter (nous n’avons même pas de chat dont nous pourrions raconter les prouesses…)

    • Bounty Caramel 24 octobre 2013 à 21:38 #

      Comme je te comprends, on a des chemins de vie si différents de nos ami(e)s en ce moment que c’est difficile… et en plus on a peur de les saouler et les perdre. C’est jackpot ces situations, y’a pas à dire.
      Des bises

  15. Lulu(danslecul) 14 octobre 2013 à 14:00 #

    Je ne sais même plus ce que je voulais dire tellement la remarque que tu as eu sur les couples mixtes est cruelle! En gros, c’est mieux ainsi que d’avoir un bébé un peu coloré???? Bref, je m’égare.
    On est à part avant et on reste à part après. Car on sait à quel point porter la vie est un miracle et non un dû. Que les nausées ou la fatigue, c’est peanuts par rapport à d’autres trucs. Je suis sur le cul quand j’entends ma copine SF qui me dit qu’elle est obligée d’expliquer à certaines que l’accouchement, ça fait mal. Hey les meufs, un bébé de 3 kgs en moyenne qui te sort par la chatte, faut m’expliquer comment il ferait pour pas te faire mal! On en est arrivé à la conclusion que c’était des nanas qui n’avaient jamais connu de règles douloureuses ou de piquouses et autres examens super fun de bon matins.
    Protège-toi des cons qui font mal, parle avec ceux qui pourront te réconforter, mais dans tous les cas fais comme tu le sens.
    Et pour terminer sur une note positive: il y a des avantages à passer en dernier (il m’aura fallu du temps pour l’admettre ;p), on récupère tout!

    • Bounty Caramel 15 octobre 2013 à 07:39 #

      Comme tu dis… Le fort est qu’on en avait discuté de vive voix, et que je mettais dit « non, pas possible ce genre de remarques ». Bim. Ben si. Bref…
      On est à part, on reste à part. L’important est que les minorités puissent s’exprimer et n’ai pas à se taire ou à être non crue, non écoutée, non reconnue dans leurs vécus (car ce sont quand même les mieux placées pour connaitre les ficelles de leurs réalités) (ça s’applique à l’infertilité et à tout 😉 ).
      C’est fou que la nature soit à ce point ignorée (douleur de l’accouchement entre autre), on a trouvé des palliatifs pour la rendre moins cruelle et soutenable, mais la réalité première ne peut être ignorée… T’as raison, c’est sympa tes papotages avec ta pote et votre conclusion. Ça pose aussi question sur la sensibilisation des personnes… faut-il forcement avoir vécu une difficulté pour y être sensibilisé ? ou peut-on y être sensible sans l’avoir connue ? (mouais, je philosophe). Je me pose la question (parfois), et j’espère que la réponse est non (mais je commence à en douter).
      A ce rythme de protection, il va pas rester grand monde en tout cas… m’enfin, mieux vaut être bien accompagné, que mal accompagné, en amour tout comme en amitié (enfin bon, ça fait quand même bien xxxxxxxx).
      Merci de tes conseils, tu as bien raison. Le « fait comme tu le sens », je prends !
      Et sinon, j’y avais pas pensé ! Y’a des avantages en effet de passer en dernier !!!! J’espère donc que tu croules sous les objets, vêtements, et matos de bébé !!!! et que celui-ci danse au rythme de toutes ces attentions in your body !
      Je pense bien souvent à vous 3 !!! Enfin, u know why…
      Bises

  16. babaflo 21 octobre 2013 à 09:14 #

    Bonjour Bounty,
    En lisant ton post, je me suis totalement reconnue. Merci d’avoir su mettre de si justes mots sur ce que nous ressentons.
    Pour ma part, outre le fait de souffrir de ne pas tomber enceinte (IMG à 10 SG il y a plus de 2 ans et depuis aucun +++), de ne plus connaître cette joie du +, ce sentiment de porter un enfant, de lui donner la vie et de le voir grandir jour après jour, ce qui me fait le plus souffrir c’est d’être considérée comme « l’égoîste méga chi…te qui ne comprend même pas quand on fait des private jokes sur les enfants » par toutes celles qui, elles, y arrivent (d’autant plus les C1 ou 2).
    Ne pas arriver à se réjouir du bonheur des autres, ne pas avoir la force de leur téléphoner pour prendre des nouvelles, ne pas demander des photos de Jean-Wilfried dans le body qu’on lui a offert (un peu par convenance) à sa naissance, ne pas s’extasier devant le statut Fac…ook « Ayé, Mauricette mange ses ptits pots toute seule », ne pas demander de nouvelles après 1,32 jour de caca mou alors que les parents sont déjà entrain de limite publier l’acte de décès de leur progéniture, fait de moi la garce acariatre avec son infertilité qui « ne se passe que dans sa tête ». Pourtant je me fais vraiment violence car j’en prends des nouvelles, j’en fais des soirées maman/bébé, j’en achète des cadeaux de naissances et anniversaires… mais je ne suis pas assez « impliquée émotionnellement » au goût de certaines…
    Au début j’avais le droit à « j’suis fatiguée, tu ne peux pas comprendre » des grossesses, à « j’suis grosse comme une baleine, c’est trop ddduuuurrr la liiiffffeeee. Toi au moins, tu peux mettre tout ce que tu veux » et j’ai même eu le droit (et à plusieurs reprise, attention mme, j’suis une privilégiée des « amies » gaffeuses) à « j’suis déçue d’être tombée enceinte en C1 parce qu’en fait je ne réalise pas vraiment que je suis enceinte. Je m’attendais à attendre plusieurs mois, le temps de me préparer psychologiquement, mais c’est arrivé trop vite. Je ne profite pas pleinement de ma grossesse et ça me déçoit! » (les gens ont de vrais problèmes… soupirs…). Et biensûr, on garde notre air compatissant derrière lequel se cache un fusil à pompe prêt à l’emploi.
    Ensuite j’ai eu la chance de connaître TOUS les accouchements de TOUTES ces gentes dames en détails : contractions, épisio et tout le tintouin… mais « tout ça c’est vite oublié, une fois que tu as ton enfant dans les bras, tu verras »… et qu’elles se regardent toutes entre « housewives qui se comprennent » et me lancent leurs plus beaux smiles immaculés.
    Maintenant je « partage » (malgrè moi) les tracas et autres angoisses quotidiennes liées à leur gamin. Les nuits, les colliques, les dents… mais « tu ne peux pas comprendre, tu ne connais pas ça, TOI ! » (avec le TOI bien appuyé bien entendu).
    Et je me vois ensuite reprocher de partir tout le temps en vacances, alors qu’elles aimeraient tellement pouvoir se le permettre mais ne le peuvent plus.
    Alors écoutez-moi bien bande de mamans : donnez moi vos nausées, vos vertiges, vos ballonements, donnez-moi vos kilos en trop, vos vergitures, vos pieds gonflés, donnez-moi 30h de contractions, une épisio et même sans péridurale, donnez-moi vos nuits de sommeil à jamais perdu, les pleurs et autres cacas mous…. Et je vous donnerai mes vacances, mes ptites robes et mes soirées bières entre potes.
    Vous n’avez pas la « chance » de pouvoir partir en vacances et vous faire des we à la dernière minute pour vous changer les idées (on se demande de quelles idées je veux me changer), et je suis assez délicate pour ne pas vous rabacher mes histoires d’escapades à l’étranger qui vous font tant palir de jalousie…. alors ce serait sympa de votre part d’avoir la même délicatesse de temps en temps en parlant d’autre chose que de vos grossesses ou gamins… Juste 1 soirée, juste 1 fois…

    1 fois que l’on se sente un peu soutenue et un peu moins différente…

    • Bounty Caramel 21 octobre 2013 à 11:39 #

      Merci de tes mots. Ca vient du coeur, ca transpire ce triste vécu malheureusement. J’espere que tes amies s’en rendront compte, tu as l’air, malgré la difficulté, presente à leur côté (ce que je n’arrive plus, alors je t’admire!). J’espere qu’elles s’en rendront compte avant de risquer de te perdre. (et tu écris super super bien). Biz (et encore merci de ton cris du coeur de témoignage)

    • babaflo 21 octobre 2013 à 12:23 #

      Oui ça vient du coeur, tout comme tes posts… qui me font le plus grand bien car je me sens tout à coup beaucoup moins seule (bien que j’aimerais tant que nous ne soyons pas autant à devoir supporter tout ça).
      Comme le disent plusieurs filles au dessus, nous avons tous nos problèmes mais celui que nous traversons est d’autant plus frustrant que nous ne pouvons rien contrôler. Lorsque je vois les yeux levés au ciel de certaines personnes quand je leur avoue que ce n’est pas tous les jours facile, j’me dis que je devrais faire comme eux lorsqu’ils me parlent de leurs problèmes d’argent ou de taf (pb que nous avons également soit dit en passant ;-), Mais on se plaint déjà de ne pas avoir de gosses, on ne va pas non plus se permettre de se plaindre du reste. PPPff manquerait plus que ça!!! ) car apparemment, lorsque ça ne les touche pas personnellement, les problèmes des autres ou leur douleur ne sont que caprices.
      Un conseil, essaye tant que tu le peux de prendre sur toi, car comme le disaient si justement les filles : lorsque tu seras la dernière à avoir ton gamin, tu pourras récupérer tous les trucs des autres … gnarc gnarc gnarc !!!!
      Non je plaisante 😉 mais c’est ce genre de difficultés qui te permet de faire du tri dans tes « amis ».

      Bon courage pour toi et ton amoureux. Et méga gros croisage de doigts, d’orteils, de cheveux et même d’yeux pour vous !!!!!

    • Bounty Caramel 21 octobre 2013 à 12:40 #

      😉 ! et c’est réciproque, je croise !
      (PS : tu parles que je vais récupérer quoique ce soit, c’est pas le genre de certains amis, c’est le genre de ceux qui sont à 1000 bornes, et celle ici avec qui ça aurait pu fonctionner vient de me dire la semaine passée « pour le second… » et marde…)
      Bises

    • babaflo 24 octobre 2013 à 19:53 #

      Cr***tte de zut!!! T’es vraiment entourée d’indelicates!!!

  17. lilia 27 décembre 2013 à 12:43 #

    J’ai lu vos commentaires qui m’ont beaucoup touché. Vous allez me détester, je suis une connasse de ++C1. Je me dis que cela pourrait être intéressant d’échanger avec des protagonistes des deux côtés.

    C’est vrai que certaines jeunes mères deviennent assez égoïstes pendant et après la grossesse. Bon, il ne faut pas se leurrer une première grossesse et un premier bébé, c’est un bouleversement! Après, je trouve nul les filles qui ne parlent plus que de ça.
    La délicatesse, certaines mères en sont capables. Mais attention car la situation inverse est possible aussi, que les problèmes de PMA deviennent prioritaires et que finalement, on n’est plus le droit de parler ni d’enfant ni de grossesse.
    Cela m’est arrivé : on est 3 meilleures copines ayant arrêté (par hasard) à 28 ans la pilule en même temps. Je suis tombée enceinte 2 semaines plus tard (non ne me lynchez pas sur la place publique pitié!), la 2ème est tombée enceinte 6 mois plus tard et la 3ème a dû rentrer en PMA et la première FIV a marché, 15 mois après l’arrêt de la pilule. Elle doit accoucher dans 3 semaines.
    Alors bien évidemment, je n’ai pas à me plaindre, j’ai eu mon bébé et tout. Mais franchement elles n’ont pas été cool. Je n’avais le droit de rien dire ou seulement de répondre à leurs questions (aujourd’hui quand on en reparle, elles sont persuadées qu’on en parlait beaucoup). Dès que quelqu’un me laissait une chaise, elles gueulaient que j’allais pas faire chier parce que j’étais enceinte. Bref d’innombrables gentillesses de ce genre. J’ai été seule, je suis loin de ma famille et je n’avais pas d’amie à qui parler. Heureusement que mon mari était aux petits soins mais là aussi elles m’ont dit que ça les énervait que mon chéri soit trop gentil.
    Pour leurs grossesses, je les ai épaulé à fond (pas rancunière) et on a parlé vraiment que de ça.
    Mon enfant est né, j’ai perdu mon papa 3 mois plus tard mais non je n’avais toujours pas intérêt à me plaindre que c’était dur avec mon fils. Pourtant, j’étais totalement paumée.

    Oui je comprends bien que vous donneriez tout pour avoir les ennuis, la fatigue des jeunes parents mais bon il ne faut pas croire que notre vie est génialissime; je trouve qu’il y a trop d’idéalisation autour du concept de devenir parent.

    Je ne cherche pas à défendre les mamans car ça doit être dure pour vous, mais n’oubliez pas qu’il y a toujours 2 versions à une histoire; là où vous voyez du culot de la part des mamans d’oser se plaindre, demandez-vous la prochaine fois si vos amies ne font pas juste ce qui est naturel entre copines: se confier nos angoisses.
    Avec mes copines, je préfère ne pas me bagarrer car tout le monde a souffert dans l’histoire donc ça ne sert à rien.
    Bon courage à toutes!

    • Bounty Caramel 27 décembre 2013 à 13:38 #

      Bonjour Lilia, j’imagine bien que les décalages avec vos amies ont du être difficiles. Néanmoins, le fond du problème c’est quand même que nous ne savons pas si un jour nous pourrons être parent. C’est une angoisse de vie, un vide, et heureusement vous ne l’avez pas connu. Alors oui, être parent n’est pas toujours génialisime, j’en suis convaincue. Mais si on vous avait dit cela avant, est ce que du coup vous n’auriez pas voulu ou eu votre enfant ? Ne pas pouvoir avoir un enfant de son conjoint et de soi-même, alors qu’on le désir depuis des mois, des années… que chaque mois les règles reviennent…, c’est souvent incompréhensible pour beaucoup de nos proches pour qui cela est si naturel et aucune question n’a besoin d’être posée. Un fossé se creuse alors… c’est quasi inévitable. Et il est parfois nécessaire de se protéger, je pense que vous avez compris la
      réaction de vos amies dans ce sens. c’est difficile dans les deux sens, les chemin de vie divergent, parfois ils renforcent des amitiés, parfois ils les brisent. Que ce soit face à cette épreuve ou d’autres, c’est ainsi… Merci pour les encouragements pour tous les couples qui suivent un parcours médicalisé pour avoir 1 chance sur 2 d’avoir un enfant, c’est gentil et sincère, merci !

  18. lilia 27 décembre 2013 à 15:24 #

    Je ne peux qu’imaginer et c’est vrai que je me sens impuissante face à la douleur qu’a eu ma copine et qu’elle ressent toujours. Elle parle beaucoup de ce qu’elle appelle leur combat. Elle en a régulièrement les larmes aux yeux, ça me fait de la peine mais en même temps, certaines autres amies commencent à être agacées car elle a beaucoup de certitude sur le fait de devenir maman.
    Elle est persuadée qu’un bébé c’est simple et que si le sien l’énerve, elle saura se rappeler à chaque fois combien elle l’a voulue. Loin de moi l’idée de minimiser sa souffrance et de toute façon, je vais lui laisser faire son expérience elle-même, mais il me semble quand même qu’il faudrait qu’elle tourne la page, maintenant qu’elle va avoir son bébé. Et puis, elle n’aura pas le temps de penser à son parcours à chaque fois que son bébé pleurera. Sinon ça va la bouffer toute sa vie??!
    Surtout que certaines amies à nous essaient depuis plus de 10 ans sans résultat; alors si on compare avec son combat certes douloureux mais avec une happy end au bout de 2 ans au total, c’est un peu bizarre.

    Est-ce qu’elle pourra s’en remettre un jour? Je crains qu’elle ne laisse ce coup dur lui gâcher la vie.

    • Bounty Caramel 27 décembre 2013 à 23:41 #

      Il n’y a pas de comparaison à faire. Ton amie restera infertile à vie, qu’elle ait ou non un enfant.
      Je ne peux pas vraiment te conseiller là dessus, nous avons perdu nos bébés et j’aurai dû accoucher ces derniers jours… On ne tourne pas la page, on vit avec, et ce combat nous change. Ne lui en veut pas de cela, ce serait dommage. Ça ne lui gâchera pas la vie non plus, j’espère que tu seras surprise d’elle. Bises

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