A découvert, en apparté… – bis + Bonus en Waka Waka (aka Shakira)

16 Fév

A découvert… ou encore mon mémo de mes rencontres avec des religions, mes « leçons » d’espérance à me rappeler et ma PMA.

A la relecture, c’est finalement un post très personnel (jvais finir par mettre mon blog en privé si je continue…), un essai sur un ressenti de ma soirée télé, une envie de parler d’autres choses que de la PMA, même si le lien n’est pas si loin.

Hier soir, tard, ne trouvant pas le sommeil et n’ayant en réalité pas envie de me coucher, je zappais.

Et puis je suis tombée sur des paysages familiers, des accents que je connais, des mots terrifiants qui renvoient aux plus inimaginables des violences. Nul doute cette p*tain de région. Puis d’autres choses, plus joyeuses, me sont revenues. 

Ce zoom en images sur les conséquences des conflits de la région des Grands Lacs (RDCongo, Rwanda, Burundi, Ougandan, Centrafrique, Sud Soudan), région fertile haut possible (tant dans son sol que son sous sol), géopolitiquement et économiquement stratégique, m’a ramené complètement indirectement à quelques posts actuels de la blogosphère.

Je ne vous parlerai pas de Nkunda, du M23, de la LRA, de Koni et de tant d’autres qui comme on dit « ont le sang aux yeux » (être sans pitié).

Pourquoi suis-je alors en train de vous raconter mon zapping (qui est ensuite resté figé) sur « Les enfants du « seigneur » » ?

Rien à voir avec la PMA ?

En effet rien à voir.

Sauf. Sauf qu’au moment où l’on filmait une sœur accompagnant les victimes de cette guerre (boucherie ou crime humanitaire est plus approprié) qui sévit depuis des décennies, où on l’entendait répondre que l’espérance est ce qui reste, et où des jeunes expliquaient se sentir accompagner pour avancer et s’échapper un peu de leurs angoisses liées à leur récent passé, le temps d’une danse, d’un chant, d’un rassemblement ou d’une prière, je me suis rappelée.

Indéniablement, la RDC (République Démocratique du Congo) est le pays qui m’a le plus marqué. Je n’ai pourtant pas été au Kivu (région des Grands Lacs), j’en suis efficacement incapable, mais j’en ai tellement entendu parler rien qu’en restant à la capitale… Capitale au 9 millions d’habitants où les églises en tout genre (malheureusement certaines dérivant vers le sectaire) poussent de partout, reflet d’une recherche d’espérance, de refuge et d’un besoin de se sentir épaulé. Alors, je me suis rappelée.

Je me suis souvenue des sœurs congolaises chez qui j’étais hébergée à Kinshasa durant des mois et avec qui j’ai chanté, rie et dansé sur des zics endiablées (et largement profanes). Je me suis souvenue de la communauté où j’ai travaillé avec des personnes handicapées en Alberta au Canada et où chaque dimanche nous allions (ou pas) chez les protestants, ou les cathos, ou les évangélistes, ou …, ou rien, selon les choix de croyances ou non croyance de chacun. Je me rapelle avoir accompagné mes ami(e)s à la fois colombiens, éthiopiens, bulgares et en même temps tous canadiens (j’adore la version melting pot canadienne, vraiment), aux concerts et prêches de hard rock chrétien. Je me suis rappelée les récitations matinales (aux aurores et aux sonorités dissonantes de certains) du Coran par les jeunes élèves de la Daara, juste sous ma fenêtre en Casamance (Sénégal), juste avant l’école et aux prémices du chant du coq. Je me suis souvenue que j’observai avec admiration la pratique assidue quotidienne des 5 prières de mon binôme de l’époque et goutait aux joies de la lenteur du vendredi. J’ai encore les jambes engourdies des 4 heures passées debout/assis/debout de la messe enchanteresse, blindée de monde, sous un soleil de plomb, mais protégée par les branches du grand arbre, dans un village au Burkina. Je me souviens que pour ma première et unique fois au pays, j’ai été choisie marraine de ma nièce, que je l’ai tenue près d’1 heure dans mes bras, debout (5 enfants à baptiser, une messe à la maison qui n’en finissait pas), que mes bras tremblaient et que Chérid’A se foutait de moi. J’ai à la maison les promesses d’un Ganesh offert par le conjoint hindou d’une amie, la médaille donnée par mes soeurs à mon départ de « Kin la belle », mais aussi des gris gris d’une tendance plutôt animiste. Avec toussa, les religions sont pour moi davantage synonymes de rires, d’espoirs, de confiance et de joies, que de pleurs, de puissance, d’austérité et de sermons.

Alors après, ici en France, tout du moins du côté de chez moi, très honnêtement, je n’ai pas trouvé tout cela à la fois. Des brides par ci par là, mais pas toute cette joie de la croyance qui transparait pourtant dans d’autres pratiques de la même religion que j’ai eu la chance d’expérimenter . Je me souviens même que, plus jeune, lors de la seule et unique fois où avec ma famille nous avions été à la messe, le prêtre a prononcé des mots blessants (je l’ai ressenti comme ça tout du moins) sur le trop de bruits des enfants dont faisait parti mon frère, autiste et n’y pouvant de fait rien. C’est à partir de là que j’ai été très fâchée avec ma religion et me suis revendiquée athée. Bref, pas la peine de m’en parler, d’autant plus que l’école non publique que je fréquentais n’était qu’un éloge au non altruisme (hérésie suprême…). Puis j’ai eu l’opportunité de faire des cours de Coran. Suis partie à l’étranger 1 fois, 2 fois… y ai découvert ce que je vous disais, d’autres religions, d’autres façons de pratiquer la mienne, ai vécu avec mes sœurs joyeuses et pleines de vie, et finalement me suis réconciliée avec la croyance (attention, à ma sauce!) sous l’angle de l’espérance et non celui de la toute puissance.

Bref. C’est mon expérience et ma tambouille, et dans la PMA ou d’autres difficultés, je me sens soutenue (peu importe ce que les « textes » PMA/Religion disent, car pour moi c’est de l’anachronisme).

Alors hier soir, en écoutant les témoignages, emprunts d’espérance, de lutte, de conviction et de courage, de ces jeunes rescapés et de ces sœurs, je me suis rappelée ces vécues religieux que m’a offert le congo kinshasa, et ai pensé aux quelques derniers posts de la blogosphère traitant de ce sujet, et me suis dit allons y, voila un ti’bout en plus de mon histoire à partager.

Bonus : Tant qu’on est dans le registre, vous connaissez surement Shakira et sa fameuse chanson Waka Waka de la coupe du monde 2010, mais connaissiez vous l’original ?

Zangaléwa (ou Zamina mina) fait partie du répertoire des soldats/tirailleurs de la seconde guerre mondiale, de celui des »maquisards » de l’UPC (lors de la guerre d’indépendance 1955-62 (71) du Cameroun à la France (lien vers un bon résumé) – qui soi dit en passant reste toujours aujourd’hui une guerre cachée et absente des manuels scolaires dont l’excellent livre Kamerun relate les faits), des soldats nigérians durant la guerre civile… Une chanson ryhtmée qui donne l’élan et le pas de la marche pour se donner de l’entrain au combat (« allez viens on y va, venez venez »). Elle a été popularisée par le groupe de musique camerounais Golden Sounds en 1986, qui fut un immense succés. Maintes reprises ont été faites, et les oreilles occidentales y ont gouté avec Shakira récemment. Ecoutez, vous verrez c’est exactement le même rythme et paroles.

Zaminamina oh oh
Waka waka eh eh
Zaminamina zangalewa
Anawam ah ah
dJango eh eh
dJango eh eh
Zaminamina zangalewa
Anawam ah ah
Bonus bis : Zoom sur Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971 (Manuel DOMERGUE, Jacob TATSITSA, Thomas DELTOMBE)
Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néocoloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage. Une guerre totalement effacée des histoires officielles. En France, où l’on enseigne toujours que la décolonisation de l’« Afrique française » fut exemplaire et pacifique. Et au Cameroun, où il est encore risqué aujourd’hui d’évoquer ce terrible conflit qui enfanta une redoutable dictature… C’est dire l’importance de ce livre, qui retrace pour la première fois l’histoire de la guerre menée par les autorités françaises contre l’Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste créé en 1948, et tous ceux pour qui la liberté et la justice s’incarnaient en un mot : « Kamerun ! » Pendant quatre ans, les auteurs ont enquêté en France et au Cameroun. Ils ont retrouvé de nombreux témoins : militaires français et camerounais, combattants nationalistes, rescapés des massacres… Dans les archives, ils ont consulté des milliers de documents et fait d’étonnantes trouvailles. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l’UPC : Ruben Um Nyobè en 1958, Félix Moumié en 1960 et Ernest Ouandié en 1971. Et ils montrent comment l’administration et l’armée françaises, avec leurs exécutants locaux, ont conduit pendant des années une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc. Plus de cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, cette histoire reste d’une brûlante actualité. Car c’est aussi celle de la naissance de la Françafrique, fruit du consensus colonial de la IVe République, puis de la diplomatie secrète de la Ve République. C’est l’histoire, enfin, d’un régime « ami de la France » en guerre perpétuelle contre son propre peuple : après vingt-deux ans de dictature sous Ahmadou Ahidjo et près de trois décennies de déliquescence sous Paul Biya, les Camerounais rêvent toujours d’indépendance et de démocratie.
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22 Réponses to “A découvert, en apparté… – bis + Bonus en Waka Waka (aka Shakira)”

  1. laqueteduplus 16 février 2013 à 09:36 #

    très jolie ton histoire… toutes ces expériences aux 4 coins du monde, ça fait un beau mélange je trouve. MErci d’avoir partagé ça avec nous

    • Bounty Caramel 16 février 2013 à 12:36 #

      C’est gentil la miss, merci !
      Du coup, avec cet encouragement, j’ai rajouté une surprise en musique…
      Bises

  2. celine 16 février 2013 à 17:11 #

    Je suis comme une eptite fille devant une vitrine de bonbons…j aimerais pouvoir voyager autant,afin d avoir une ouverture d esprit tjrs plus grande….je t admire,j admire ts tes voyages:-) et puis en curieuse qe je suis j me demande quel genre de bpulot tu fais hihihi.bisous bisous

    • Bounty Caramel 16 février 2013 à 20:53 #

      Hé la miss aux doigts de fée que j’admire, c’est suffisamment sucré ces bonbons j’espère 😉 ?!
      Tu sais réellement nul besoin de voyager pour être ouvert (je peux te donner des tas d’exemples de personnes croisées à l’étranger qui était extrêmement étroite d’esprit)…
      Et comme c’est demandé si gentiment, alors voila, je me suis formée en agro/agri tropicale… et du coup j’ai bougé à l’étranger pendant les études puis mon premier taf’. Mais depuis qu’on veut ce bébé, je suis « clouée » ici, bosse toujours dans une ONG, mais ne voyage plus… Hate que ce môme se pointe… même si tout cela est un vrai choix. Et toi, tu bosses de tes 10 doigts de fée ?
      Bises

  3. Kaymet 16 février 2013 à 17:35 #

    Merci pour ce beau partage.
    Bisous

    • Bounty Caramel 16 février 2013 à 20:54 #

      Mais de rien Tiken jah’ girl !
      Bises

  4. madamepimpin 16 février 2013 à 21:14 #

    J’adore ces articles où tu nous en dis un peu plus sur toi ! Mais à chaque fois, ils amènent plein de nouvelles questions 😉
    Je connaissais l’original de waka waka, et j’aime les 2 ! (ben oui, shakira, blondasse bonnasse, héhé).
    J’ai beau avoir pas mal voyagé, je t’envie pas mal pour tes voyages ! L’afrique… Un jour !
    Des bisous !

    • Bounty Caramel 16 février 2013 à 21:47 #

      Ouf ! Ca passe alors ! Encore des questions ? …
      Une connaisseuse de Zamina, c’est cool dis donc ! La reprise de la blondasse teintée est top d’ailleurs !
      J’ai pas fait tant de voyages au final, par contre j’y ai passé au total plusieurs années… L’asie un jour j’espère !
      Par contre, moi jme demande bien où toi tu as voyagé ? …
      Des bises

  5. sophielattente 17 février 2013 à 06:12 #

    Merci pour ce beau partage on sent la passion des voyages et des rencontres en toi. J aimerai aussi partir à la découverte de l Afrique un jour ! Oui vivement que ce môme de pointe pour que vous puissiez repartir à la découverte de nouveaux horizons ! Des bisous

    • Bounty Caramel 17 février 2013 à 21:47 #

      Et jpense même qu’on sent que ça me manque (snif)… mais bon c’est Pour le Meilleur Avenir…
      Hé miss Cap-Vert, t’as été en Afrique, version ile paradisiaque ! Un jour la continentale alors ?…
      Et puis, oui, vivement qu’il se pointe ! Bises

  6. missbelly2 17 février 2013 à 10:11 #

    Chouette article, tu donnes envie de voyager !
    Tu m’as appris beaucoup beaucoup de choses…
    Je pense que je vais acheter ce livre.
    Gros bisous !

    • Bounty Caramel 17 février 2013 à 21:52 #

      Namasté !
      Je suis heureuse de partager ici, car finalement cette question de la transmission, c’est aussi pour cela qu’on veut des ptit nous…
      Et je suis surtout super contente de faire découvrir un peu de ce que je connais. Et pour le bouquin, si son volume t’impressionne, t’en fais pas, jpense qu’en tapant les noms des auteurs, y’a pas mal d’interviews sur le net. Des bises (je suis très très très heureuse !)

  7. Marie 17 février 2013 à 15:06 #

    J’ai cette impression que tu as une vie bien remplie! Je trouve ça chouette que tu nous parle de tout ça: y’a pas que la pma dans la vie! J’arrive pas trop à varier mes sujets alors je t’en félicite d’autant plus.

    • Bounty Caramel 17 février 2013 à 21:58 #

      A peu près… Elle était bien remplie… Je ne bouge plus depuis mon nouveau job, ca me manque, mais PMA et vie de couple first…
      Je suis contente que ça te plaise. J’ai hésité. Je ne savais pas trop comment cela allait être pris, et je suis hyper agréablement surprise!
      Merci de me lire !
      Et pour la variation, y’en a aussi sur ton blog (les faq, les kate…). Y’a des moments où on a envie d’étendre ou pas. Mais finalement, j’en reviens toujours à la pma, car ça tourne toujours autour de notre désir d’enfant, et du couple qui va avec, ici c’était une partie de ce qu’on lui transmettra finalement…
      Des bises et soignes toi bien (ou comme tu peux)!

  8. Mastacloue 17 février 2013 à 17:34 #

    Génial, cet article, Bounty! Ca me donne envie de faire des tas de recherches. Je connaissais Zamina, mais pas Kamerun, c’est une belle découverte, merci beaucoup!
    Je trouve ça chouette de parler un peu d’autres choses que de la PMA, aussi. Continue!! Bises

    • Bounty Caramel 17 février 2013 à 22:01 #

      Cooool ! Dis moi (suis curieuse), tu veux faire des recherches sur quoi du coup ?
      Tant mieux si j’ai fait découvrir un petit peu d’histoire française méconnue (ou oubliée…)
      Et re cool pour ton « continue » ! Jme sens bien encouragée avec tous les com’ maintenant, c’est chouette !
      Bises

    • Mastacloue 18 février 2013 à 09:29 #

      Sur la guerre d’indépendance camerounaise, lire Kamerun, tout ça. Alors merci à toi pour la piste!

    • Bounty Caramel 18 février 2013 à 10:42 #

      😉 ! Tu m’en vois ravie ! Bises

  9. pafpasteque 17 février 2013 à 22:01 #

    Quand waka waka est sortie, je me suis dit que ca me disait quelque chose. Je suis repartie quelque annees en arriere et j’ai trouve! Je la chantait avec les enfants en colo! Ca me rajeunit pas tout ca…

    • Bounty Caramel 18 février 2013 à 11:12 #

      Oh tu la chantait ! Enorme ! Et du coup ils marchaient au pas sans broncher tes petits protégés ? Lol.
      Bises

  10. Marie 18 février 2013 à 10:18 #

    Bonjour,
    J’ai découvert votre blog après votre message sur le blog de Zeu. Mon fils est né à Kin. Il est avec nous depuis 15 mois et ses souvenirs de son ancienne vie se sont estompés. Mais, il lui reste cette chanson WAKA WAKA (avec les déhanchements qui vont avec). Je ne connaissais pas l’original, je comprends mieux maintenant.
    Marie maman de Raphaël (6 ans)

    • Bounty Caramel 18 février 2013 à 11:00 #

      Mbote na yo Marie !
      Je suis ravie ravie ravie que tu sois passée par ici !
      Bonne arrivée (en retard) au petit bonhomme ! Vous devez être comblés ! Je suis très heureuse pour la petite famille !
      Bon, il est un peu jeunot pour s’être déhanché sur les vieux tubes congolais, mais je te files celui ci, du 30 juin 1960, qui est « magique » … et a fait un carton au moment des indépendances.

      “Indépendance cha-cha tozuwi ye ! Oh Kimpwanza cha-cha tubakidi ! Oh Table Ronde cha-cha ba gagner o ! Oh Lipanda cha-cha tozuwi ye !” (L’indépendance cha cha nous l’avons eu ! [Nous voici enfin libres] ! La Table Ronde cha cha nous l’avons gagné ! L’indépendance cha cha, nous l’avons conquise) (avec en première image Patrice Lumumba)

      Et puis jte files aussi un bouquin contemporain que j’ai beaucoup aimé « Mathématiques congolaises » de In Koli Jean Bofane, où tu retrouves l’ambiance des quartiers kinois au travers d’une intrigue saisissante.

      Des bises

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