Grillée

31 Jan

Avec toute cette histoire d’IAC annulée, la journée de congé posé ne l’a pas été.

Je suis donc allée au boulot le jour qui devait être j. J’ai expliqué à mon boss que ce n’était pas prévu, et m’en suis excusée.

La phrase qui a suivi m’a laissé sur le « ass ».

« Tu fais des traitements pour être enceinte ? »

Blanc.

Ressaisissement.

« Oui ».

Puis un monologue « C’est un beau projet ! C’est super ! »  « On a des amis qui sont passés par là. Je sais qu’il y’a des histoires de taux, de traitements… et que tu ne peux pas tout prévoir ».

Moi « Oui, et d’ailleurs, je vous remercie pour ces non problèmes de justification de mes absences au quasi jour le jour. Tout le monde ne fait pas ça. »

Bref. La conversation s’est terminée sur ses belles paroles « C’est beaucoup de bonheur ! » et avec un « Merci de ne pas l’ébruiter » de ma part.

Donc voilà, je suis grillée.

La réaction a été super ! Encourageante, et un chouilla trop bisounours land… mais bon, les soucis et la souffrance de l’attente, c’est mon affaire, pas la sienne.

Aujourd’hui, la conjointe de mon boss (ah… le monde associatif en version familiale… comme partout du bon et du moins bon) me glisse à l’oreille après une réunion « et [mon conjoint] m’a dit, bon courage pour ce beau projet ».

« C’est gentil !, Merci »

Mais une vague d’instabilité m’a soulevée.

Pourtant, c’est un poids en moins que mes boss le sachent, c’est clair.

Mais une crainte est montée en moi.

Et aussi, c’est génial leurs encouragements, je reconnais que j’ai de la chance ! Et puis, il a fait ce difficile pas vers moi.

Mais j’ai une sensation d’étouffement qui m’envahit.

Je pense avoir deviné pourquoi. J’ai eu la vague sensation que mon projet ne m’appartient plus.

Jusqu’à présent, c’est moi qui décidait à qui le dire, quand le dire, pourquoi le dire… Or là, j’ai été prise au dépourvue. Je n’ai pas eu la maitrise de ce qui reste de mon intimité au sein de mon univers professionnel.

Sincèrement, les couples qui n’ont pas nos problèmes ne se seraient pas retrouver dans cette situation. Enfin, je ne pense pas. C’est peut-être faux. Mais j’imagine que c’est peu probable.

Là je me sens mise à nue sur mon lieu de travail.

Je suis heureuse de leur réaction positive, sincèrement, mais cela reste déstabilisant.

C’est bizarre, déjà que je disais à Chérid’A que la case « épilation au top » était tout ce qu’il me restait de mon intimité dans ce parcours PMA, voilà que maintenant le secret de notre projet de couple a été découvert. Je crains le « vous en êtes où ? », le « scrutage » et les « interprétations ». Avec les collègues passent encore avec difficulté, mais avec mes boss ça ne passent pas. Et du coup, j’ai la sensation d’être de plus en dépossédée de notre projet…

Et toi, ça t’es arrivé ce genre de sensations ambivalentes ? ce genre de grillage où tu te sens mise à nue dans votre projet et vos difficultés si intimes pour ton couple ?

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18 Réponses to “Grillée”

  1. impatiente75 31 janvier 2013 à 15:15 #

    Ah ben oui, moi, grillée au cours de la Fiv, une grosse semaine avant la ponction …. Ma boss a reconnu les symptômes d’absence imprévu, un peu à la one again… Elle a une amie qui a fait une Fiv… Et puis, perso, j’ai eu la sensation qu’elle n’était pas insensible à la question, certainement pour d’autres raisons, peut être plus personnelles.
    Elle s’est montrée très compréhensive, discrète, me demandant quand même des nouvelles, très souvent et comprenant bien mes absences… Elle m’a beaucoup interrogé sur le déroulé de la Fiv, le traitement, les raisons de notre parcours. Ca ne m’a pas gêné de lui en parler. Peut être parce que je me sens en confiance avec elle, et que j’ai cette certitude que la pma la touche de plus près qu’elle ne me le dit….

    C’est vrai qu’au tout début, ça m’a fait peur, et puis au final, je me suis sentie soulagée.. Soulagée de ne pas avoir à inventer des motifs d’absence à l’arrache, soulagée de me dire que si je suis en arrêt après la ponction et le transfert, elle peut comprendre. Ce ne sont pas des vacances au frais de la sécu….

    Bisous !!

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:10 #

      Je vois bien ce que tu dis, j’ai une facilité à en parler en général, mais avec les personnes en qui j’ai confiance. Là, c’est pas trop le cas en réalité… J’ai malheureusement vécue un épisode de « trahison » avec son épouse. Elle s’est servi de l’handicap de mon frère pour me présenter à des partenaires. Ca ne se fait pas. Voila pourquoi je ne souhaitait pas qu’ils connaissent les vrais motifs. Enfin, disons que j’ai des raisons de me méfier.
      Par contre, je suis d’accord, ca a aussi un côté soulageant, pour les mêmes raisons que tu évoques.
      Merci, bises

  2. valerie 31 janvier 2013 à 15:41 #

    Pour ma part, mes employeurs ne sont pas au courant parce qu’ils ne comprendraient pas. Ils penseraient déjà que je vais être enceinte que ça les fou dans la merde parce que ça fait un remplacement à prévoir… Bref, donc ils ne savent pas. Ils ont pas vraiment lieu de se douter parce que je suis commerciale, donc je vadrouille pas mal. Pour les ponctions, je pose un jour de recup. Je ne prends pas mes arrêts parce que jusqu’à présent je n’ai jamais souffert.
    En revanche, je n’ai jamais ressenti de gène à ce que les gens quelqu’ils soient découvrent notre situation. D’ailleurs, je pense que la terre entière est au courant… Même Chéri (qui est la base de notre infertilité) le raconte à qui veut bien l’entendre.
    On n’a jamais eu la necessité de le garder pour nous.
    Mais je trouve bienveillant de la part de ton boss de t’avoir fait part de son soutien. S’il n’a pas été intrusif avec ses questions, il l’a peut être simplement fait pour que tu ne te stresses pas avec tes absences. Pour que tu sois libérée de ce poid de ne pas être en retard, de te justifier sans cesse… Au moins, maintenant, tu peux avancer sereinement dans la PMA. J’ose imaginer qu’il aura la delicatesse de ne pas te demander sans cesse où tu en es….
    Bises

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:12 #

      Tu as raison pour la bienveillance, mais comme je disais à impatiente, il y a aussi un fond de méfiance. Je pense que lui l’a fait dans ce sens, aucun doute là dessus. Je l’ai d’ailleurs remercié. Après on verra comment ça se passe… Bises

  3. missbelly2 31 janvier 2013 à 16:40 #

    Pour ma part, j’en parle hyper facilement et au boulot quasi toutes mes collègues sont au courant. Fatalement, je pense que mes cadres aussi, même si je n’en ai jamais parlé directement avec elles. Pour l’instant, je n’en ai pas ressenti le besoin, j’ai réussi à m’arranger comme ça, mais quand on en sera aux IAC ou si on va jusqu’aux FIV, j’en parlerai « officiellement ».
    Je ne sais pas comment ce sera accueilli, car bizarrement travailler en maternité n’aide pas à être mieux comprise, à la limite ce serait plutôt l’inverse…

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:14 #

      Certaines de mes collègues sont au courant, celles avec qui je m’entends parfaitement. C’est certainement là la différence de réaction de ma part. Ce qui me gène aussi c’est un peu aussi un sentiment de « pression ». J’espère que ça ira pour toi… Bises

  4. 31 janvier 2013 à 18:03 #

    ma chef est au courant, forcément, quand j’ai les échos – et du coup, bientôt l’IAC – il faut que les élèves soient pris en charge…. mais elle n’a rien ébruité et je suis contente. SInon, j’ai 2 collègues qui ont eu leurs enfants par FIV après des années en PMA. ALors, quand ça m’est tombée dessus l’an dernier, j’ai eu besoin de leur en parler… alors que pourtant on n’était pas spécialement super proches. Bref c’est comme ça… mais du coup, ça a fait un peu le tour d ela salle des profs…. et comme toi, même sensation « d’étouffer », d’avoir la moindre ptite question quand t’es en retard, ou fatiguée, ou absente…. du coup, j’ai profité de ce cycle de repos pour glisser des « on fait une pause » de ci de là, sans dire qu’on commence les IAC le mois prochain. …
    bisettes!

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:19 #

      Je suis heureuse pour toi que ta chef est « efficace » là dessus. Par contre le tour de la salle des profs c’est vraiment pas malin. C’est ce que j’ai ressenti quand le lendemain c’est sa conjointe/collègue qui m’a à son tour dit qu’elle savait. Même si je sais qu’il n’en aurait pu être autrement. Mais comme toi, une sensation de « on attend avec impatience que tu sois enceinte », en soit c’est chouette, mais dans le cadre de la pma et de son incertitude, ça fout aussi la pression. Et puis, c’est tombé le mauvais jour ce « génial tu fais des traitements pour être enceinte », car justement non, puisque c’était le jour où l’iac prévue était annulée… Bre. J’ose espérer ne pas avoir de regards ou de mots interrogateurs lors de mes prochaines absences… Et bonne idée ce « mode pause » ! Bises

  5. Mastacloue 31 janvier 2013 à 18:58 #

    De mon côté, au départ, j’avais choisi de me faire suivre dans le privé pour ne pas l’être dans mon hôpital…et puis finalement, j’ai changé pour le centre PMA de ma mater, alors t’imagines bien que niveau intimité, c’était très limite: tout le monde pouvait me voir aller en salle d’écho et en PMA, juste à côté de la salle des urgences mater, le tout en blouse rose…(y compris des patientes que je retrouvais après en consult, enceintes!) et mes bilans avaient tendance à arriver en consultations mater, donc, c’était carrément grillé. Mais, au moins, personne (je crois!!) ne m’a jamais fait de problème pour me prendre une garde au pied levé ou accepter que je sois de très mauvais poil…et ma cadre est passée par la PMA, alors…J’étais plutôt chanceuse! Et en fait, j’avais un besoin un peu bizarre que les gens SACHENT. Je voulais avoir une excuse, je crois.
    Aujourd’hui, je ne bosse pas (pour l’instant) et c’est beaucoup plus simple!

    Mais je crois que tu as de la chance, au final. Après, il te reste le choix d’en parler ou pas. Tu peux couper court aux questions ou te confier, c’est à toi de voir. Parfois, on a envie de l’un, parfois de l’autre!

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:22 #

      Ah ben dis donc, ta situation est bien particulière. Chapeau ! Je trouve que ça dépend des périodes, parfois j’ai envie que les gens sachent, parfois (en ce moment) non pas du tout, j’ai plus besoin de me protéger, de ne pas en parler, d’étre dans ma bulle. C’est avant tout pour cela que j’ai eu ce sentiment. C’était pas le bon moment… Je suis dans ma période « coupe court »… Bises

  6. monbebedesire 31 janvier 2013 à 19:37 #

    pour ma part , comme je suis  » patrone  » moi même, je travail chez les gens, j’ai pas vraiment besoin d’en parler parce que je fait mes horraire a moi… j’ai juste une fois du aller prévenir le fils d’une dame chez qui je vais, car rupture d’ovitrelle dans ma ville, fallait je fasse 90km pour avoir mon ovitrelle pour le jour meme … le fils m’a bien compris, en meme temps heureusement c’est un chirurgien ! j’ai l’impression qu’on es souvent mieux compris par les étranger que par notre propre famille

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:23 #

      Pas mal pas mal ! Et t’es bien tombé sur ce fils chirurgien ! C’est pas faux ce que tu dis, mais je ne suis pas entièrement d’accord. J’ai eu des « hors famille », « hors amis » qui ont été exécrables. Ca dépend vraiment. Bises

  7. marinette1974 31 janvier 2013 à 19:58 #

    Mon chef n’est pas du tout au courant, pour le moment, je lui ai juste avoué que j’avais quelques problèmes de santé. Avec mon age avancé, ça m’étonnerait qu’il se doute de quoique ce soit.
    Par contre, j’ai hâte de lui annoncer ma grossesse (enfin, si j’y arrive un jour).

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:25 #

      Ah ! Ben voila ! C’est exactement la tactique que j’avais choisie ! Et c’est parcqu’elle n’est désormais plus possible que ça me saoule… Plus de surprise, mais du soulagement. Plus de discrétion, mais de la sollicitation… Plus de masque… Bon, c’est pas trop grave, évidement !, mais j’avais pas vu ça comme ça… Bises

  8. Melle Pirouette 1 février 2013 à 07:07 #

    C’est clair vraiment pas simple comme situation.
    J’imagine la difficulté de la tâche…déjà c’est pas simple d’annoncer à son employeur qu’on est enceinte (jamais vécu mais je m’en fais tout un patakess) mais alors lui dire qu’on suit un parcours PMA ! Piouf !
    Pour le moment, je l’ai annoncé à strictement personne qu’on était en essai, ça fait 15 mois que ça dure et nous sommes les seuls à le savoir…je m’en porte pas plus mal mais des fois quand certaines conversations partent à la dérive j’aimerais leur hurler mon point de vue …mais je m’abstiens car j’ai l’impression que la situation sera encore plus difficile à soutenir une fois que les gens sauront…j’ai l’impression que c’est ce que tu ressens un peu là !

    Côté patron, je ne lui ai donc rien dit…mais j’ai quand même eu des passages très difficiles, des absences…et j’ai été obligé de le prendre à part pour lui expliquer que j’avais des soucis personnels en ce moment qui avait es répercutions importantes sur mon état du moment (angoisse, vertige, nausées etc.)

    Le point positif c’est qu’il t’a compris et qu’il a bien réagit…à mon avis, ce ne serait pas le cas de tous les patrons !

    Bisous

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:30 #

      Ben le souci c’est que justement je ne lui ai pas dit que je suivais un parcours pma, j’aurai préféré d’ailleurs, mais c’est lui qui a deviné. D’où le sentiment de perte de maitrise de ma situation…
      Je t’admire ! Nos proches amis le savent, car comme tu dis, on peut se retrouver dans des questions/situations très compliquées à gérer sans exploser… Ca c’est ma gestion dans ma vie perso, et je voulais la même chose que toi dans ma vie pro (sauf avec quelques collègues qui sont bien plus que des collègues)… Du coup, oui, c’est bien cela que j’ai ressenti.
      Et tu as raison, la bonne réaction est un immense soulagement. Le lui ai dit qu’en effet tous les employeurs ne sont pas aussi compréhensifs. Je souhaite juste que ça en reste là, mais le tric c’est que malheureusement j’ai des raisons de me méfier… Bises

  9. Nana 1 février 2013 à 08:26 #

    Pour ma part, mon employeur n’est autre que … mon père. Donc oui il est plus ou moins au courant quand nous faisons des tentatives. Mais ce n’est pas lui mon supérieur. Mon supérieur, celui qui m’autorise toutes mes absences, j’ai préféré le mettre au courant assez rapidement, car on s’entend très bien…Sinon, je me suis déjà sentie piégée, surtout car mon mari bosse au CHU où nous sommes suivis. Certains regards de ces collègue m’ont fait comprendre qu’ils savaient, et je n’ai pas du tout aimé cette sensation !

    • Bounty Caramel 1 février 2013 à 10:33 #

      Ah pas mal ! C’est pas super évident comme situation dis donc ! Et tu as l’air de bien géré avec ton supérieur, je suis contente pour toi ! C’est sur ta dernière phrase que je te rejoins… C’est un peu ça… Me montrer la photo d’une maman en me disant « t’as vu comme elle est épanouie » tout en insistant bien, sincèrement c’est pas du tout malin… Bises

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