Saut d’obstacle ou pas ?

18 Nov

J’ai toujours été nulle, mais archi nulle en sport, en particulier en sport de groupe et en athlétisme.

Le saut d’obstacle, l’un des calvaires de ma jeunesse. Sérieusement, qui c’est le crétin qui a inventé un jeu pareil ? « Ah tiens, je ne sais pas quoi faire aujourd’hui. J’irai bien courir, mais bon, c’est trop facile. Çà y est j’ai une idée, je vais ajouter quelques barrières, haies et autres murs ». Mouahahaha…

Bref, tu vois bien comme j’aime franchir les obstacles… Pourtant, hors compétition sportive, j’en ai dépassé pas mal. Naïve, j’ai cru que c’était de l’histoire ancienne, du genre « c’est bon, là ? j’ai eu ma dose non ? foutue DLNP tu me fous la paix maintenant ? et puis t’es pas un peu conne quand même à vouloir t’acharner ainsi sur les gens, tu pourrais pas t’arranger pour user de ton énergie pour soutenir la paix, l’entraide et la solidarité ? » (Au passage, et comme c’est un peu de mon job et de ma vie, j’en profite pour vous relayer qu’en ce moment c’est la semaine de la solidarité internationale, y’a pleins d’actions, de films, de débats, d’expos… à côté de chez vous, allez y!). Parenthèse fermée. Revenons à nos moutons.

« Tu vois DNLP, je crois en toi, alors si je te dis toussa c’est pour t’aider, t’économiser de ton temps, et te faire prendre conscience de ta bonté, ainsi je pourrai te renommer DNLM, dixit Dame Nature La Meilleure, La Merveilleuse, La Magique. Ce serait pas mal non ? Je dis çà, parce que là, si je fais le bilan c’est pas joli joli hein? Sans m’étendre à tous les malheurs existants, me concernant c’est à peine quelques années de répits. Alors, de toi à moi, on voit bien que çà ne sert à rien et que ce n’est pas très gratifiant pour toi ». Sais t-on jamais, cela la fera peut être réfléchir…

Bref je m’écarte du saut d’obstacle, qui soit dit en passant me fait incroyablement penser à …

Revenons y.

Ma moitié, lui, le saut d’obstacles à l’école, c’était son truc. Il était brillant dans cette discipline et dans les autres, sportives ou pas (d’ailleurs je me demande bien dans quoi il n’est pas brillant, ah ben si, il a quand même des défauts, chut…, faut pas rêver non plus).

Enfin voila, tu me diras, çà tombe bien, çà équilibre le tout et à nous deux, çà nous permet de passer d’autres barrières haut la main. Là aussi, on en a franchi certaines, dont quelques unes coriaces. Bref, passons. Alors histoire de re-pimenter le tout dans un moment de quiétude et de grande joie du style « et si on agrandissait la famille ? », DNLP s’est dit « oh, ben c’est deux là, c’est expérimental comme couple, alors allons y, poursuivons les galères, une de plus une de moins, on s’en fout ». Et voila comment l’attente avec en toile de fond l’infertilité s’est installée à notre porte.

Bon, c’est bon, même pas peur, on est habitué.  De toute façon, pour être honnête, connaissant mes OPK de longues dates, je ne me suis jamais imaginée être enceinte sans stim’, sans piqures, sans le savoir. Ma mère étant elle aussi passée par là, ce début de PMA ne m’a fait ni chaud ni froid, ni peur ni choc.  Là où je me suis plantée c’est que Chérid’A n’était pas au même niveau d’acceptation de médicalisation dès le début, que moi. En résumé, autant dire vrai, je suis partie sur les chapeaux de roues, car connaissant mes soucis, je ne voyais pas pourquoi je devais attendre. Je ne regrette pas, tout a été très vite au final.

Mais voila, aujourd’hui, la médicalisation va un peu trop vite… (bon, je l’ai bien cherché, ok…). Le saut d’obstacle proposé vendredi par gygyPMA n’a pas eu lieu. Le doute, le choc, et l’hésitation se sont installés dans ma cabosse, pour un court séjour, je n’en doute pas. Pour ainsi dire, là où je me suis royalement plantée, où je n’ai pas vu l’obstacle arriver, c’est quand gygyPMA a commencé à nous parler d’IAC. Et bien, aussi forte soit l’envie d’être parent et de gros ventre, même si je veux que çà marche le plus vite possible, çà m’a fait un drôle d’effet. « Comment çà, ma gygyPMA pense qu’il est déjà temps de passer au next ? ». Shocking.

Je n’ai pas compris. La stim’ se passe bien, le hühner est positif mais moyen, certes. Pas d’autres soucis majeurs pointés hormis mes ovaires dilettantes. Alors pourquoi proposer les IAC si ce cycle 2 de stim’ s’avère négatif ? Pourquoi me casser dans mon élan positif de ce cycle ? Quelles bonnes raisons à accélérer la machine ?

Gygy a évoqué comme raisons, le fait que cela ne change rien pour moi car les traitements seraient les mêmes, que le seul truc qui change c’est le recueil de sperme, que tout cela est déjà médicalisé et que çà permettrait simplement d’optimiser l’ensemble. Oui, techniquement parlant c’est vrai. Mais quid du changement d’échelle en terme de vécu de médicalisation, et de la procréation (adios la couette), quid de l’étape psychologique à franchir, impasse sur où en est le couple dans le vécu de la PMA… 

Çà vous choque peut être les pmettes en iac, je m’en excuse. Mais je suis sure que tout couple en PMA vit à un moment donné un « choc ». Nous, enfin je, ne l’avions pas encore vécu, il est arrivé sous ce changement de rythme, ce saut d’obstacle qui me semble un peu plus dur à franchir.

Voila, un peu de ma fin de semaine mouvementée émotionnellement. Moi qui me croyais prête, voire prête à batailler avec gygyPMA pour une IAC (c’est là où je retrouve Sophie), arguments en tête, je n’en ai pas eu besoin, et je ne le suis pas. Mon conjoint non plus. Autant vous dire que gygyPMA a eu du mal à nous cerner, çà a jeter un froid, je suis tombée des nues. La réflexion est en cours, elle prendra le temps qu’il faudra. Pour le moment nous n’en sommes pas là. Et puis, j’ai une stim’ en forme à finir moi !

Et vous, à quel moment avez vous ressenti un « choc » ? En avez vous ressenti un d’ailleurs ?

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15 Réponses to “Saut d’obstacle ou pas ?”

  1. gribouillette 18 novembre 2012 à 17:44 #

    Moi je suis également tombée de très haut.

    Au premier rdv PMA, le gygy il m’a tellement prise pour une andouille que je ne m’attendait pas à quoi que ce soit rapidement.
    « QUOI? 25 et 26 ans, seulement 1 an d’attente, Un bilan hormonal normal, un spermo normal, une hystéro normale? Revenez plus tard, SUIVANTE! » (je caricature à peine).

    Mais il m’a quand même donné des examens « pour m’occuper », dont comptage des follicules et dosage de l’AMH. J’ai reçu les résultats chez moi sans la moindre inquiétude. J’étais dans les clous après tout. Et au 2ème rdv PMA, la claque!! Je suis tombée de haut quand il m’a dit que ma réserve ovarienne était très insuffisante pour une fille de mon âge. J’ai mis du temps à encaisser que, ça y’est, on allait en IAC. Je ne m’étais encore préparée à cette éventualité.

    Ça, c’était en juin. Tu vois, j’ai commencé les ttt fin octobre, et j’étais très impatiente et totalement prête. Il a fallu 4 mois pour que l’idée fasse son chemin.

    Laisse-toi du temps, laissez-vous du temps. Renoncer au bébé couette, c’est pas évidement. Même si ça ne changera pas grand chose niveau ttt, ça change beaucoup de choses psychologiquement.

    Courage!

    • vertupatience 18 novembre 2012 à 19:17 #

      C’est bien çà… ce 4 mois c’est aussi ce qui me semble nécessaire auj’ surtout que dans notre cas ca peut marcher sans iac d’ici là… alors on y croira jusqu’à la dernière stim’ possible… En tout cas, grosse pensée pour toi pour les jours qui arrivent…

  2. gribouillette 18 novembre 2012 à 17:47 #

    PS : Entre le moment où tu dis « OK on va en IAC » et le moment où tu commences, il s’écoulera forcément du temps (sérologie et spermoculture à refaire + TMS pour ton chéri) alors n’attends pas trop. Quand vous sentez que vous commencez à être prêts, lancez la machine.

    PPS : Désolée pour le méga pavé!

    • vertupatience 18 novembre 2012 à 19:14 #

      Tu rigoles ! Merci pour le méga pavé ! Elle nous a bien parlé de sérologies, du dossier adminsitratif, mais pas du TMS. Je me demande si çà n’a pas été déjà fait avec le spermo (ce qui me met la puce à l’oreille c’est qu’on avait attendu 3-4 sem’ pour avoir les résultats). Enfin bref, on verra.

  3. Marie 18 novembre 2012 à 20:39 #

    Oui… le choc de ma vie. Deux mois après mon mariage et le début des essais, je fais un test de grossesse parce que j’ai du retard et des bouffées de chaleur. L’assistante m’appelle et me dit: « avec des taux pareils, vous n’aurez pas d’enfants, en tout cas pas naturellement ». Je ne comprends rien, je suis au boulot, entre deux portes… dévastée. J’appelle un ami gynéco, il se fait faxer mes résultats et me recommande un spécialiste car j’ai des résultats « proches de la ménopause », mais il me rassure en me disant qu’on va me donner un traitement, et qu’il sera ravi de m’accoucher!
    Rassurée, le lendemain je vais seule chez le spécialiste. Là, il me dit que je suis ménopausée, certainement depuis longtemps (j’ai 31 ans à ce moment-là). Il me parle du don d’ovocytes (interdit dans mon pays) et ne comprend pas pourquoi je suis aussi bouleversée puisque j’ai un très bel utérus qui me permet de tenter la FIVDO. Un fin psychologue quoi!
    Deux semaines d’arrêt de travail, bourrée de calmants, au fond du trou. J’ai frôlé la folie.
    Voilà, c’était le récit de mon choc. A mon tour d’être désolée pour le pavé;)

    • vertupatience 18 novembre 2012 à 21:50 #

      Merci pour ton témoignage qui me laisse de marbre… Comment réagir autrement ? Impossible. En tout cas tu me aussi le doigt sur une impasse, la formation psy des gygys, aussi spécialistes soient-ils…

  4. madamepimpin 18 novembre 2012 à 20:46 #

    Pfiouuu… ça fait réfléchir ce que tu racontes Vertupatience. Je pensais avoir déjà renoncé à l’espoir que ça fonctionne normalement pour nous, j’ai été contente quand mon gynéco a enfin admis qu’il y avait un souci et m’a donné mon traitement. Et là avec le traitement j’ai juste l’impression d’attendre que suffisamment de temps se soit écoulé pour pouvoir justifier qu’on passe à quelque chose de plus radical. C’est paradoxal parce que tous les mois j’espère quand même un miracle. Après c’est sûr que nous ne sommes pas encore devant le fait accompli et le jour où il nous dira d’aller plus loin je serai peut-être désemparée. Alors grâce à toi, et grâce à la réaction de Sophie je m’y prépare.

    PS Gribouillette je suis choquée par l’attitude du médecin qui t’as reçue la première fois. C’est vraiment pas délicat.

    • vertupatience 18 novembre 2012 à 21:47 #

      Contente de voir que le but de ce post soit actif, celui d’écrire et de communiquer ce sentiment étrange qui mêle nouvel espoir, inquiétude, et choc. En espérant bien entendu qui tu en fasses l’impasse…

  5. gribouillette 18 novembre 2012 à 21:44 #

    De rien. ^^

    En tout cas j’espère que la question ne se posera plus d’ici quelques mois, et je croise.

  6. 28jourslaculottealamain 19 novembre 2012 à 06:04 #

    a chaque sa galère moi 18 ans en arrière (hé oui) la pma ou j’étais me dis que avec mes allergies ça n’allais pas être possible si non c’était l’élevage assuré, bref 18 ans après toujours pas d’élevage mais j’ai changer de centre pma entre deux courage ne tarde pas trop car en pma les mois passe quelques par très vite , ne loupe pas ta chance car je crois que moi je l’ai loupé fin du roman

    • vertupatience 19 novembre 2012 à 07:04 #

      Un grand merci pour tes precieux conseils. Je ne pense pas qu’on tardera trop, juste besoin de temps pour se faire à l’idée…

  7. sophielattente 19 novembre 2012 à 06:31 #

    Le choc que tu as eu je le comprends, si le seul souci étant ces OPK j n vois pas pourquoi vous devriez précipiter les IAC, sachant d autant plus que les stimulations sont les mêmes. Ce n est quand même pas rien de faire ce deuil du BB couette . Laisse toi du temps et cette stimulation qui mettra je l espère un terme à cette question d IAC.

    Par contre comme Gribouillette j te conseillerais de faire le dossier en amont car les délais peuvent parfois être long et il vaut mieux avoir anticiper.

    • vertupatience 19 novembre 2012 à 07:09 #

      Bon résumé, c’est bien cela. Par contre niveau timing gygy n’avait pas l’air de dire que c’etait long, car elle voulait deja nous engagé sur cette voie au prochain cycle et ne nous a parlé que des serologies à refaire. bref au fond j’en sais rien.

  8. lisette84 19 novembre 2012 à 10:55 #

    Oh Vertu, ton post me parle vraiment beaucoup… Moi je ne m’étais préparée à aucune difficulté, j’ai déjà mal vécu le fait que très rapidement on me dise que j’avais des OPK (moi je ne le savais pas) et que je n’ovulais probablement pas seule (la gygy a pas du tout eu l’air de mesurer ce que ça pouvait me faire, c’était rien pour elle…).

    Et après, quand on a fini par se préparer à des stim et que je les voyait vraiment comme un super espoir, deuxième claque, prends toi dans la gueule un spermo pourri qui te permettra pas d’avoir d’enfants seuls… On était même pas prêts à réaliser qu’il y avait un souci… Et la gygy qui te raconte que la fiv sera une bonne solution etc. Mais nous, on voulait le faire sous notre couette le marmot, on voulait pas de fiv !!!

    Alors bien sur, maintenant, on est avide de commencer, on est soulagé d’avoir une solution, mais sur le moment, on a pleuré tous les soirs… Au travail, on ne m’a pas reconnue, mon mari n’arrivait plus à se concentrer, ça a été vraiment dur.

    Il faut du temps… Le temps, l’attente qu’à la fois on déteste mais qui à la fois te permet petit à petit d’apprivoiser la nouvelle…

    En tout cas, je comprends très bien ta réaction, c’est une douloureuse nouvelle… et pas du tout aussi évidente qu’on veut bien te le présenter !!

    • vertupatience 19 novembre 2012 à 12:39 #

      Ton petit mot me touche, je voulais de parler de ce moment spécial car je trouve qu’on en parle peu. Même s’il ne bloquera sans doute pas la suite, et que les décisions seront prises, comme tu dis, il faut du temps.

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