Et j’ai refait les pas de La Lueur…

3 Mai

L’ironie du sort a fait que ce soir, tard, seule, et libre, j’ai refait les pas qui ont précédé l’arrivée de La Lueur. Un simple tour de pâté de maison, bouleversant d’émotions, et ce pour tant de raisons.

Quelques pas dans ce quartier qui abrite tant de souvenirs… d’étudiants à parents. Tout un pan de vie. 15 ans.

On y a vécu seuls, puis tous les deux, puis les week-ends ensemble et leurs aller-retour incessants entre nos autres villes. On s’y est installé, on y a fêté, on y a concourisé, on s’y est marié, on y a pmaisé, et par chance La Lueur est née.

A chaque fois, et après lui avoir fait quelques infidélités, c’est dans ce quartier qu’au final on retombait, sans le faire exprès.

Alors ce soir… à La Lueur de mon étoile de Mâgne, parce qu’une page se tourne définitivement, parce que de FritesVIlle il n’y aura plus… fouler une dernière fois ce boulevard, ces rues, ces coins et recoins si bien connus sonnait comme un Adieu.

Une bien jolie soirée pour clôturer ces moments d’une vie que vous avez tous et toutes suivis dans leurs dernières années. Et même si je resterai surement non loin, dans l’ombre très certainement, en soutien assurément, ce soir, c’est aussi le bon moment pour vous dire « On se revoit tantôt », « On est ensemble », « Prenez soin de vous », « Merci tant de Mercis»,  et surtout… « Que la Chance tourne pour vous, du côté tant désiré, du côté que vous souhaitez ».

A bientôt…

 

Une histoire de boucles et de crinière

1 Mar

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu avoir les cheveux longs longs longs…

Petite, ma mère ayant eu la seyante idée de me faire une coupe au bol (la honte sérieux… !), j’attendais impatiemment le soir pour revêtir ma longue chevelure d’or faite d’un long foulard placé astucieusement sur la tête. Puis, grâce à un jeu de lumière, j’admirais mon ombre avec ses si longs cheveux sur le mur de ma chambre. J’étais alors une princesse !

Le temps passant, et les cheveux cassants, jamais je n’ai eu de crinière… Pas faute d’avoir essayé pourtant… Au mieux, c’est entre le cou et la poitrine que mes cheveux furent les plus longs. Et puis, tout le monde me dit que les cheveux au carré me vont mieux, et bla bla la, et bla bla bla… M’en fout, je voulais ma crinière moi, gna !

Bon, j’avoue tout de même que je ne tiens pas plus de deux semaines à faire de bons soins, que je suis nulle, mais vraiment nulle, en coiffure, que pour moi les cheveux ultra lissés et sans mèches rebelles, c’est une coiffure ! (Tu parles… c’est la grosse flemme en réalité).

Avec cette introduction, tu comprends donc que l’une de mes préoccupations principales est que La Lueur puisse jouer et se mirer en Princesse ! et non pas en playmobil boreal ! Ce qui suppose que sa mère sache enfin s’occuper dignement des chevelures féminines !

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A sa naissance, j’avoue que j’ai eu un gros coup de stress (heureux le stress hein, est ce seulement utile de le préciser… ah ben non… bon tant pis, c’est déjà fait). Un oh punaise une fille ! Ma fille ! « Ma puce ! ». Alors que l’homme était devenu gaga en 1/4 de seconde, moi, durant une fraction de seconde j’ai eu peur de ne savoir pas y faire avec elle, quelle responsabilité cette toute petite vie si vulnérable !

Et, dans ce flou artistique qu’est la venue au monde, je me suis aussi demandé (cherche pas… c’est complètement irrationnel) mais comment je vais faire pour ne pas lui saboter ses si beaux cheveux, la vache mais c’est quelle en a plein des cheveux en plus ! Coup de stress accompagné d’un mais j’y connais rien en bouclettes et cheveux métisses. Et sur ce coup là, Chérid’A ne sert à rien non plus, puisqu’il a les cheveux courts et point de boucles métissées, basta.

Alors voila, je me suis promis de ne pas lui faire mal quand il y aura des noeuds (oups), d’apprendre à lui faire des jolies tresses (et la patience qui va avec), de prendre soin de ses délicats cheveux, de les nourrir comme il faut, de prendre les meilleurs produits, les meilleurs conseils… Et là, sache que ce n’est pas simple… Mais vraiment pas…

Déjà, ce n’est pas notre entourage qui va aider sur ce coup là. Ensuite, force est de constater qu’il n’y a pas en France de gamme bien développée de produits spécifiques (et bio accessoirement) pour les bébés ayant des cheveux afro ou métissés. Idem pour les soins du corps d’ailleurs. (Et idem pour les livres pour enfants au passage : il est où le bouquin où elle peut identifier son papa, sa maman et elle ?). Si j’ai zappé des infos, si vous en connaissez, dites moi, je prends !

Du coup, j’ai lu, je lis, je lirai encore et encore des infos ci et là. Et au moment venu, notre perle ira faire un tour chez le coiffeur pour qu’on nous file tous les tuyaux pour ses cheveux à elle. Et puis, je bosse donc mon english because je m’oriente vers les marques US (pays qui a intégré son métissage dans sa vie de tous les jours, et donc dans son marketing, sa cosmétique…)

Ma princesse élancée (elle a dépassé la plus haute courbe de taille pour son âge, omg !) mérite le must ! Comme tous les enfants sur Terre ! Alors dites-moi que faire, qu’achetez, si vous savez ?

Pour le moment, après avoir trouvé the crème pour son corps et ses petites joues, il me reste à découvrir quel soin sera adapté à ses cheveux (dont je le sais bien, on ne connait pas encore la nature).

J’ai bien bien en tête cet article sur les produits afro pour enfants et bébé. Il me reste donc à amorcer la phase testage, en espérant trouver aussi rapidement que sa crème de corps, le produit le plus sain, soft, rapide, et chouette pour ses si délicieux cheveux !

Bref, je vais tester d’ici quelques jours… car ca y est, les petits noeuds apparaissent, et pas moyen de faire mal à la princesse.

Si vous avez des conseils, je suis preneuse !

Un petit peu d’Humanité !

8 Déc

Je ne vais pas revenir sur les scores de ce week-end. C’est bon. On en parle déjà assez…

Je vais papoter de deux trucs vu ce jour, bien plus solidaires, encourageants, et porteurs d’avenir.

D’abord, des petites BD (d’une asso) que je trouve trop bien faites pour ne pas vous en parler… et tellement d’actualités…

Elles sont toutes ici.

En voici deux extraits.

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En parallèle, je ne peux pas ne pas parler de cette asso formidable que je zieutai la semaine passée : le Centre Primo Levi, qui assure des soins pour les victimes de la torture et de la violence politique réfugiées sur notre sol, en France.

 

Voila… En ces temps de vote, ça donne je l’espère un peu à réfléchir.

 

Et puis, ouai, c’est pas fini…

Cet aprem’ j’ai eu la chance de me retrouver un chouillat au sein de la COP21, pour parler « Femmes et Environnement« .

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Oui oui, parce qu’on ne le sait pas assez, mais les femmes sont autant les premières victimes des dérèglements climatiques que les porteuses de solutions.

Dit comme ça, et avec un regard occidental, c’est pas si simple à capter. Mais je t’assure, quand tu pars dans d’autres contrées, surtout celles qui subissent ces changements climatiques de plein fouet sans les avoir causés, ça saute aux yeux !

Why ????

Because toussa toussa :

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Bref, le dérèglement climatique ça donne ça : Appauvrissement des terres, migration vers les villes (en 2030 : 67% de la population mondiale sera urbaine. 2/3 vivront dans des bidonvilles…)… et donc diminution des ressources nutritives et financières (tu vends quoi si tu produis plus que pour toi et ta famille au mieux)… et donc précarisation des familles, des enfants, des hommes, et des femmes… et surtout de ces femmes (par exemple, celles dont le conjoint part chercher des revenus en ville… et donc une main d’oeuvre en moins à la maison pour accomplir toutes les tâches quotidiennes… et vivre…) sur qui repose la gestion de la sécurité alimentaire, de la famille, de l’éducation, de la santé… Et qui dit tension… pardon, tensions… dit conflits. Et qui dit conflits… dit femmes plus que victimes.

(Ah ben tiens, le web journal environnemental en parle ici aussi)

Et en parlant de conflits, dont on dit souvent à tort qu’ils sont religieux (c’est « l’excuse » pas la cause boreal !), on a parlé du lac Tchad qui s’évanouit au fil des ans, du Nigéria qui est densément peuplé face à ses voisins, des tensions sur la sécurité alimentaire de cette zone du Monde… des autres facteurs… et de la résultante de tout cela : un conflit, une guerre, un groupe armé nommé Boko Haram.

Et puis, sur les questions de développement en particulier, investir sur les femmes, en leur donnant accès aux mêmes connaissances, savoir-faire et innovation que les hommes, c’est 30% de gain et de réussite supplémentaire ! (Ben quoi… qu’est qu’on y peu si on sait mieux gérer les essentiels ;-))

Bref. On a causé Femmes et Environnement. Et c’était chouette !

Alors avec ces deux trois trucs de ma riche journée (j’ai de la chance hein ;-)), j’espère que tu seras moins dépité face à dimanche dernier, et que des solutions Face à la N tu auras trouvé !

Cœur en miettes

20 Nov

On me prend Paris.

On me prend Bamako à l’instant.

On me prend Fotokol.

On me prend N’djaména.

On a pris tant d’autres villes que je ne connais pas encore.

On a pris le regard paisible de ceux qui fuient. Sans compter les vies…

On ne prendra pas ma rage que demain soit mieux qu’aujourd’hui.

J’attends les nouvelles… encore une fois. Et à priori ce n’est pas la dernière.

En ce jour de prières, en cette semaine de la solidarité internationale, soyons bienveillants et solidaires.

Ce sera long, chacun de nous le sait. Mais on y arrivera.

#TousUnis

La claque.

27 Oct

« Tu peux réussir quoi que ce soit, passer ta journée avec des vedettes ou dans des soirées mondaines, le soir, tu rentres chez toi, rappelle Mehdi. Et tu te confrontes à la précarité et à ses gens qui ont peu d’espoir. » C’est ce qu’il nomme la « schizophrénie » des gens de banlieue « qui émergent ». Badrou enchaîne : « On sera jamais totalement dans le système. Y’a une insouciance qu’on n’a pas. » (le tout est ici)

Même si je ne suis que fraichement arrivée du côté des unes de la une ;-) (elle aime teeeeellement ça « la une »… je suis quasi sûre qu’ils ont un correspondant H24 ici… y’a tellement « d’actus » !)), je souffre d’ores et déjà des maux de Medhi et Badrou (doivent avoir bien bien mal à la tête ces deux gars lol)… je nomme « la « schizophrénie » des gens de banlieue « qui émergent ». Enfin, là dans mon cas, c’est plutôt la « schizophrénie » des gens de pas banlieue qui arrivent en banlieue et ne bosse pas en banlieue (française du moins ;-)).

Et puis l’insouciance, hein, bon entre l’autisme, la PMA, le wtf « ton mec est étranger », le re wtf « mais pourtant » il fait des études (trop) longues et le reste des bla bla bla, mon job et ses études décapantes… la vie quoi… ben l’insouciance, in fine, personne ne l’a plus à un moment donné dans sa vie, et c’est comme ça.

Bref. Le topo est simple : je sors la tête de l’eau de façon schizophrénique, oui, c’est ça en fait. Une bonne cla claque en somme.

Bosser avec les plus vulnérables au quotidien.

Chercher des sous pour mener des actions de développement social et économique. Mener des projets inclusifs. Des tout tout petits aux plus grands des grands. Accompagner tout un chacun pour lisser les inégalités.

Ailleurs surtout, ici un peu. Ca aurait pu être l’inverse, mais ma passion étant dans l’ailleurs. J’aime bosser en sans frontières, et c’est ainsi.

Parce que je suis têtue, et que je ne voulais pas lâcher mon job pour suivre mon mari…

Avoir déménagé dans un quartier très sympa, entouré de gens comme toi et moi partout (le monde quoi…), mais aussi de pauvreté une rue plus loin. Ou plutôt de personnes prises au piège et à la gorge. Comment peuvent-ils sortir de là ? Je t’assure, je suis tombée des nues en constatant à quel point mon pays, pire, sa région capitale, est cloisonné.

Assister tous les deux jours au bal « desamusé » (jaune le amusé).

Choper un RER bondé. Puis choper un train bondé. Rien de transcendant.

Observer. Lire. Cogiter.

Observer le RER bondé de gens fatigués… se levant trop tôt… pour des salaires de marde. Observer le train bondé de gens tout frais… se levant plus tard… pour des salaires décents.

Être choquée.

Être choquée. D’autant plus choquée que mon trajet du matin est dans cette ambiance schizophrène, et que mon boulot du quotidien l’est tout autant.

Et d’autant plus choquée, allez on va pas se mentir, face au constat flagrant qu’est l’uniformité (ou quasi) des couleurs de peau (et c’est la seule « différence » pétard !) associée au moyen de transport. A tel point que ça fait déjà deux fois qu’un gars m’aborde en me demandant ce que je fous là dans ce rer là, car je fais tâche. Alors que dans mon train cosy je passe incognito ou presque (ouai, presque car je bosse ni en tailleur, ni en talons), et que mes compatriotes du RER je les troque contre mes compatriotes TGV. Deux mondes ou presque (yep, presque, y’a des infiltrés jvous dit ;-), et j’en fais partie ! et puis mon homme aussi en fait ;-) !).

Être triste.

Être triste. Si triste. Si terriblement triste de voir tous ces petits et grands coincés dans des horaires à la con, des trajets trop longs, des emplois insuffisants, des logements (ah la la.. ca vaut un post entier les logements !) foutage de gueule pour des prix hallucinants…

Être contente et énervée. Contente de ne pas vivre bête et ignorante grâce à ma nouvelle citée. Énervée contre moi-même car notre souhait le plus cher est juste de nous casser.

En ce jour dramatique d’il y a 10 ans, et en tant que fraichement arrivée par ici, je m’interroge… Et comme le souligne le monsieur interviewé ce jour sur France Cult*re, ah ca oui il y en a des bâtisses, et des bâtisses, et des bâtisses toutes neuves… mais des lieux de vie ? des lieux économiques ? des lieux de savoirs ? des lieux autres que les centres commerciaux sur centres commerciaux sur centres commerciaux qui en deviennent les centres-villes tout court ? Alors les bâtisses à 4 étages plutôt que 10, certes c’est beau, mais sincèrement est ce qu’un paysage crée une dynamique sociale, citoyenne et économique ???? Est-ce qu’un horizon moins haut réduira les flagrantes inégalités ? Est-ce que du beau cache la misère ? Est-ce que vraiment c’est ce nouveau parcage qui ressoudera l’ensemble de la fracture ?

Je me questionne une fois le boulot fini pour cet ici car c’est désormais mon ambiance de voisinage (et boreal, ça se passe bien !) (même si oui, y’en a quelqu’un, perdus, qui pètent les plombs littéralement), et je tente d’agir à longueur de journée pour mon taf’ qui agit sur des questionnement similaires bien plus loin, voire complètement identiques (en particulier au Brasil), tout en sirotant des cocktails guindés de temps à autre et en longeant les murs des plus belles instances de ma République. Si avec ça tu te fais pas des noeuds au cerveau…

Bref, Silencio il parait. Dense Silencio. Il tombe bien ce lieu pour mes deux chouchous ! Il doit être terrible leur bouquin ! Elle est si juste leur phrase citée au début de ce post. Les Kids ont grave grandit, et c’est ainsi ! Merci !! Merci de m’avoir enfin fait sortir ce post de ma tête… des semaines qu’il tournicote chaque jour de rer/tgv schizophrène !

PS :😉 aux Champs-Élysées… ça m’a bien fait marrer ce moment là pour vous (re rire jaune bien entendu)… du vécu similaire ici aussi… doit y avoir 4 ans désormais… l’histoire d’un conjoint, classe pourtant (pas touche… grrrrr….), qui n’a pas pu suivre sa chérie partie shopper à Z*ra… elle l’avait devancé, ben lui n’a pas pu rentrer…